Missionnaires d'Afrique


William Crombie, M.Afr.

Tanzanie

Aumônier des étudiants

Pour vous parler de mon travail d’aumônier des étudiants à Tabora, Tanzanie, il me vient en tête l’image du Christ, le Bon Pasteur. Les étudiants seraient-ils comparables à des moutons ? Peut-être, à certains égards : quand un style de cartable est à la mode, tous veulent se le procurer ; une façon de porter la cravate scolaire devient à la mode, et tous la portent de cette façon-là. La pression du groupe est une force convaincante. Cependant, très souvent, les jeunes ressemblent à des moutons sans berger. La jeune génération est confuse : on lui présente tellement de styles de vie différents. J’ai, quant à moi, l’immense privilège de lui proposer le chemin du Christ.

Les jeunes manquent de modèles à suivre. Dans la société tanzanienne, la vieille génération avait coutume de fournir ces modèles. Mais la présentation continuelle par les médias de la corruption et de l'égoïsme des hauts dirigeants aux dépens du développement national, une économie sauvagement capitaliste et l’émergence d’un système de classes où les enfants des riches parlent anglais et le reste, swahili, tout cela rend caducs les bons exemples des héros nationaux comme Julius Nyerere.

Dans un tel contexte, je constate que la nouvelle génération accorde une attention nouvelle aux conseils évangéliques et à l'enseignement social de l'Église. Après nombre de séminaires parrainés par le gouvernement dans les écoles et collèges sur le thème du SIDA et des rapports sexuels protégés, je découvre qu'il y a un énorme intérêt à explorer d'autres styles de vie. L’enseignement catholique sur l’abstinence et la fidélité tombe comme quelque chose de frais, nouveau et fascinant pour la jeune génération, et les discussions sont toujours animées !

La liturgie dominicale est source de grande joie et d’espérance, exprimées par la musique et la danse. Il arrive même que cette joie pousse un vieux missionnaire guindé comme moi à ‘danser avec énergie devant le Seigneur’ - pas tous les dimanches, rassurez-vous.

Bon nombre d’élèves dans les écoles secondaires de Tabora proviennent des zones rurales, presque non encore évangélisées. Le contact avec un environnement urbain moderne pousse certains à s'inscrire pour le baptême. Les discussions sur l'utilité ou la validité des aspects de la religion traditionnelle africaine, - sacrifices, guérisons, envoûtements, etc. - signifient que les questions et réponses du catéchisme sont souvent laissées de côté, et je vagabonde intellectuellement en territoire inconnu – peu sûr des réponses, bien que ce soit fascinant !

Le travail d’aumônerie et l'enseignement de la religion dans les écoles doivent être soupesés (être faits en tenant compte de l’intérêt qu’on doit porter à ceux qui ont une autre croyance ou qui ne croient pas) avec des responsabilités envers ceux des différentes croyances, et d’aucune. Notre bibliothèque doit conserver un stock de manuels récents, et nous devons nous intéresser aux équipes de tennis de table, de football ou de basket-ball. Une troupe théâtrale favorise les jeunes talents, et notre propre studio vibre (il est insonorisé) au rythme de Bongo Flava - rap style tanzanien. Toutefois, mon premier amour du côté loisirs est ‘The Dance Machine’, un groupe qui reproduit la danse populaire américaine transposée à l'ouest de la Tanzanie. La ‘Dance Machine’ est un grand groupe d'étudiants qui préparent des programmes de danse pour les grands événements du calendrier social de Tabora. Ils sont bons ! Je me demande toujours comment ils font pour tourner sur leurs têtes sans se casser le cou.

Ici, dans la partie historique de Tabora, nous nous sentons quelque peu indignes de perpétuer l’oeuvre de ces pionniers héroïques qui ont commencé la proclamation de la Bonne Nouvelle en 1878. La plupart des lieux qu'ils ont connus sont encore là. Mais il y a encore du travail à faire après toutes ces années de présence des MAfr. La nouvelle génération a, elle aussi, besoin d'entendre la Bonne Nouvelle.

On doit encourager les liens d’amitié entre chrétiens et musulmans pendant les cours et les activités récréatives. Tabora reste une région à prédominance musulmane en Tanzanie, bien qu’à cause des différentes attitudes face au style d’éducation à l’Occidental, les chrétiens soient majoritaires dans les écoles et collèges. Il y a des rencontres entre musulmans et chrétiens dans le dialogue de la vie quotidienne. Dans un monde qui n’est pas le meilleur, une nouvelle génération a besoin de réconcilier, intellectuellement et humainement, les défis des attentes sociales modernes, les valeurs culturelles traditionnelles et les exigences de la foi religieuse. Par ailleurs, chaque jour, je suis moi-même confronté aux questions et aux exigences des étudiants. Ce n'est pas une génération soumise ! Néanmoins, j'adore ça et j’espère qu’un peu de mon amour pourra apporter espoir et lumière à cette génération inquiète de son avenir.

William Crombie, M.Afr.


Tiré du Petit Echo N° 1011 2010/5

 


 

Missionaries of Africa


William Crombie, M.Afr.

Tanzania

Chaplain at the Students' Centre in Tabora

Asked to write some words on the human and spiritual fulfilment I draw from my work as Student Chaplain here in Tabora, Tanzania, the picture of Christ, the Good Shepherd, first comes to mind. - So are the students like sheep then? - Well, perhaps in some ways - one style of school bag and all must have it. One style of wearing the school tie and all must wear it that way. Peer pressure is a potent force. However, more often, the young people resemble sheep without a shepherd. The younger generation is confused, there are so many different lifestyles that they are presented with, that it’s an enormous privilege to be able to propose the way of Christ. Moreover, very often one registers an instinctual appreciation on the part of young people that this Christian way is Truth and is Life.

Young people are short on models to follow. In Tanzanian society, the older generation has traditionally supplied that model, but unrelenting media exposure of corruption and selfishness in high places at the expense of national development, an economy savagely capitalist, and an emerging class system in which the children of the rich speak English and the rest Swahili, turns the example of national heroes like Julius Nyerere on its head. In such a context, I find that there is a new attention given to the evangelical counsels and the social teaching of the Church, and it is a real joy to be the vehicle by which the Good News can be proclaimed to a new generation. After a wealth of Government-sponsored seminars in schools and colleges on Aids and Safe Sex, I discover that there is enormous interest in exploring other lifestyles - Catholic teaching on self-denial and faithfulness comes as something fresh, new and intriguing to the younger generation, and discussions are always animated! Three cheers for Pope John-Paul II’s Theology of the Body!

Sunday's liturgy is a source of delight - enthusiasm, hope and joy expressed in music and dance. In addition, there have been occasions when the sheer joy of it all has pushed even a staid old missionary like me to ‘dance with might before the Lord’ - not every Sunday though, you'll be relieved to hear.

Many of the students in Tabora’s secondary schools come from rural areas still practically untouched by evangelisation. Contact with an urban, modern environment (moderately modern - Tabora is rather an old-fashioned sort of place on the whole), pushes many to register themselves for Baptism classes. Discussions about the usefulness or the validity of aspects of traditional African religion: sacrifices, healing, spirit possession, etc., mean that the Catechism's questions and answers are left behind, and I find myself roaming intellectually in unfamiliar territory - unsure of the answers, though it’s fascinating!

Chaplaincy work and the teaching of religion in schools have to be balanced with responsibilities to those of different creeds and none. Our library has to be kept stocked with the latest textbooks, and interest has to be maintained in the fortunes of the table-tennis, the football, or the basketball team. A theatrical group fosters acting talent, and our own studio vibrates (it’s soundproof) to the beats of Bongo Flava - rap Tanzanian style. However, my first love on the recreational side is The Dance Machine which produces American Street Dance transposed to Western Tanzania. The Dance Machine is a big group of students who prepare dance routines for major events in Tabora's social calendar. They are good! Now, how do they spin on their heads without breaking their necks?

Here in historic Tabora, we feel a little bit that we are the unworthy living link with those heroic pioneers who began the proclamation of the Good News way back in 1878. Many of the places they knew are still to be seen. What? Still work to be done after all these years of MAfr presence? Yes! The new generation also needs to hear the Good News.
Friendships through tuition classes and recreational activities between Christians and Muslims still need to be fostered. Tabora remains a predominantly Muslim region in Tanzania, though because of different attitudes to Western-style education, Christians are the majority in Schools and Colleges. There are daily Muslim-Christian encounters in the dialogue of everyday life. A new generation in a not-so-brave world has to reconcile intellectually and humanly the challenges of modern social expectations, traditional cultural values, and the requirements of religious faith. Additionally, I myself, every day, am challenged by the questions and demands of the students. This is not a submissive generation! Nevertheless, I love it, and hope that some of that love may shine through and bring hope and light to a confused generation.

William Crombie, M.Afr.

From Petit Echo n° 1011 2010/5