Missionnaires d'Afrique
Chapitre Général
................................ Interview de Jozef Van Boxel
Mercredi 19 mai 2010
Jos, quel est ton itinéraire de vie chez les Missionnaires d'Afrique ?
Je suis Belge. Je suis né en 1954 et ordonné en 1982. Je suis parti en Zambie dans le diocèse de Chipata pour travailler en paroisse. Après 4 ans, je suis venu étudier 2 ans à Rome à la grégorienne pour une licence en philosophie. Je suis ensuite retourné en Zambie au grand séminaire pendant trois ans. Entre 1991-1996, j'ai enseigné au premier cycle à Kahangala, près de Mwanza, en Tanzanie. Nous avons ensuite déménagé à Arusha où j'ai enseigné encore deux ans.
En 1998, le provincial de Belgique m'a demandé d'aller faire de l'animation missionnaire à Louvain pendant 4 ans. Cela m'a permis de reprendre connaissance avec la mentalité en Belgique.
En 2002, on me demande d'aller en Ouganda au 1er cycle de Jinja. Je commence par prendre une année sabbatique : 3 mois à Jérusalem et 6 mois en Italie dans une communauté Focolarini près de Florence. Je devais aller à Jinja en septembre 2003, mais j'ai dû retourner à Jérusalem pour remplacer pendant quelques mois un père malade. Je pars ensuite à Jinja en décembre 2003 et j'y suis depuis 7 ans, enseignant la philosophie. Je suis recteur du consortium depuis 5 ans et le resterai encore une année. Je dois aller en Inde l'année prochaine pour renforcer l'équipe des formateurs parce que Martin Grenier vient à Jinja cette année.
As-tu une idée pour laquelle tes confrères t'ont choisi comme délégué au Chapitre général?
C'est une bonne question parce qu'il y a quand même plusieurs jeunes confrères africains en Ouganda. Et je suis déjà parmi les vieux. Le vote a été très serré avec un autre confrère, mais en fin de compte j'ai reçu un peu plus de votes.
Est-ce qu'on t'a demandé de parler de quelque chose en particulier pendant le Chapitre?
Parmi les points de notre précapitulaire, je pense parler surtout de la formation, puisque j y'ai passé presque toute ma vie . Je trouve que le temps de formation est un peu trop long. Certains commencent par la propédeutique et font 4 ans de théologie, donc 11 ans de préparation. Si on pouvait au moins faire la théologie en trois ans comme à Abidjan. Plus on étire les études, plus on fait de nos candidats des cérébraux, des intellectuels. Beaucoup de candidats sont intéressés par les diplômes. On se demande combien de leur énergie part dans cette recherche de diplômes. Cela me fait un peu peur. Il n'y a aucune profession dans le monde qui demande 11 ans de préparation comme c'est le cas pour nos jeunes. Ils sont ordonnés déjà âgés. Il faut une bonne formation intellectuelle, mais ce n'est pas la seule chose qui compte. Nous devons prendre soin de balancer avec une bonne formation humaine, pastorale et spirituelle.
Je pense aussi parler de l'Ouganda, la seule province qui n'est pas encore rattachée à d'autres pays. En 2004, nous étions plus de 50 confrères. Maintenant, nous restons 32 dont 6 ont plus de 80 ans et 8 sont Ougandais. Nous avons seulement 3 paroisses. C'est difficile d'avoir des communautés viables dans ce cas. Nous aimerions joindre la Province TKS (Tanzanie, Kenya, Soudan) . Les confrères de ces pays sont en train de changer leur opinion pour nous recevoir.
Que nous travaillions avec les jeunes, en paroisse, pour JPIC, quoique nous fassions, la qualité de notre présence est très importante. J'aimerais que le Chapitre s'arrête sur la vie communautaire et la spiritualité missionnaire. Nous pouvons donner un témoignage en tant que communauté. Si la vie communautaire est déficiente, nous pouvons facilement devenir un contre témoignage. Ce qui est important, c'est comment nous faisons les choses et non seulement ce que nous devons faire.
Est-ce qu'il y a un passage de la Bible qui t'a particulièrement inspiré dans ta vie missionnaire ?
Oui, une Parole qui m'invite à construire la communauté. " Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d'eux ". Nous avons un témoignage à donner en tant que communautés. La présence du Seigneur au milieu d'une communauté inspire notre amour et notre fraternité. La question que chacun doit se poser n'est pas " Quel est mon projet ", car alors on pense que la mission ne peut pas continuer sans nous. La mission commence là où est le Seigneur qui nous envoie. Cette parole m'invite à construire la communauté.
Est-ce que ce Chapitre ressemble à celui que tu avais imaginé avant de venir à Rome ?
C'est mon premier Chapitre. Je suis surpris de l'ambiance relaxe qu'on y vit jusqu'à maintenant. Il y a une atmosphère fraternelle, et non des confrères qui sont en lutte les uns contre les autres pour promouvoir ou défendre leurs idées. Toute l'assemblée a accepté sans réticence l'agenda proposé. C'est une agréable surprise. Je vois que les confrères sont là pour chercher et trouver ce qu'il y a de meilleur pour la Société et non pour défendre leurs idées. De même, j'ai été aussi surpris par le nombre de jeunes confrères : les capitulants ont une moyenne d'âge de 49 ans.
Texte de Jacques Poirier
Missionaries of Africa
General Chapter
......................... INTERVIEW with Jozef Van Boxel:
19th May 2010.
Jozef, what has been your vocation journey with the Missionaries of Africa?
I am Belgian. I was born in 1954 and ordained in 1982. I left for Zambia and Chipata Diocese for parish work. After 4 years, I came to Rome to study for a licentiate in philosophy at the Gregorian. I then returned to Zambia and lectured at the major seminary for three years. From 1991 till 1966, I taught in the First Phase at Kahangala, near Mwanza, Tanzania. We then shifted to Arusha where I continued to teach for two more years. In 1998, the Provincial of Belgium asked me to do missionary Promotion at Louvain for 4 years. This enabled me to refresh my understanding of the mentality in Belgium.
In 2002, I was asked to go to the First Phase House at Jinja, Uganda. I began by taking a sabbatical consisting of 3 months at Jerusalem and 6 months in a Focolari community near Florence, Italy. I was due in Jinja in September 2003, but I had to return to Jerusalem to substitute for a sick Father for a few months. I then left for Jinja in December 2003 and have been there for 7 years, lecturing in philosophy. I have been Rector of the Consortium for 5 years and will remain so for one more year. I am due to go to India next year to strengthen the Formation Team there as Martin Grenier is coming to Jinja this year.
Do you have any idea why your confreres chose you as a delegate to the General Chapter?
It is a good question, as there are nonetheless several young African confreres in Uganda. Moreover, I am among the oldest. The ballot was very close with another confrere, but at the end of the day, I received a few votes more.
Have you been asked to speak of anything in particular at the Chapter?
Among the points in our pre-Capitular, I intend to speak particularly about formation, since I have spent almost all my life in it. I find the length of formation a bit too long. Some begin with the pre-First Phase Course and also do 4 years of theology, so, in all, 11 years of preparation. If we could at least do theology in three years, as at Abidjan, it would be something. The more the studies are stretched, the more we make our candidates into highbrow intellectuals. Many candidates are drawn by diplomas. We wonder how much of their energy is spent in this diploma-seeking. It worries me a bit. There is no profession in the world that requires 11 years of preparation, as is the case with our young men. They are already old when they are ordained. They need a good intellectual training, but it is not only that which counts. We need to take care to balance it with a good personal, pastoral and spiritual training.
I also intend to speak of Uganda, the only Province not yet attached to other countries. In 2004, we had over 50 confreres; now we remain with 32, of whom 6 are over 80 and 8 are Ugandan. We have only 3 parishes. We would like to join with the TKS Province. The confreres in those countries are changing their opinion in order to receive us.
Whether we work with youth, in parishes, or JPIC, whatever we do, the quality of our presence is paramount. I would like this Chapter to dwell on community life and missionary spirituality. We can bear witness as community. If community life is deficient, we could easily become a counter-witness. What counts is how we do things and not just what we ought to do.Is there a Bible passage that particularly inspired you in your missionary life?
Indeed, there is a phrase that invites me to build up community. 'For where two or three meet in my name, I shall be there with them', (Matt 18:20). We have a message to put across as communities. The presence of the Lord in the midst of a community inspires our love and fraternity. The question everyone should ask themselves is not, 'What is my project', because then we think mission cannot continue without us. Mission begins wherever the Lord is sending us. This phrase invites me to build up community.Does the Chapter resemble what you imagined before coming to Rome?
This is my first Chapter. I am surprised by the relaxed mood we have been living in up to now. There is a very good-natured atmosphere and not one where confreres are competing with one another to promote or defend their ideas. The whole Assembly agreed the proposed agenda without hesitation. It was a pleasant surprise. I can tell that confreres are here to seek and find what is best for the Society and not to defend their ideas. Likewise, I was also surprised by the number of young confreres: the average age of the Capitulants is 49.
Text from Jacques Poirier
Translated by Donald MacLeod