Missionnaires d'Afrique
Chapitre Général
................................ Interview de Richard Dandenault
Mardi 18 mai 2010
74 ans, membre élu représentant des Amériques
Richard, tu es le doyen des capitulants. Pourrais-tu nous tracer ton parcours en tant que Père Blanc.
J'ai 74 ans. Ordonné le 28 janvier 1961, je fais une année d'Étude pédagogique en Irlande avant de partir au Malawi ou je suis resté jusqu'en 1971. J'ai enseigné presque toute ma vie de missionnaire, école normale, petit séminaire, équipe de formation à l'année spirituelle.
De 1993 à 2000, je suis Provincial de l'Amérique du Nord. En 2000-2002, je vais aider pour les sessions à Jérusalem. De 2002 à 2005, je me retire à Lennoxville où j'écris entre autre le journal de Julien Papillon. De 2005 à maintenant, on me nomme responsable de la communauté de Pères retraités de Sherbrooke. J'ai participé au Chapitre de 1980 et à celui de 1998. J'en suis donc à mon troisième et dernier essai.
Pourquoi penses-tu qu'on t'a élu pour venir participer à ce Chapitre ?
Pour représenter l'ensemble des confrères, mais particulièrement les confrères retraités. Ils ont élu un jeune, Sergio, mais ils voulaient aussi quelqu'un pour les représenter.
Qu'est-ce qu'ils t'ont chargé de dire au Chapitre ?
Ils veulent être considérés comme Missionnaires d'Afrique jusqu'à leur dernier souffle, même s'ils ne peuvent plus contribuer activement à la mission au sens courant du terme. Notons quand même que certains d'entre eux font du ministère partiel, aumônerie, paroisse. C'est aussi et surtout en tant que membres d'une communauté MAfr, où on essaie de vivre une amitié partagée, qu'ils ont le sentiment d'être missionnaires pleinement reconnus. La vie de communauté est un élément important de la mission. Ils font partout un effort pour la vivre dans la coresponsabilité des services à se rendre les uns aux autres, que ce soit dans la vie de prière, les loisirs, les petites discussions au coin de la table en mangeant un biscuit.
On sent l'intérêt que chacun porte à l'autre sur son état de santé, en multipliant les visites informelles qu'ils se font mutuellement, dans le souci d'être présents à l'autre jusqu'à son dernier moment. Il s'agit là de mini manifestations de nature sacramentelle exprimant la mission selon le commandement du Seigneur : " Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ". Là est la mission pour eux à cette période de leur vie et ils ont le sentiment que cela correspond bien à l'identité Père Blanc.
Ils m'ont chargé de me faire l'écho de ce sentiment, de ce souci qu'ils ont d'être Pères Blancs à part entière dans ce vécu bien concret qui les rend heureux. Tout Père Blanc a le droit d'être heureux et cela vaut la peine de parler encore une fois de la vie communautaire comme étant l'endroit le plus favorable au bonheur de chacun. Ceci peut exorciser l'autre sentiment de nature négative trop souvent entendu : " Je ne fais plus rien, donc je ne vaux plus rien. "
La Province des Amériques t'a demandé de présenter la situation du secteur Canada telle qu'elle a été précisée à la rencontre précapitulaire.
En effet. Il est sûr que la gestion des communautés est présentement assurée par des confrères qui seront tous octogénaires dans 5 ans. Cependant, nous ne voulons pas être considérés comme gérants d'une Province en route vers le cimetière. La Société a toujours été formée de communautés internationales, interraciales. Ne pourrions-nous pas avoir des jeunes confrères des autres Provinces pour prendre le relais? Ils pourraient ainsi continuer notre témoignage de la mission auprès des communautés africaines au Canada et poursuivre le dialogue avec les adeptes de l'islam.
Nous vivons ce qui est demandé sur Justice et Paix à l'intérieure de nos cadres communautaires, par exemple la question de l'équité salariale selon les normes gouvernementales.
En lien avec ce qui se fait dans le secteur américain, le secteur du Canada est très impliqué dans le soutien de projets en Afrique proposés par des confrères. Pour que cela continue, nous souhaitons que la solidarité MAfr soit une réalité partagée avec l'ensemble de la Société, tant du côté financier que du côté échange de personnel.
Texte de Jacques Poirier
Missionaries of Africa
General Chapter
......................... INTERVIEW with RICHARD DANDENAULT:
18th May 2010.
74 years of age, elected representative of the Americas.
Richard, you are the dean of the Capitulants. Would you describe for us your White Father journey?
I am 74. Ordained on the 28th January 1961, I did a year of Teacher Training in Ireland before leaving for Malawi, where I remained until 1971. I have taught almost all my missionary life, college of education, junior seminary, and formation staff of the Spiritual Year.
From 1993 till 2000, I was Provincial of North America. In 2000-2002, I went to help out for the Sessions in Jerusalem. From 2002 till 2005, I retired to Lennoxville where, amongst other things, I wrote the journal of Julien Papillon. From 2005 till now, I was appointed head of the community of retired White Fathers at Sherbrooke. I took part in the 1980 and 1998 Chapters. I am therefore at my third and last round.
Why do you think you were elected to take part in this Chapter?
I was elected to represent the confreres as a whole, but particularly retired confreres. They did elect Sergio, a younger man, but they also wanted someone to represent them.
What have they commissioned you to say at the Chapter?
They want to be considered as Missionaries of Africa until their last breath, even if they cannot actively contribute to the mission in the contemporary sense of the term. We should nonetheless note that some of them are in part-time ministry, chaplaincies or parishes. It is also and above all as members of the MAfr community, where we try to live a shared friendship, that they have the feeling of being fully accepted missionaries. Community life is an important element of mission. They are making an effort everywhere to live in co-responsibility through the services they render one to another, either in prayer life, leisure, short discussions at the end of the table, or in munching a biscuit.
The interest each community member has in the other's health is palpable. This is also seen in the multiplication of informal visits they make to one another with a care to be present to one another right up to the last moment. There you see mini-manifestations of a sacramental nature that express mission according to the command of the Lord, 'Love one another as I have loved you.' There lies mission for them at this time of their lives and they have the feeling that it corresponds perfectly well to the White Father identity. They commissioned me to echo this feeling, this concern that they have of belonging entirely to the White Fathers in this very practical lived reality that makes them happy. Every White Father has the right to be happy and it is worth repeating that community life is the most favourable location for each individual's contentment. This may serve to exorcise the other negative sentiment that has been heard so often, 'I do nothing anymore, therefore, I am worth nothing.'
The Province of the Americas asked you to present the situation of the Canada Sector as it was defined at the pre-Capitular Assembly.
Indeed. It is true that community management is currently provided by confreres who will all be octogenarians in five years. However, we do not want to be considered as managers of a Province on its way to the cemetery. The Society has always been made up of international and interracial communities. Could we not have young confreres from other Provinces to take over? In this way, they could continue giving our testimony to mission among African communities in Canada and pursue dialogue with followers of Islam.
We live out in practice what is required in Justice and Peace within the context of our community structures, for instance, in fair salaries according to government norms.
In line with what is being done in the American Sector, Canada is very involved in support for projects in Africa proposed by confreres. For this to continue, we hope that MAfr solidarity will be a shared reality with the Society as a whole, both financially and in exchange of personnel.
Text from Jacques Poirier
Translated by Donald MacLeod