DOSSIER FIDES
LA QUESTION DES ARMES IN AFRIQUE -


LE CADRE DE REFERENCE GEOPOLITIQUE - LA PRODUCTION MILITAIRE EN AFRIQUE - L’HERITAGE DE MORT DES CONFLITS TERMINES - UN DESARMEMENT POSSIBLE

Le drame du Darfour repose la question de la diffusion des armes en Afrique. Pour cette raison, nous avons décidé d’anticiper la partie relative à l’Afrique d’un dossier consacré aux trafic des armements dans le monde.
Au Darfour, comme dans tant d’autres guerres africaines, ce sont les armes légères qui sont les véritables armes de destruction de masse. Dans cette très pauvre région du Soudan occidental, des hommes sévissent armés de kalachnikovs, en tuant la population et en brûlant leurs pauvres habitations. Ce sont les fameuses milices pro-gouvernementales Janjaweed, dont la brutalité a amené le Congrès des Etats-Unis à approuver une résolution qui déclare que, au Darfour, un génocide est en cours. Du ciel, l’aviation de Khartoum leur ouvre la route par des bombardements sans discriminations, à bases de bombes à fragmentation et de bombes au napalm..
La communauté internationale discute de l’approbation d’un embargo international des armes vis-à-vis des Janjaweed, mais, étrangement, pas vis-à-vis du gouvernement soudanais, qui arme et qui dirige ces milices. Probablement parce des membres du Conseil de Sécurité des Nations-Unies ont conclu, ou sont sur le point de le faire, des contrats lucratifs d’armement avec le Soudan ? Ne serait-il pas vrai que des pays s’apprêtent à vendre des dizaines d’avions de combats, des centaines de chars et de véhicules blindés à l’armée soudanaise ?
L’Afrique continue à être un marché, même s’il est pauvre et apparemment marginal, du marché global des armes. Comme l’écrit le Dossier de l’Agence Fides, sans le continent les vieilles armes se recyclent souvent, de celles provenant des arsenaux en cours de renouvellement, des armées occidentales et de l’Europe de l’Est, a celles des anciens combattants des conflits africains qui se sont terminés récemment. Et pourtant, il y a aussi ceux qui ne reculent pas devant le fait de placer sur le marché africain des systèmes de production nouvelle.
Les victimes de ce commerce sont les civils, et en particulier les femmes et les enfants. Parmi elles, il y a aussi des missionnaires; des religieux et des laïcs. Fidèles à l’Evangile, les missionnaires restent aux côtés des plus pauvres, dans les moments surtout les plus dramatiques, représentant souvent le seul point de référence et de réconfort pour des personnes privées de tout, y compris de l’espérance. C’est pour cela précisément que les missionnaires sont une cible privilégiée quand on veut anéantir une population. Ces artisans de paix, ces femmes et ces hommes armés de leur seule foi, continuent, depuis l’Afrique oubliée, à dénoncer les maux du trafic des armes.
Les raisons de ce dossier sont représentées dans le dernier paragraphe : « Un désarmement possible ». L’Afrique est un continent où la paix pourrait devenir une réalité.

Le cadre de référence géopolitique

La fin de la guerre froide n’a pas vu la fin des conflits dans le monde. Aux guerres idéologiques, alimentées par l’affrontement entre les deux blocs, se sont substituées les guerres ethniques, et celles pour le contrôle de ressources vitales.
En Afrique, les alliances et la guerre froide n’avaient pas amené à la constitution d’organisations multilatérales comme l’OTAN. Les appareils militaires africains, ont donc été constitués et alimentés sur une base bilatérale, faite en premier lieu des anciennes puissances colonisatrices, et de manière subordonnée, par les USA et l’URSS. La relance de l’affrontement entre les deux blocs à partir des années 1970 a vu attribuer à l’Afrique sub-saharienne un rôle central. Les deux super puissances augmentèrent donc leur engagement dans les affaires africaines, directement, ou, le plus souvent, par des alliés (Cuba pour l’URSS, l’Afrique du Sud, le Maroc et Israël pour les USA). L’ancienne puissance colonisatrice plus présente dans le continent était la France qui, malgré le contexte de la politique occidentale qui voulait contenir l’Union Soviétique, poursuivait des objectifs autonomes de type néo-colonial. La politique française s’appuyait sur une présence militaire directe, a! vec des bases et des troupes installées au Sénégal, à Djibouti, au Tchad, au Gabon et en République Centrafricaine. Une des conséquences de ce scénario est l’arsenal imposant que les deux blocs ont envoyé en Afrique, et qui sont restés sur place. Un arsenal constitué surtout d’armes légères, qui a servi à alimenter ls nouvelles guerres et une situation de criminalité diffuse.
Après la guerre froide, les facteurs qui déterminent les conflits africains sont les suivants: l’état d’incertitude dans les processus de transition, même au sein de pays qui aspirent à une direction régionale, comme le Nigéria, l’Afrique du Sud, la République Démocratique du Congo, l’Angola et l’Ethiopie ; le manque d’une stratégie précise de la part des organisations continentales et sub-régionales. En outre, la réduction des ressources à la disposition des Etats Africains engendre des phénomènes d’érosion du consensus, obtenu souvent par des procédures de redistribution sur la base du clientélisme. Les conflits, au-delà des raisons de personnes, des questions ethniques ou de rivalité politique, ont comme objet l’occupation de l’Etat, et donc le contrôle des revenus et des aides financières étrangères.
Dans ce contexte, les Etats-Unis et les institutions financières internationales ont appuyé les processus de changement à la tête survenus dans les années 1990. Les nouveaux chefs, bien disposés envers le « marché » et les processus de globalisation, ont remplacé la vieille garde: des personnages comme Mobutu, utiles au temps de la guerre froide, mais considérés comme représentant un obstacle à l’ordre nouveau. L’ascension de ces nouveaux dirigeants s’est faite manu militari (Ouganda, Rwanda, Ethiopie, Erythrée, Congo), et ses principaux représentants proviennent des rangs de l’armée. La nouvelle stratégie convergente, américaine et française et en même temps concurrentielle, est de s'appuyer sur cette nouvelle classe dirigeante pour le contrôle de la région.
Au plan militaire, la rivalité franco-américaine a ouvert la voie à l’organisation, par des voies séparées, de forces armées et d’intervention, adaptées à la géopolitique africaine. Dans la deuxième moitié des années 1990, les Etats-Unis ont parrainé « l’African Crisis Response Iniziative” (ACRI) avec comme objectif la création d’une force interafricaine de 10.000 hommes. Le but de l’ACRI est le maintien de la paix sous l’égide de l’Union Africaine, mais l’armement et l’entraînement seront fournis par des Pays européens. Malgré la méfiance de l’Afrique du Sud, du Kénya et de l’Egypte, le programme a fait des progrès. L’Ouganda et l’Ethiopie se sont déclarés disponibles pour participer, et deux pays de la région francophone (Mali, Sénégal), plus un anglophile de l’Afrique occidentale (Mali) ont exprimé leur intérêt à l’initiative des Etats-Unis. Les pays clefs autour desquels se développe la stratégie de Washington sont l’Afrique du Sud, le Nigéria et le Kénya, et, une fois o! btenue la paix avec l’Erythrée, l’Ethiopie, alors que, en Afrique du Nord on regarde avec un grand intérêt à l’Algérie. Après les attentats du 11 septembre, les Etats-Unis regardent avec une préoccupation toujours plus grande à l’enracinement d’organisations extrémistes islamiques en Afrique. Pour cette raison, Washington a décidé de promouvoir de nouvelles initiatives pour renforcer la capacité anti-terroriste de plusieurs armées africaines. La “Pan Sahel Iniziative” vise en particulier à renforcer la collaboration des militaires américains avec une série de pays de la région du Sahel (Mali, Mauritanie, Algérie, Tchad, Niger, Sénégal).
La France préfère parler de Capacité africaine de réagir à la crise (CARC) ou de Renforcement de la capacité africaine de la paix (RECAMP). Les plans de Paris se fient de manière plus gande que ceux de Washington, sur l’intervention de l’ONU, de l’Union Africaine et d’organisations régionales. La force africaine parrainée par la France ne devrait pas être autoréférentielle comme celle voulue par Washington. Et, au lieu d’une force unique, comme la force américaine, les plans français s’orientent vers la formation de centres sub-régionaux complémentaires, avec l’installation de manœuvres communes et l’installation de matériel - qui seraient appelés à collaborer en cas d’urgence. La stratégie française s’appuie sur un dispositif militaire réduit pas rapport à un temps passé, et se répartit ainsi : Djibouti (3.300 hommes), Sénégal (1.300 hommes), Tchad (850 hommes), Côte-d’Ivoire (4.000 hommes), et Gabon (600 hommes).
La rivalité entre Paris et Washington contribue ainsi à l’augmentation du commerce des armes en Afrique. Si, d’une part, les deux puissances ont intérêt à circonscrire les régions d’instabilité pour ne pas mettre en ranger leurs positions, d’autre part, elles sont tentées d’acquérir de nouveaux clients par la distribution d’armes et d’assistance militaire à des gouvernements, à des appareils parallèles et à des groupes rebelles.
Les données de l’Annuaire de 2000 de l’Institut international de Stockholm (Sipri Yearbook 2000), confirment cette tendance. D’après le “Sipri”, les dépenses militaires africaines sont en augmentation depuis 1997. En 1999, les dépenses militaires ont augmenté de 22% par rapport à 1996, année de plus grande contraction des sorties militaires. Ces chiffres sont seulement indicatifs étant donné que l’on ne connaît pas les données de plusieurs pays, comme l’Angola.
Dans une situation d’absence ou de grand affaiblissement de l’Etat, les acteurs (publics et privés) présents sur les théâtres africains de guerre sont différents: troupes régulières, groupes de guérilla ou paramilitaires, unités d’autodéfense, mercenaires étrangers et troupes régulières étrangères. Le financement de l’effort guerrier se ramène aux sources suivantes : transfert de biens en faveur des unités combattantes (vols, pillages, prise d’otages, et contrôle des marchés) ; taxes ou pots-de-vin sur la production des biens primaires et différentes formes illégales de commerce (que l’on pense aux trafics clandestins de diamants ou à celui de la drogue qui prend pied en Afrique également) ; assistance extérieure, comme expéditions des réfugiés à l’étranger, assistance directe à la diaspora qui vit à l’étranger, ou aides de gouvernement et de multinationales étrangers ; diversion de l’assistance humanitaire en faveur des unités combattantes (armée ou guérilla).
La disponibilité d’armements est assurée au mois par trois facteurs:
1) La démobilisation des arsenaux des pays de l’OTAN et du pacte de Varsovie, suite à la fin de la guerre froide. Les énormes stocks d’armes qui se sont ainsi créés, étant donné le coût élevé de leur destruction, sont mis sur le marché souvent par des opérateurs commerciaux sans scrupules. En particulier, les pays de l’ancien Pacte de Varsovie, à la recherche de valeurs de prix, sont parmi les plus actifs pour soudoyer les flux directs vers l’Afrique. Du point de vue technique, les armes de type soviétique sont bien connues des Africains, étant donné que les guérillas pro-occidentales comme l’UNITA angolaise étaient armées par des canaux parallèles, avec des systèmes orientaux.
2) La démobilisation des appareils belliqueux à la fin des guerres locales n’a pas vu la destruction des arsenaux existants, mais leur installation sur le marché au bénéfice de nouvelles guerres, ou de groupes criminels. C’est ce qui s’est passé en Afrique (par exemple au Mozambique), et en Asie (par exemple au Cambodge).
3) De nouvelles productions de la part des plus grandes puissances (parmi lesquelles Israël placé à tort parmi les producteurs du Tiers-Monde), qui ont restructuré et modernisé leur propre industrie militaire dans les années 1990, ou de la part de producteurs du Tiers-Monde (Brésil, Egypte, les deux Corée, la chine, l’Iran, le Chili). En Afrique sub-saharienne le plus grand producteur d’armes est l’Afrique du Sud qui dispose d’une industrie diversifiée et perfectionnée, où sont entrés en force les colosses des armements franco-allemands (EADS) et anglais (BAE). De petites productions d’armes légères et de munitions se trouvent au Zimbabwé, en Ouganda et au Nigéria.
A côté du commerce des armes il y a les activités appelées pudiquement de « conseil militaire ». L’entraînement, l’encadrement, la fourniture de services logistiques aux différentes formations présentes dans les théâtres belliqueux africains sont les « spécialités » fournies par des agences internationales spécialisées. La figure du mercenaire a évolué. A côté du « vieux mercenaire », rassemblement de bandes ramasseuses constituées selon les besoins, s’est affirmée la figure du membre de véritables et propres multinationales de la « sécurité », auxquels même l’ONU a l’intention de recourir. Dans le secteur, sont présents aussi des Etats à économie socialiste comme Cuba et la Corée du Nord qui, dans les dernières années 1990 ont fourni des troupes mercenaires, la première en Angola et au Congo-Brazzaville, le deuxième à la République Démocratique du Congo.
Sont présentes en Afrique au moins 90 forces privées de sécurité, de différents types. En Angola seulement, il y en a 80, parce que le gouvernement angolais demande aux compagnies minières et pétrolières de pourvoir à leur propre sécurité. Une des plus célèbres est la « Executive Outcome » (EO) d’Afrique du Sud, qui apportait son assistance sous formes de conseillers militaires, de stratégies de bataille, d’entraînement de personnel de terre et d’air, d’intervention directe dans les conflits, et de protection des intérêts miniers et pétrolier présents dans le théâtre de la guerre. La société aurait cessé ses propres activités à la fin de 1999. Le cas de l’EO reste toutefois emblématique parce que faisant partie du même groupe des sociétés minières qui s’assuraient les droits d’exploitation des richesses des pays qui demandaient leur intervention. L’une d’elles, la “Branch Energy”, a été relevée par Diamondworks, une compagnie associée à Sandline, société britannique de merce! naires. Ceci montre le fort mélange d’intérêts entre activités d’extraction, commerce des armes, et emploi de mercenaires en Afrique, et non pas seulement en Afrique.
Les Etats-Unis mais aussi la Grande Bretagne, et d’une manière moins importante, la France, ont intégré dans leur stratégie militaire l’utilisation des sociétés de mercenaires. La « Defence Intelligence Agency » (DIA), le service secret du pentagone, a établi des contacts avec les principales agences du secteur pour étudier leur engagement dans le cadre de la géopolitique africaine des Etats-Unis.
Cela, dans une logique qui voit l’Occident confier la gestion des ses propres activités militaires en Afrique (mais aussi en Amérique Latine) à des acteurs locaux (armés et entraînés par des programmes comme « ACRI » et « RECAMI »), et à des sociétés privées, de manière à éviter des risques pour leur propre personnel militaire.
Ainsi, à côté de l’armement et de l’entraînement fourni d’Etat à Etat, Les fournitures d’armement entre organismes privés deviennent toujours plus importantes. Et les considérations d’ordre géopolitique sont souvent mises au second plan par celles à caractère strictement commercial. Il se produit ainsi que la compagnie pétrolière ELF finance les deux parties du conflit du Congo-Brazzaville, afin de maintenir les concessions pétrolières dans le Pays.
La privatisation de la guerre a aussi des conséquences paradoxales en Afrique, comme le montre le vidage progressif des capacités militaires des armées régulières africaines. Redoutant des coups d’Etat et des révoltes militaires, de nombreux Présidents africains (dans plusieurs cas, arrivés au pouvoir précisément grâce à un coup d’Etat), ont transformé les unités régulières en « armées de parade », en créant en même temps des gardes prétoriennes bien armées et des milices privées pour leur propre sécurité. Ces corps sont formés d’hommes fidèles appartenant à la même ethnie que celle de l’homme fort du pays. Il est ainsi clair que, de cette manière, on sape les bases de l’Etat en faveur d’entités au-dessus de l’Etat (l’ethnie, la tribu, etc.) ou en dehors de l’Etat (les réseaux criminels, les multinationales minières et agricoles etc.).
Le trafic de diamants est un autre exemple de ce type. La constitution de réseaux pour la commercialisation des diamants produits dans les régions contrôlées par les rebelles en Sierra Leone, voit à côté du réseau de trafiquants de diamants les centres d’achat et de vente de ces diamants (Belgique, Grande Bretagne, Suisse, Afrique du Sud, Etats-Unis, Israël), les pays voisins (comme le Libéria), qui alimentent la guérilla pour gagner sur ce trafic, les fournisseurs d’armes (souvent avec des bases dans des paradis fiscaux comme les îles Cayman ou les Emirats Arabes Unis), des compagnies aériennes complaisantes qui les transportent à destination, et des pays (comme le Burkina Faso qui permettent le transit dans leurs ports, ou fournissent les « end user certificate ».
Dans les trafics de diamants, on trouve souvent des personnages du Moyen-orient, et, à côté des motivations commerciales, plusieurs régions de l’Afrique sont devenues des régions d’affrontement « par procuration » entre les puissances du Moyen-orient. Le gouvernement du Soudan, par exemple, est appuyé par l’Iran, el la guérilla du SPLA (Armée de Libération du peuple Soudanais) reçoit des aides de l’Erythrée et de l’Ouganda.
Le Soudan, en outre, reçoit des aides et des financements pour son effort belliqueux, de compagnies pétrolières asiatiques: la compétition pour les ressources vitales touche non seulement les occidentaux, mais aussi les économies asiatiques. L’Afrique sub-saharienne risque ainsi de devenir toujours plus un terrain de conquête des économies plus fortes.
Les intérêts de la “new economy” se mêlent avec ceux de la « old economy ». Le Coltan, minerai stratégique pour l’industrie des téléphones portables, est extrait dans une région du Congo sous le contrôle des rebelles, appuyée par l’Ouganda et le Rwanda. Les acquéreurs sont parmi les plus importantes multinationales occidentales qui achètent le minerai par l’intermédiaire de sociétés situées en Ouganda et au Kazakhstan.

La production militaire en Afrique

En Afrique, la diffusion d’armes légères est une plaie bien connue qui contribue à l’instabilité de vastes régions du continent. En plus des armes provenant d’autres parties du monde (en particulier, mais non exclusivement, de l’Europe de l’Est), s’affirme une production locale qui pourrait avoir avec le temps des développements inquiétants. Parmi les pays africains producteurs d’armes, on trouve: l’Afrique du Sud, le Zimbabwé, le Nigéria, la Namibie, l’Ouganda, le Kénya et la Tanzanie, auxquels s’ajoute l’Egypte.
Le plus grand producteur est l’Afrique du Sud, qui a hérité, du régime de l’apartheid, une industrie perfectionnée et diversifiée. Actuellement, en Afrique du Sud, il y a 700 usines qui travaillent dans le secteur militaire et emploient 22.500 personnes (à la fin des années 1980, il y en avait 160.000). La plus grande partie sont des petites et moyennes industries, et le colosse national est « Denel » qui contrôle les usines les plus significatives. Pour ce qui concerne les armes légères, les plus grand producteurs sont: Vektor (revolvers, fusils d’assaut, mitrailleuses, mortiers, canons automatiques de 20 mm) ; MGL Milkor Marketting (Pty) Ltd (lance-grenades automatiques) ; Mechem (fusils anti-matériel de 12, 7 et 20 mm) ; ARAM (Pty) Ltd (mitrailleuses lourdes de 12,7mm ; New generation Ammunition (munitions de petits et de gros calibres) ; LIW (petits canons de 30 et 35 mm) ; Truvelo Armoury Division (revolvers, fusils et pièces d’armes légères) ; Pretoria Metal Pressing! (PMP) (munitions 12,7 x 99 mm ; 12,7 x 76 mm ; 9 x 19 mm ; 7,62 x 51 mm ; 5,56 x 45 mm).
D’après les données officielles, le pays exporte des armes dans 61 pays, même si les régions privilégiées sont le Moyen-orient et l’Afrique. Le plus grand client est l’Algérie, même si ce pays est en proie à une guerre civile dans laquelle les forces de sécurité sont accusées d’atrocités et de massacres contre les civils. Les clients les plus importants sont les suivants : Algérie, Inde, République Populaire de Chine, Emirats Arabes Unis, Taïwan, Singapour, Thaïlande, Cameroun, Chili, Colombie, Koweït, Oman, Pérou, Swaziland, Congo-Brazzaville, Botswana, Ouganda, Rwanda, Tunisie, Côte-d’Ivoire, Kénya, Zambie, Mozambique et Mexique.
En 2001, 32 % des exportations sud-africaines ont été absorbées par l’Afrique. L’Algérie à elle seule représente 28% de toutes les ventes en Afrique. On vend notamment à ce pays africain, UAV (avions sans pilote) de reconnaissance, et un ensemble de mise à jour de la flotte d’hélicoptères de combat Mil Mi24 Hind d’origine soviétique. Le reste des exportations se répartit de la sorte : 15% au Moyen-Orient, 16% en Asie du Sud; 15% dans le reste de l’Asie ; 16% en Europe ; 5% aux Amériques, et 1% aux Nations-Unies, équipements pour les Casques Bleus).
Tous les pays ne peuvent pas recevoir les mêmes systèmes produits par les industries sud-africaines. La loi sur l’exportation des armements a distingué 4 catégories de moyens qui sont soumis à un niveau différent de contrôle pour leur exportation :
Catégorie A: Sensitive Major Significant Equipment (SMSE) - c’est-à-dire toute arme qui peut faire un grand nombre de victimes et causer de grands dégâts.
Catégorie B: Sensitive Significant Equipment (SSE) - armes légères.
Catégorie C: Non-sensitive equipment (NSE) - systèmes utilisés dans le support des opérations de combat sans une capacité spécifique mortelle (par exemple, systèmes logistiques et pour les télécommunications).
Catégorie D: Non-lethal equipment (NLE) - moyens défensifs comme les systèmes de déminage.
Et donc, certains pays peuvent acheter seulement les systèmes des deux dernières catégories (non mortelles), comme le Zimbabwé auquel les dernières fournitures remontent à 2000 et concernaient seulement les systèmes de la catégorie D.
Le Zimbabwé a hérité de son précédent régime lui aussi, d’une industrie embryonnaire de guerre (quand le pays s’appelait encore Rhodésie). Partant de cette base en 1984, on a fondé la Zimbabwe Defence Industries (ZDI). Cette usine produit des armes légères, des munitions et des mines. Le « Know how » pour la production d’explosifs e de mortiers a été fourni par la France, et la Chine a construit une fabrique de munitions pour des armes d’infanterie. Parmi les clients de la ZDI, il y a l’Angola (l’armée gouvernementale et les rebelles de l’UNITA), les rebelles soudanais et la République Démocratique du Congo. Au Congo, où les troupes de Mugabe soutiennent le Président Kabila, en échange des fournitures de la ZDI, Harare est parvenue à obtenir la concession de 37,5% des actions de « Gecamines », l’usine minière de l’Etat du Congo. Avant la fin de la guerre en Angola, il y avait en cours entre Luanda et Harare, des négociations pour la fondation en Angola d’un établissement co! mmun pour la réalisation d’armements. Avec la fin de la guerre, toutefois, le gouvernement angolais semble avoir perdu l’intérêt dans cette entreprise.
La ZDI produit des armes légères (en particulier des copies de la mitraillette israélienne UZI et de la mitraillette tchèque CZ25), et surtout des munitions (De 9 mm à 20 mm), des projectiles de mortiers (60, 81, et 120 mm), des grenades anti-personnel et anti-chars. Parmi les clients officiels du Zimbabwé, il y a l’Afrique du Sud, le Malawi, le Botswana, la Tanzanie et la Zambie.
Toujours en Afrique orientale, l’Ouganda dispose lui aussi d’une petite industrie de guerre Dans ce pays il y a au moins trois usines d’armes. La plus grande, Nakasongola Arms Factory, est de propriété chinoise (un « joint venture » entre le gouvernement de Pékin et des techniciens et entrepreneurs d’origine chinoise, nord-coréenne et sud-africaine). Cette usine se trouve dans la région de Gulu (où sévit depuis des années la Lord’s Resistance Liberation Army, LRA), et produit des armes légères et des mines, fournies à l’armée du Burundi et à l’UNITA angolaise. Il y a aussi la “Saracen” qui fournit l’armée ougandaise, et dont le propriétaire est la Strategic Resources Corporation, nom derrière lequel se cache la célèbre « Executive Outcomes (EO), la Compagnie Militaire Privée sud-africaine (PMC), qui a cessé officiellement ses activités à la fin de 1999, mais que l’on suspecte de devoir agir derrière des noms plus discrets. Il y a enfin Ottoman, Engineering LTD, spécialisée d! ans les armes légères. Un des clients de l’industrie ougandaise est la République Démocratique du Congo.
Au Kénya, la Kenya Ordnance Factories Corporation produit des munitions pour revolvers et fusils d’assaut (de 20 à 60.000 par jour). L’usine a été construite avec le concours de la FN belge et a été inaugurée en 2000. Le gouvernement du Kénya déclare que sa production est destinée seulement aux forces armées locales, et qu’elle n’a pas l’intention de concéder des licences d’exportation.
Le seul producteur d’armes de l’Afrique occidentale est le Nigéria. La Defence Industries Corporation (DICON) a été créée en 1964 par une loi spéciale, le Defence Industries Corporation of Nigeria Act. Cette industrie a eu un rôle important durant la guerre de sécession du Biafra (1968-1970). Confiée à des entrepreneurs étrangers, l’usine fut déclarée en faillite en 1972, et son directeur général, un allemand, fut expulsé du pays. La société a continué à fonctionner avec des hauts et des bas pendant trente ans environ, sous le régime des militaires. A la fin des années 1990, le nouveau gouvernement civil décida de relancer la production militaire. Dans ce but, on nomma un nouveau conseil d’administration de la DICON, et l’on établit des contacts avec la Russie pour le transfert de technologies.
L’usine nigériane emploie actuellement 700 personnes environ dans l’établissement de Kaduna où sont produites des armes légères et des munitions; l’usine de Bauchi produit des véhicules blindés légers. Officiellement, les armes produites sont destinées seulement aux besoins des forces armées et de la police du Nigéria. Parmi le matériel produit il y a: Nigerian Rifle 1 Model 7,62 mm (RN. - 7,62, sur licence britannico-belge) ; Nigerian Pistol - Model 9MM (NPI - 9mm); Sub-Machine Gun (PM 12S Calibre 9MM sur licence de la Beretta italienne) DICON SG 1 - 86 Single Barrel Shot Gun; DICON M 36 Hand-Grenade; 7.62mm x 51 soft core (Ball) Cartridge 7.62mm X 51 Soft core (Ball); 7.62mm x 51 Blank Bulleted 9 x 19MM Parabellum Cartridge; 9MM Blank Star; 12 Bore Shot - Gun Cartridge.
En Afrique du Nord, le principal producteur d’armements est l’Egypte. Ce pays exporte aussi en Afrique sub-saharienne. En 1992, deux ans avant le génocide rwandais de 1994, on signa un contrat d’achat d’armes égyptiennes en faveur de l’armée rwandaise. Le contrat, garanti financièrement par une banque française, comprenait des mortiers de 60 et 82 mm, 16.000 projectiles de mortiers, des obus de 122 mm, avec 3.000 coups, des lance-roquettes, des explosifs au plastic, des mines anti-personnel et 3 millions de projectiles de petit calibre.
Parmi les producteurs égyptiens d’armes légères il y a : Abu Kir Engineering Industries / Factory 10 (munitions de petit calibre); Al-Ma'asara Company for Engineering Industries (MF 45) (munitions de petit et de gros calibre); Arab International Optronic (AIO) S.A.E (systèmes de pointage); Helwan Machine Tools Company / Factory 999 (mortiers); Kaha Company for Chemical Industries (MF 270) (grenades de fusils, grenades à mains); Maadi Company for Engineering Industries (revolvers, fusils, mitrailleuses légères et lourdes, lance-grenades ; Sakr Factory for Developed Industries (roquettes anti-char); Shoubra Company for Engineering Industries (MF 27) (munitions).

L’héritage de mort des conflits terminés

Quand une guerre se termine, un des problèmes à affronter est le désarmement des anciens combattants. Malheureusement, malgré les efforts faits par les Nations-Unies et par d’autres organisations, en plusieurs occasions on n’est pas parvenu à obtenir un désarmement total. Un des exemples les plus récents est le programme de désarmement de démobilisation au Libéria. La guerre civile entre les combattants fidèles au Président déposé Charles Taylor, et les rebelles des LURD (Libériens Unis pour la Réconciliation et la Démocratie) et du MODEL (Mouvement pour la Démocratie au Libéria) s’est terminée au mois d’août 2003. Le pays se trouve face au problème du désarmement de plus de 85.000 combattants, dont 20.000 sont des enfants soldats (certains ont moins de 9 ans).
Après un faux départ au mois de décembre 2003 (voir l’agence Fides 9 décembre 2003), le programme de désarmement fait par l’Onu commence le 15 avril 2004. En échange de la participation au programme de démobilisation, les combattants reçoivent 300 dollars (en deux tranches, 150 dollars aussitôt, et le reste trois mois plus tard après avoir participé au programme de réinsertion dans la société civile). Il faut noter que les anciens rebelles n’ont pas l’obligation de se présenter avec leur arme pour la remettre aux Casques Bleus de l’ONU. Une situation paradoxale s’est ainsi créée avec la Côte-d’Ivoire, pays voisin. Dans ce pays également, en effet, on a organisé un processus de récupération des armes des rebelles des « Forces neuves », qui contrôlent les régions du nord-ouest. Mais, en Côte-d’Ivoire, les anciens rebelles doivent remettre leurs armes, mais ils reçoivent en échange une somme plus forte, 900 dollars. Il s’est ainsi créé un trafic d’armes, du Libéria en Côte-d'Iv! oire, comme l’a d’ailleurs dénoncé l’Eglise catholique du Libéria (cf Agence Fides, 3 mai 2004). Les rebelles libériens cherchent en effet à gagner deux fois, en participant au programme de désarmement dans leur propre pays, et au programme en cours en Côte-d’Ivoire. Dans ce dernier cas, les Libériens se font passer pour des combattants ivoiriens, ou encore, ils vendent leurs armes aux rebelles de Côte-d’Ivoire, en échange d’un pourcentage sur les 900 dollars de paiement pour la remise de l’arme.
Le fait que les rebelles libériens peuvent participer au programme de démobilisation sans remettre leurs armes a des conséquences négatives au Libéria lui-même. Les rebelles, en outre tendent à remettre des armes vieilles et inutilisables, en cachant les armes plus récentes. Ainsi, sur 11.000 hommes armés enregistrés dans la première semaine du programme de démobilisation, seules 8.500 armes ont été récupérées. En tenant compte que les combattants peuvent posséder plus d’une arme, il s’agit d’un résultat plutôt décevant et préoccupant (cf. Agence Fides, 10 juillet 2004). Et même là, le programme a obtenu de bons résultats, il y a des motifs de préoccupation. Au Congo-Brazzaville, par exemple, le programme organisé par IOM et UNDP et commencé au mois de juillet 2000, a permis de récupérer en moins d’un an 28% des 57.000 armes légères en circulation dans le pays.
Les armes en circulation vont ainsi alimenter des circuits illégaux qui fournissent la délinquance et les guérillas des pays voisins. L’héritage de mort que représentent ces armes continue ainsi à être une source de déstabilisation pour des régions entières de l’Afrique. L’arme préférée du banditisme africain n’est pas le revolver mais la kalachnikov (AK47), recyclée par les anciens rebelles. Les braconniers qui sévissent dans le Parc national Kafue en Zambie septentrionale, par exemple, utilisent des kalachnikov importées dans le pays par des réfugiés angolais. Dans le nord du Cameroun, plus de la moitié des bandits de grand chemin sont des anciens rebelles provenant de République Centrafricaine, du Tchad, et du Nigéria.
A cause de la diffusion importante d’armes légères dans le continent, 18% des homicides et des suicides avec des armes à feu, enregistrés en un an dans le monde entier, se sont produits en Afrique. Sur le continent, les armes de guerre servent dans 35% des homicides, dans 13% des vols, et dans 2% des viols. Le pays le plus touché par la violence armée est l’Afrique du Sud, où, chaque année, il y a 30 homicides avec armes à feu par 100.000 habitants, donnée qui met ce pays à la deuxième place au plan mondial, après la Colombie.

Un désarmement possible

D’après des experts, toutefois, la situation africaine est tragique mais pas désespérée. Les estimations sur le nombre d’armes légères en circulation en Afrique sub-saharienne ont été revues récemment à la baisse: d’une estimation initiale de 10 millions d’armes, on est passé à 30 millions (5% de toutes les armes légères en circulation dans le monde). Il s’agit d’un chiffre important mais qui ne rend pas impossible la réalisation de programmes de désarmement. Il faut souligner toutefois que 80% des ces armes sont aux mains de civils, contribuant ainsi à l’instabilité de plusieurs régions de l’Afrique.
D’autre part, cette donnée est préoccupante parce qu’elle signifie que même avec un nombre relativement réduit d’armes, un nombre réduit de rebelles est en mesure de compromettre la vie de pays entiers.
Cette situation peut se rencontrer en Afrique Occidentale, où les guerres civiles au Libéria et en Sierra Leone ont mis à terre l’Etat et détruit le tissu économique et social des deux pays. On estime que dans les années 1990, au sommet de la violence dans la région, le total des insurgés était de 47.000 hommes, avec de 60.000 à 80.000 armes. En tenant compte des armes achetées pour remplacer les armes détruites, perdues ou volées, on peut dire que, en 10 ans, la région n’a pas absorbé plus de 250.000 armes.
La présence des armes dans la région a entraîné des courants illégaux dirigés aussi vers des pays considérés comme étant relativement stables, comme le Ghana où, d’après des données officielles, il y a plus de 40.000 armes à feu hors du contrôle de l’Etat. Au Nigéria, pays traversé par des tensions ethniques et religieuses qui débouchent souvent en violences, il y aurait au moins un million d’armes détenues illégalement.
Il faut tenir compte du fait que, lorsque l’on est en présence d’intérêts économiques et stratégiques comme le contrôle de ressources comme le pétrole, il n’y a pas de problèmes pour les rebelles locaux pour trouver des armes. C’est le cas des trois guerres civiles qui ont secoué le Congo-Brazzaville en 1993, 1997 et 1998-1999. Les différentes milices qui se sont combattues ont reçu un flot constant d’armes. Sur les 74.000 armes légères distribuées aux forces combattantes congolaises, 24.500 provenaient des arsenaux des forces de sécurité, et que 49.500 ont été importées. Parmi les pays qui ont vendu des armes aux différentes milices, il y a Israël, l’Afrique du Sud, la Chine, la République Démocratique du Congo, le Gabon et le Zimbabwé. Le Congo-Brazzaville a la triste primauté d’être le premier pays dans lequel un groupe qui n’est officiel, la milice Cobra, est entrée en possession des roquettes meurtrières russes RPO-A Shmel. Il s’agit de roquettes employées par les forces soviétiques en Afghanistan et par les forces russes en Tchétchénie, qu utilisent un mélange air-combustible pour créer une explosion qui brûle l’oxygène dans la zone autour de la cible. Il se produit alors une décompression forte et soudaine qui rase au sol tous les bâtiments avoisinants et écrase les poumons dans la cage thoracique.
Les circuits criminels internationaux sont capables fournir en armes les arsenaux de la guérilla, et donc du terrorisme, d’instrument perfectionnés de mort. (L.M.)

(Agence Fides, 24 juillet 2004, 439 lignes, 5.600 mots)


DOSSIER FIDES
The Question of Arms in Africa

The tragedy in Darfur re-proposes the question of the diffusion of arms in Africa. This is why we decided to issue the part relative to Africa of a dossier on arms in the world in preparation by Fides.
In Darfur, as in many other wars in Africa, the weapons of mass destruction are light arms. In this extremely poor region of west Sudan, horsemen, descendants of plunderers of the past, armed with Kalashnikov, kill civilians and torch poor hovels. These militia groups are the notorious pro-government Janjaweed whose brutality pushed US Congress to approve a resolution declaring that what is happening in Darfur is genocide. From the air Khartoum planes pave the way with indiscriminate bombing with fragmentation bombs and napalm bombs.
The international community is discussing whether to threaten international arms embargo for the Janjaweed, although strangely enough not on the Sudanese government which arms and directs these militia Sudanese. Perhaps because some members of the UN Security Council have signed or are about to sign huge arms contracts with Sudan? Is it not true that some countries are preparing to sell dozens of fighter planes, hundreds of tanks and armoured cars to the Sudanese army?
Africa continues to be a market, albeit poor and apparently marginal, of the world arms trade. As Fides Dossier says, very often old arms are recycled on this continent, from those coming from arsenals being renewed by armies in the west and in Eastern Europe, to those of former fighters in recently concluded African wars. Nevertheless there are people who do not hesitate to put systems of new production on the African market.
The victims of this trade are civilians, women and children in particular. But they include also missionaries, religious and lay people. Faithful to the Gospel, missionaries live side by side with the poor never leaving them even in times danger and they represent often the only help and comfort available to these people without hope. This is why missionaries are a target for those who want to annihilate an entire people. From forgotten Africa, these men and women builders of peace armed only with the faith, continue to denounce the evils of the arms trade.
The reasons for this dossier are written in the last chapter: “Disarmament is possible”. Africa is a continent where peace could become a reality.


The geopolitical picture

The end of the cold war did not mean the end of conflicts in the world. Instead of ideological wars feeding on disputes between two blocks, we have ethnic wars and wars for control of vital resources.
In Africa the alliances of the cold war did not lead to the constitution of multi-lateral organisations like NATO. This meant that in Africa military apparatus were built and fed on bilateral bases, looked after first of all by former colonial powers and in a subordinate way by the USA and the USSR. A resuming of confrontation between the two blocks in the second half of the 1970s gave Africa a central role. The two super powers increased their involvement in African affairs directly, or more often through allies (Cuba for the USSR, South Africa, Morocco and Israel for the USA). The old colonial power most present in Africa was France which, although restrained by the Soviet Union in the context of western politics, pursued its own neo-colonial objectives. French policy was based on a direct military presence with bases and troops deployed in Senegal, Djibouti, Chad, Gabon and Central African Republic. One of the consequences of this scenario was an impressive arsenal which ! the two blocks poured into Africa and which remained there. An arsenal manly of light weapons which went to feed new wars and situations of widespread criminality.
Since the end of the cold war the determinant factors of African wars have been the following: state of insecurity in transition processes even in countries aspiring to regional leadership like Nigeria, South Africa, Democratic Republic of Congo, Angola and Ethiopia; the absence of a precise plan on the part of continental and sub-regional organisations. Moreover, the reduction of resources available to African states generates phenomena of erosion of consensus, often obtained with redistribution procedures on a basis of favouritism. The conflicts, as well as personalistic, ethnic or political rivalry motivations, have as their objective occupation of the state and hence control of income and foreign funding.
In this context the United States and international finance institutions supported processes of leadership changein the 1990s. New leaders interested in the “market” and processes of globalisation replaced men like Mobutu, useful during the cold war but an obstacle in the way of the new economic order. These new leaderships often took power with manu militari (Uganda, Rwanda, Ethiopia, and Eritrea, Congo) and the leading representatives come mostly from the army. The new convergent and competitive strategy of France and America is to support this leadership in order to control the area.
At the military level, rivalry between France and the US led, by separate paths, to interventions and deployment of armed forces, suited to African geopolitics. In the second half of the 1990s, the United States sponsored an African Crisis Response Initiative (ACRI) aimed at establishing an inter-African force of 10,000 men. ACRI was to keep peace under the aegis of the African Union while the USA and European countries supplied arms and training. Despite diffidence on the part of South Africa, Kenya and Egypt, the programme made progress. Uganda and Ethiopia have said they are willing to take part and two French-speaking countries Mali and Senegal and one west African English speaking country Ghana showed interest in the US initiative. The key countries in Washington’s plan are South Africa, Nigeria, Kenya and Ethiopia once peace with Eritrea is reached, while in north Africa Algeria is seen with interest. Since the terrorits attacks on September 11, 2001 the United States ! has viewed with ever-greater concern the spread in Africa of Muslim extremist organisations. This is why Washington decided to promote new initiatives to increase the anti-terrorism capacity of African armies. In particular the Pan-Sahel Initiative which aims to increase collaboration of American military with a series of Sahel countries Mali, Mauritania, Algeria, Chad, Niger, Senegal.
France prefers to speak of African Capacities to React to Crises CARC or Reinforcement of African peacekeeping Capacities RECAMI. The French plans rely more heavily than those of Washington on interventions by the UN, the AU African Union, and regional organisations. The African force sponsored by France should not be self-referential like that of Washington. And instead of one force, like the American one, France aims for the formation of sub-regional complementary centres - joint-exercises and pre-positioning of material - called in to collaborate should the need arise. The French plan rests on a smaller military device compared to the past, distributed as follows: Djibouti (3300 men), Senegal (1300), Chad (850), Ivory Coast (4000) and Gabon (600).
So rivalry between Paris and Washington helps increase the arms trade Africa. If on the one hand both powers aim to restrict areas of instability in order to protect their positions, on the other they are tempted to acquire new clients with the distribution of arms and military assistance to governments, parallel troops and rebel groups.
Data supplied by the Stockholm International Peace Research Institute in its SIPRI Yearbook 2000 confirmed this tendency. According to SIPRI French troops have increased in numbers since 1997. In 1999 military expenses were 22% greater than 1996. These figures are only indicative since information is not available on certain countries such as Angola.
In a situation of absence or weakening of the state, public and private actors on African war scenes vary: regular armies, guerrilla or paramilitary groups, self-defence units, foreign mercenaries and foreign army troops. Wars are financed by the following sources: transferral of goods to fighting units (theft, sacking, kidnapping, market control); taxes or percentages on production of primary goods and various forms of illegal trade (illegal diamonds trade, and drug trafficking which is spreading in Africa); foreign assistance, income from refugees, direct assistance from ex-patriots or assistance by governments or foreign multi-national companies; diversion of humanitarian aid to fighting units (army or guerrilla).
The availability of arms is guaranteed by at least three factors:
1) Demobilisation at the end of the cold warof arsenals in NATO and Warsaw Pact countries. These enormous stocks of arms, too expensive to destroy, are often put on the market by traders without scruples. Particularly former Warsaw Pact countries desperate for hard currency are among the most active in feeding the flow of weapons to Africa. From the technical point of view Soviet type arms are well known to the Africans because pro-west guerrilla groups such as UNITA were armed through parallel channels with eastern systems.
2) When, at the end of local conflicts war apparatus were demobilised, the existing arsenals were not destroyed, they were put on the market for the benefit of new wars or criminal groups. This happened in Africa (Mozambique) and in Asia (Cambodia).
3) New production on the part of major powers (including Israel, sometimes wrongly placed among third world producers), which restructured and modernised their military industries in the 1990s, and on the part of third world producers (Brazil, Egypt, both Koreas, China, Iran, Chile). In Sub-Saharan Africa the main producer of arms is South Africa which has a varied and sophisticated industry and giant arms producers like EADS and BAE present in its capital. Small productions of light arms and ammunition exist in Zimbabwe, Uganda and Nigeria.
Beside the arms trade, there exist also the, modestly termed, ‘military advice services’. Training, logistic services to the different troops engaged in the various war theatres of Africa are specialities supplied by international agencies. The figure of the mercenary has evolved. Next to the “old mercenary”, component of irregular gangs, there is a new employee of multi-national “security” companies to which even the United Nations Organisation intends to have recourse. This branch includes states with socialist economies such as Cuba and North Korea, who supplied mercenaries in the late 1990s, the former to Angola and Republic of Congo and the latter to Democratic Congo
In Africa there are at least 90 private security forces of various types. Eight of these are in Angola alone because the Angolan government requires mining and oil companies to provide their own security. One of the most famous was the South African Executive Outcomes EO which offered military advice, battle plans, training of land and air personnel, direct interventions in conflicts and protection of mining and oil interests present in war theatres. This company reportedly ceased its activities at the end of 1999. However the case of EO is emblematic because in this group there were mining companies which guaranteed their own claim to resources in the country where their intervention was requested. One of these, Branch Energy, was taken over by Diamondworks, a company associated with the British mercenary company Sandline.
The United States and also Great Britain and to a lesser degree France have integrated the use of mercenary companies in their military strategies. The secret service of the Pentagon Defence Intelligence Agency DIA made contact with the main agencies in this sector to study their commitment in the ambit of America’s African geopolitics.
In this logic, to avoid risk for its own military personnel, the West entrusts the management of its military activities in Africa and also in Latin America) to local actors (armed and trained by programmes like ACRI and RECAMI) and private companies.
THis means that besides arms and training supplied state to state, private supplies are increasing. Moreover geopolitical considerations often come second to trade interests. We have the ELF Oil Company finances both sides of the conflict in Democratic Congo in order to maintain its oil concessions in that country.
Privatisation of war has also ironic effects in Africa, as seen by the progressive emptying of the military capacity of Africa’s regular armies. Fearing military coups and revolts, many African Presidents (many in power thanks precisely to military coups) turned regular troops into “parade armies”, creating at the same time well armed private security guards and henchmen for personal safety. The members of these corps belong to the same ethnic group as the country’s strong man. It is clear that this undermines the foundations of the state and favours sub-state entities, ethnic, tribal etc., or extra-state groups (criminal networks, multinational mining and farm companies etc…).
Diamond trafficking is one example of this. The constitution of networks for the trading of diamonds produced in rebel controlled areas of Sierra Leone is flanked by networks of diamond trafficking, and also sales centres for the same in Belgium, Great Britain, Switzerland, South Africa, India, USA and Israel, nearby countries like Liberia which feed guerrilla in order to gain by this trade, arms’ suppliers (often based in tax-free areas like the Cayman Islands or the United Arab Emirates), accommodating airline companies which transport the goods to destination, and countries such as Burkina Faso which allow transit in their ports and airports or supply end user certificates.
The trafficking of African diamonds often involves Middle Eastern personalities and besides commercial motivations some parts of Africa have become proxy battle zones between Middle East powers. Iran for example supports the government of Sudan, and Eritrea and Uganda back the Sudanese People’s Liberation Army SPLA.
Sudan, moreover, receives aid and funding for its war efforts from Asian oil companies: competition for vital resources involves not only Western but also Asian economies. Sub-Saharan Africa is in ever-greater danger of becoming a land of conquest for the stronger economies.
The interests of the so-called new economy are interwoven with those of the old economy. Coltan, used for producing mobile phones, is mined in Congo controlled by rebels backed by Uganda and Rwanda. Buyers include major western multi-national companies which purchase the mineral through companies in Uganda and Kazakhstan.


Military production in Africa

In Africa, the diffusion of light arms is a plague which contributes to instability in vast areas of the continent. Besides arms coming from other parts of the world, mainly but not exclusively Eastern Europe, local arms production is growing at an alarming rate. African arms-producing countries include South Africa, Zimbabwe, Nigeria, Namibia, Uganda, Kenya and Tanzania, and Egypt.
The largest producer is South Africa, which inherited a sophisticated and varies arms industry from the Apartheid regime. South Africa has 700 industries in the military sector which employ 22,500 workers (in the late 1980s the figure was 160,000). Most of them are small or middle-sized industries while the giant Denel controls the more important industries. With regard to light arms the main producers: Vektor (pistols, rifles, machine-guns, mortars, automatic 20 mm canons); MGL Milkor Marketing (Pty) Ltd (automatic bomb throwers); Mechem (12,7 and 20 mm anti-material guns); ARAM (Pty) Ltd (heavy 12,7 mm machine guns); New Generation Ammunition (small and large), LIW (small canons 30 and 35 mm); Truvelo Armoury Division (pistols, rifles and small arms parts); Pretoria Metal Pressings (PMP) (ammunition 12.7 x 99mm; 12.7 x 76mm; 9 x 19mm; 7.62 x 51mm; 5.56 x 45mm).
Officially the country exports war products to 61 countries mainly in the Middle East and Africa. The best client is Algeria, despite the fact that this country is in the grip of a civil war in which security forces are accused of atrocities and massacres of civilians. The best buyers are: Algeria, India, China, United Arab Emirates, Taiwan, Singapore, Thailand, Cameroon, Chile, Colombia, Kuwait, Oman, Peru, Swaziland, Republic of Congo, Botswana, Uganda, Rwanda, Tunisia, Ivory Coast, Kenya, Zambia, Mozambique and Mexico.
In 2001, 32% of South Africa’s exports were absorbed by Africa. Algeria alone represented 28% of all sales in Africa. This north African country purchased, UAV spotter planes (without pilot) and an updating packet for its fleet of Mil Mi24 Hind Russian bomber helicopters. The rest of the exports was divided as follows: 15% Middle East; 16% South Asia; 15% rest of Asia; 16% Europe; 5% Americas and 1% United Nations (peacekeeper equipment).
Not all countries are able to receive the same systems produced by South African industries. SA law stipulates 4 export categories:
Category A: Sensitive Major Significant Equipment (SMSE) - causing high number of casualties and damage to structures.
Category B: Sensitive Significant Equipment (SSE) - light arms.
Category C: Non-sensitive equipment (NSE) - combat support systems without lethal capacity (for example systems of logistics and telecommunications)
Category D: Non-lethal equipment (NLE) - defence means such as de-mining systems.
This means certain countries may purchase only categories CD (non-lethal), like Zimbabwe last supply in 2000 only category D.
Zimbabwe also inherited an embryonic was industry from the previous regime (when the country was still called Rhodesia). In 1984, starting from this basis, the Zimbabwe Defence Industries (ZDI) was established. The company produces light arms, ammunition and mines. The know-how to produce explosives and mortars was supplied by France, whereas China built a factory for infantry weapons ammunition. The ZDI clients include Angola (regular army and UNITA rebels), Sudanese rebels and Democratic Congo. In Congo, where Mugabe’s troops support President Kabila, in exchange for ZDI supplies, Harare obtained 37,5 % of the shares of GECAMINES, Congo’s state mining company. Zimbabwe is now looking for new partners to produce arms. Before the end of the war in Angola, Luanda and Harare were engaged in talks in view of joint production of arms. However once the war ended the Angolan government seemed to lose interest in the undertaking.
ZDI produces light arms (copies of Israel’s UZI machine-gun and the Czech CZ25 machine-gun) but mainly ammunition (9 mm to 20 mm), mortar shells (60, 81 and 120 mm), anti-personnel and anti-tank grenades. Zimbabwe’s official buyers include South Africa, Malawi, Botswana, Tanzania and Zambia
Still in east Africa Uganda also has a small war industry, at least three factories of arms. The main one is a Chinese owned Nakasongola Arms Factory, (joint venture between Beijing and Chinese, North Korean and South Africa technicians and businessmen. The factory is in the Gulu region devastated by the rebels of the Lord's Resistance Liberation Army-LRA and it produces light arms and mines supplied to the Burundian army and UNITA rebel army in Angola. Another factory is Saracen, which supplies the Ugandan army. Saracen is owned by the Strategic Resources Corporation, behind there is Executive Outcomes (EO), South Africa’s Private Military Company (PMC) which officially ended its activity at the end of 1999, but is suspected of acting under low-profile names. Lastly there is the Ottoman Engineering LTD, specialised in light arms. One of Uganda’s clients is Democratic Congo.
In Kenya, the Kenya Ordinance Factories Corporation produces ammunitions for pistols and assault rifles (20-60,000 a day). The corporation was built with the help of Belgian FN and opened in 2000. The Kenyan government says its production is for use of it own armed forces and that it does not intend to grant export licences.
The only arms producing country in West Africa is Nigeria. The Defence Industries Corporation of Nigeria (DICON) set up in 1964 with the Defence Industries Corporation of Nigeria Act, played an important role in the war of secession in Biafra (1968-70). Entrusted to foreign managers the company declared bankruptcy in 1972 and its director general, a German, was expelled from the country. The company continued to function with ups and downs for about 30 years, under military regimes. At the end of the 1990s, the new civil government decide to give new impulse to military production appointing a new council of administration the DICON and contact was made with Russia to transfer technology.
The Nigerian Company employs 700 people in Kaduna where it produces light ammunition, whereas in Bauchi light armoured vehicles are produced. Officially the arms are only for use by the Nigerian armed forces and police forces. Material produced includes: Nigerian Rifle 1 Model 7.62 mm (NR 1 - 7.62 British-Belgian licence); Nigerian Pistol 1 - Model 9MM (NPI - 9mm); Sub-Machine Gun (PM 12S Calibre 9MM Italian Beretta licence) DICON SG 1 - 86 Single Barrel Shot Gun; DICON M 36 Hand-Grenade; 7.62mm x 51 soft core (Ball) Cartridge 7.62mm X 51 Soft core (Ball); 7.62mm x 51 Blank Bulleted 9 x 19MM Parabellum Cartridge; 9MM Blank Star; 12 Bore Shot - Gun Cartridge.
In North Africa, the main producer of arms is Egypt, which exports also to Sub-Saharan Africa. In 1992, two years before the Rwandan genocide in 1994, Egypt signed arms sale deals with the Rwandan army. The sale, backed by a French bank, included 60 and 82 mm mortars; 16,000 mortar shells; 122 mm howitzer with 3,000 shots; missile throwers; plastic explosives; anti-personnel mines and 3 million small bore bullets.
Egyptian producers of light arms include: Abu Kir Engineering Industries / Factory 10 (small ammunition); Al-Ma'asara Company for Engineering Industries (MF 45) (small and big ammunition); Arab International Optronic (AIO) S.A.E (aiming system); Helwan Machine Tools Company / Factory 999 (mortars); Kaha Company for Chemical Industries (MF 270) (hand grenades and bombs); Maadi Company for Engineering Industries (pistols, guns, light and heavy machine guns, grenade launchers; Sakr Factory for Developed Industries (anti tank rockets); Shoubra Company for Engineering Industries (MF 27) (ammunition).

The heritage of death of past wars

When a war is over one of the problems is disarmament of troops. Unfortunately despite efforts on the part of the United Nations Organisation and others in many cases it has been impossible to obtain total disarmament. One of the most recent examples is the UN programme for disarmament and demobilisation in Liberia. The civil war between troops loyal to deposed President Charles Taylor and guerrillas of LURD (Liberians United for Reconciliation and Democracy) and MODEL (Movement for Democracy in Liberia) ended in August 2003. The country now has to disarm more than 85,000 troops including 20,000 boys some not even 9 years old
After a false start in 2003 (see Fides 9 December 2003), the UN programme for disarmament was started on 15 April 2004. Soldiers who agree to disarm receive 300 dollars (150 immediately and 150 after a three-month rehabilitation programme). However the men are not obliged to come with their weapon to hand it to UN peacekeepers. This has led to a paradoxical situation in nearby Ivory Coast where there is a process of disarmament of New Forces rebel groups which control the north west of Ivory Coast. In Ivory Coast the rebels are required to hand in their weapons and in exchange they receive (900 dollars). The result is a trafficking of arms from Liberia to Ivory Coast, as denounced by the local Church in Liberian in 2004 (see Fides 3 May 2004). The Liberian rebels wanted to double their money taking part in two disarmament programmes, in their own country and in Ivory Coast where they say they are Ivorians or they sell their weapons to Ivorian guerrillas for a percentage of t! he 900 dollars.
The fact that Liberian guerrillas take part in the programme of demobilisation without handing in their arms is having negative consequences in Liberia itself. Moreover the rebels tend to turn in old or faulty arms and hide the best equipment. This is why although 11,000 men registered for the demobilisation programme in the first week only 8,500 arms were withdrawn. Considering that each man might possess more than one weapon this result is poor and also concerning (see Fides 10 July 2004). Even where disarmament programmes obtain good results reasons for concern exist. In the Republic of Congo, for example, a programme promoted by IOM and UNDP started in July 2000 collected only 28% of an estimated 57,000 light arms in the country.
Arms left in circulation feed delinquency and guerrilla warfare also in neighbouring countries. These arms are a source of destabilisation for whole regions of Africa where the favourite is not the pistol, but recycled AK47Kalashnikovs. Poachers in national parks like Kafue Park in northern Zambia, use Kalashnikovs brought into the country by Angolan refugees. In northern Cameroon, more than half the street bandits are former militia from Central African Republic, Chad and Nigeria.
Because light arms are available on this continent, 18% of the homicides and suicides using firearms registered each year in the world happen in Africa. In Africa arms are used in 35% of the homicides, 13% of the robberies and 2% of the rapes. The country with most violence in the world, second only to Colombia is South Africa where homicides using firearms registered each year are 30 for every 100,000 people.

Disarmament is possible

According to some experts the situation in Africa is tragic but not desperate. There appears to be a drop in the number of light arms in Sub-Saharan Africa: from 100 million pieces to 30 million (5% of all the light weapons in the world). The figure is consistent but the tendency shows that disarmament is not impossible. It should be said however that about 80% of these arms are held by civilians and this aggravates situations of instability in many parts of Africa.
On the other hand this information is concerning because it means that relatively small number of arms and small numbers of troops can affect the life of whole nations.
This situation exists in west Africa where civil wars in Liberia and Sierra Leone have put the state on its knees and destroyed the economic and social tissue of both nations. It is estimated that in the 1990s at the height of violence in the region, the total number of rebels was 47,000 carrying between 60-80,000 arms. Calculating arms purchased to replace those destroyed, lost or stolen, in 10 years the region absorbed no less than 250,000 arms.
The presence of arms in the region determined illegal flows to countries considered relatively stable, such as Ghana where, according to official data, there are more than 40,000 arms, which escape government control. In Nigeria, a country with situations of ethnic-religious tension that often explode in violence, there are an estimated one million illegal arms.
It should be remembered that when there are economic and strategic interests in question such as control of resources, like oil, local fighters have no difficulty in obtaining arms. This was the case in three civil wars the Republic of Congo 1993, 1997 and 1998-99. The warring parties received a constant supply of arms. At least 24,500 of the 74,000 light arms distributed to Congolese troops, came from security forces’ arsenals, and no less than 49,500 were imported. Countries which sold arms to the different groups fighting in Congo included Israel, South Africa, China, Bulgaria, Russia. Other supplies passed by way of Angola, Democratic Congo, Gabon and Zimbabwe. The Republic of Congo has the sad record of being the first country in which a non state actor, the COBRA militia group obtained supplies of the deadly Russian RPO-A Shmel thermobarric missiles used by Russian troops in Afghanistan and in Chechnya which burn oxygen around the target. This produces decompression, w! hich razes buildings to the ground and crushes lungs in the rib cage.
International criminal circles are able to supply the arsenals of guerrilla groups and therefore also those of terrorism with sophisticated instruments of death (L.M.) (Agenzia Fides 24/7/2004 righe 404 parole 5141)

Links:
see web site
http://www.franksmyth.com/clients/FrankSmyth/frankS.nsf/0/6c451d09f1540d7585256b7b00790668?OpenDocument