Missionnaires d'Afrique
Chapitre Général
................................ Interview Guy Vuillemin
Lundi 17 mai 2010
Présente-toi
J'ai fait mon serment le 22 juin 1974 à Strasbourg après trois d'études à Ottawa. Après mon Serment, j'ai fait deux ans d'études au Pisai. Ensuite, j'ai vécu 12 ans au Mali dans des paroisses composées de petites communautés chrétiennes dans un milieu majoritairement musulman. En 1988, je débute 4 ans d'animation missionnaire et vocationnelle en France. En 1992, je participe au Chapitre comme député de la Province de France. Je retourne ensuite au Mali, dans la paroisse de Gao, pendant 5 ans. Pendant trois ans, je suis responsable de l'année pastorale au Pisai puis 2 1/2 à Nairobi pour introduire le programme de l'année pastorale à Tangaza College.
En 2005, je suis nommé assistant Provincial en France et, depuis le 1er juillet 2008, Conseiller provincial d'Europe et Supérieur délégué pour le secteur France. Je viens à ce Chapitre en tant que député élu de la Province d'Europe.
Si tu es député, c'est qu'on t'a demandé de venir dire des choses au Chapitre. Qu'elles sont ces choses ?
Les confrères de la Province d'Europe, tout comme ceux de la France, vivent les mêmes situations. La moyenne d'âge est très élevée. Pour la France, elle dépasse un peu les 80 ans. Pour l'Europe, c'est à peine en dessous. Nous avons beaucoup de confrères, mais leur nombre cache la fragilité de l'Europe. Nous avons des responsables de communauté qui ont autour de 80 ans, et nous avons de plus en plus de mal à trouver des confrères pour assumer des responsabilités que ce soit dans le secteur ou dans la Province.
Ensuite, pour l'Europe, le monde africain est très présent, et aussi le monde musulman. Les anciennes Provinces d'Europe ont mis en place des lieux et des projets missionnaires au service de ces personnes issues de la migration.
Nous pensons que ce sont de vrais projets missionnaires. Mais ces projets ne pourront pas continuer s'ils ne sont portés que par des confrères actuellement résidant en Europe. Traditionnellement, l'Europe était le lieu des vocations, des ressources financières, des soins. Elle n'a jamais eu de communauté internationale. La mission était en Afrique. Par exemple, en France, la communauté de la rue du Printemps, à Paris, a été fondée par la région d'Algérie et dépendait de cette région pour le service des migrants maghrébins. Elle ne dépendait pas de la Province de France.
Dans notre rencontre précapitulaire, nous avons souhaité proposer au Chapitre de ne pas considérer l'Europe à part, mais de bien l'intégrer comme une part de notre mission au service du monde africain. Pour cela, nous aurons besoin de communautés internationales pour soutenir les projets qui existent déjà. Ces communautés internationales pourront être aussi des communautés témoins où nous pourrions envoyer des jeunes qui nous contactent et veulent s'informer sur notre vie. Ils participeraient à l'animation vocationnelle. Si nous souhaitons la présence de jeunes confrères en Europe, ce n'est pas pour prendre soin de nos vieux jours, mais pour remplir une tâche missionnaire que nous ne pourrons plus assumer dans quelques années.
Comme l'a souligné le synode spécial pour l'Afrique, une grande partie des décisions économiques qui concernent ce continent sont prises en Europe, d'où la nécessité d'avoir des confrères qui vont soutenir les plaidoyers pour des relations économiques justes et équitables entre l'Europe et l'Afrique, entre autre dans le réseau Foi Justice Afrique Europe. Beaucoup de confrères sont présentement engagés individuellement dans le service des migrants, la rencontre avec les musulmans et soutiennent les actions de ce réseau.
Un autre point. Si, dans le passé, nous avons rappelé des confrères pour prendre la responsabilité administrative des maisons de nos aînés, aujourd'hui, en France, nous sommes en train de transmettre cette responsabilité à des associations compétentes et l'animateur de la communauté sera un des résidents.
Une autre difficulté dont j'aurai à parler, c'est que pour assurer le fonctionnement de la Province et du Secteur, nous avons du mal à rappeler des confrères d'Afrique. Les confrères européens qui sont cinquantenaires sont très peu nombreux. Je crois que le Chapitre devra faire quelque chose pour régler le problème de la gestion du personnel.
Texte de Jacques Poirier
Missionaries of Africa
General Chapter
.............................. Guy Vuillemin Interview
17th May 2010.
Let me introduce myself
After three years of studies at Ottawa, I took my Missionary Oath on the 22nd June 1974 at Strasbourg. After the Oath, I did two years at PISAI, Rome. Then I lived for 12 years in Mali, in parishes with small Christian communities living in a Muslim majority environment. In 1988, I began four years of missionary and vocation promotion in France. In 1992, I took part in the Chapter as delegate for the French Province. I then returned to Gao parish, Mali, for five years. For three years, I was in charge of the Pastoral Year at the PISAI then for two-and-a-half years at Nairobi to introduce the Pastoral Year programme at Tangaza College. In 2005, I was appointed Assistant Provincial in France and since the 1st July 2008 I am Delegate Superior of the Sector of France. I am attending this Chapter as elected delegate of the European Province.
Since you are a delegate, you have been asked to come to the Chapter to carry a message? What is this message?
Confreres of the European Province including those of France live in the same circumstances. The average age is very high. For France, it is just over 80. For Europe, it is slightly lower. We have many confreres, but their number hides Europe's fragility. We have heads of community who are about 80 years of age and we are finding it increasingly difficult to find confreres to take on responsibilities either in the Sector or in the Province.
Further, as far as Europe is concerned, the African and the Muslim world are an everyday reality. The former Provinces of Europe set up locations and missionary projects at the service of the people resulting from of migration. We believe these are genuine missionary projects. However, these projects will not be able to continue if they are not shouldered by confreres currently resident in Europe. Traditionally, Europe was the location for vocations, financial resources, and treatment. It has never had an international community. The mission was in Africa. For instance, in France, the community of the Rue du Printemps, Paris, was founded by the Algerian Region and depended on that Region in view of service to migrants from the Maghreb. It did not depend on the Province of France.
At our pre-Capitular Assembly, we intended to propose to the Chapter not to consider Europe separately, but rather to integrate it as part of our mission at the service of the African world. For this, we would need international communities to support our already existing projects. These international communities would also be model communities, where we could send young people who contact us and want to know more about our life. These communities would also take part in vocation promotion. If we want young confreres in Europe, it is not to look after us in old age, but to fulfil a missionary task that we will not be able to do in a few years time.
As the Special Synod on Africa emphasised, a high percentage of economic decisions concerning Africa are taken in Europe. From this comes the need to have confreres who are going to support lobbying for just and equitable economic relations between Europe and Africa in the Africa-Europe Faith and Justice Network, amongst other ways. Many confreres are currently individually involved in service to migrants, encounter with Muslims and they support action within this network.
One other point: if, in the past, we recalled confreres to take on administrative posts for our senior confreres, today in France, we are in the process of passing on this responsibility to competent associations, where the community coordinator would be one of the residents.
Another problem I will be raising is that to ensure the running of the Province and Sector, we are experiencing difficulties recalling confreres from Africa. There are very few European confreres in their fifties. I think the chapter will have to do something to settle the problem of personnel management.
Text from Jacques Poirier
Translated by Donald MacLeod