ROMA

24-04-2011
Messe Place St-Pierre et Bénédiction "Urbi et Orbi
"
10h30

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Départ pour Castel Gondolfo

Photos Webmaster

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Homélie de Benoît XVI à la Vigile Pascale et Bénédiction Urbi et Orbi (In English)


Vigile pascale : Homélie de Benoît XVI
Texte intégral

ROME, Dimanche 24 avril 2011 (ZENIT.org) - Nous publions ci-dessous le texte intégral de l'homélie que le pape Benoît XVI a prononcée lors de la vigile solennelle de la nuit de Pâques, en la basilique Saint-Pierre.

Chers frères et sœurs !

Deux grands signes caractérisent la célébration liturgique de la Veillée Pascale. Il y a d'abord le feu qui devient lumière. La lumière du cierge pascal, qui au cours de la procession à travers l'église enveloppée dans l'obscurité de la nuit devient une vague de lumières et nous parle du Christ comme véritable étoile du matin, qui ne se couche pas éternellement - du Ressuscité en qui la lumière a vaincu les ténèbres. Le deuxième signe est l'eau. Elle rappelle, d'une part les eaux de la Mer Rouge, l'effondrement et la mort, le mystère de la croix. Ensuite cependant, elle se présente à nous comme une eau de source, comme un élément qui apporte la vie dans la sécheresse. Elle devient ainsi l'image du Sacrement du Baptême, qui nous rend participants de la mort et de la résurrection de Jésus Christ.

Toutefois, les grands signes de la création, la lumière et l'eau ne sont pas les seuls à faire partie de la liturgie de la Veillée Pascale. Une caractéristique absolument essentielle de la Veillée, c'est aussi le fait qu'elle nous conduit à une importante rencontre avec la parole de la Sainte Ecriture. Avant la réforme liturgique il y avait douze lectures de l'Ancien Testament et deux du Nouveau Testament. Celles du Nouveau Testament sont restées. Le nombre des lectures de l'Ancien Testament a été fixé à sept, mais, selon les situations locales, il peut aussi être réduit à trois lectures. À travers une grande vision panoramique, l'Eglise veut nous conduire, tout au long du chemin de l'histoire du salut, depuis la création, à travers l'élection et la libération d'Israël, jusqu'aux témoignages prophétiques, grâce auxquels toute cette histoire se dirige toujours plus clairement vers Jésus Christ. Dans la tradition liturgique toutes ces lectures ont été appelées prophéties. Même quand elles ne sont pas directement des annonces d'évènements futurs, elles ont un caractère prophétique, elles nous montrent le fondement profond et l'orientation de l'histoire. Elles font en sorte que la création et l'histoire laissent transparaître l'essentiel. Ainsi, elles nous prennent par la main et nous conduisent vers le Christ, elles nous montrent la vraie lumière.

Le cheminement sur les routes de la Sainte Ecriture commence, durant la Veillée Pascale, par le récit de la création. La liturgie veut nous dire par là que le récit de la création est aussi une prophétie. Il n'est pas une information sur le déroulement extérieur du devenir du cosmos et de l'homme. Les Pères de l'Eglise en étaient bien conscients. Ils n'ont pas compris ce récit comme une narration sur le déroulement des origines des choses, mais comme un renvoi à l'essentiel, au vrai principe et à la fin de notre être. Or, nous pouvons donc nous demander : mais est-il vraiment important durant la Veillée Pascale de parler aussi de la création ? Ne pourrait-on pas commencer par les évènements au cours desquels Dieu appelle l'homme, se constitue un peuple et crée son histoire avec les hommes sur la terre ? La réponse doit être : non. Omettre la création signifierait se méprendre sur l'histoire même de Dieu avec les hommes, la réduire, ne plus voir son véritable ordre de grandeur. Le rayon de l'histoire que Dieu a fondé parvient jusqu'aux origines, jusqu'à la création. Notre profession de foi commence par les paroles : « Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, Créateur du ciel et de la terre ». Si nous omettons ce commencement duCredo, l'histoire du salut tout entière devient trop réduite et trop petite. L'Eglise n'est pas une association quelconque qui s'occupe des besoins religieux des hommes, et qui a justement le but limité de cette association. Non, elle met l'homme en contact avec Dieu et donc avec le principe de toute chose. C'est pourquoi Dieu nous concerne comme Créateur et c'est pour cela que nous avons une responsabilité envers la création. Notre responsabilité s'étend jusqu'à la création, parce qu'elle provient du Créateur. C'est seulement parce que Dieu a tout créé qu'il peut nous donner vie et conduire notre vie. La vie dans la foi de l'Eglise n'embrasse pas seulement un domaine de sensations et de sentiments et peut-être d'obligations morales. Elle embrasse l'homme dans sa totalité, depuis ses origines et dans la perspective de l'éternité. C'est seulement parce que la création appartient à Dieu que nous pouvons nous fier à lui jusqu'au bout. Et c'est seulement parce qu'il est Créateur qu'il peut nous donner la vie pour l'éternité. La joie pour la création, la gratitude pour la création et la responsabilité à son égard sont inséparables.

Le message central du récit de la création se laisse déterminer encore plus précisément. Dans les premières paroles de son Evangile, saint Jean a résumé la signification essentielle de ce récit en cette unique phrase : « Au commencement était le Verbe ». En effet, le récit de la création que nous venons d'écouter est caractérisé par la phrase qui revient régulièrement : « Dieu dit... ». Le monde est un produit de la Parole, du Logos, comme l'exprime Jean avec un terme central de la langue grecque. « Logos » signifie « raison », « sens », « parole ». Il ne signifie pas seulement « raison », mais Raison créatrice qui parle et qui se communique elle-même. C'est une Raison qui est sens et qui crée elle-même du sens. Le récit de la création nous dit, donc, que le monde est un produit de la Raison créatrice. Et ainsi il nous dit qu'à l'origine de toutes choses il n'y avait pas ce qui est sans raison, sans liberté, mais que le principe de toutes choses est la Raison créatrice, est l'amour, est la liberté. Ici nous nous trouvons face à l'alternative ultime qui est en jeu dans le débat entre foi et incrédulité : l'irrationalité, le manque de liberté et le hasard sont-ils le principe de tout, ou bien la raison, la liberté, l'amour sont-ils le principe de l'être ? Le primat revient-il à l'irrationalité ou à la raison ? C'est là la question en dernière analyse. Comme croyants nous répondons par le récit de la création et avec Jean : à l'origine, il y a la raison. A l'origine il y a la liberté. C'est pourquoi être une personne humaine est une bonne chose. Il n'est pas exact que dans l'univers en expansion, à la fin, dans un petit coin quelconque du cosmos se forma aussi, par hasard, une certaine espèce d'être vivant, capable de raisonner et de tenter de trouver dans la création une raison ou de l'avoir en elle. Si l'homme était seulement un tel produit accidentel de l'évolution en quelque lieu à la marge de l'univers, alors sa vie serait privée de sens ou même un trouble de la nature. Non, au contraire : la raison est au commencement, la Raison créatrice, divine. Et puisqu'elle est Raison, elle a créé aussi la liberté ; et puisqu'on peut faire de la liberté un usage indu, il existe aussi ce qui est contraire à la création. C'est pourquoi une épaisse ligne obscure s'étend, pour ainsi dire, à travers la structure de l'univers et à travers la nature de l'homme. Mais malgré cette contradiction, la création comme telle demeure bonne, la vie demeure bonne, parce qu'à l'origine il y a la Raison bonne, l'amour créateur de Dieu. C'est pourquoi le monde peut être sauvé. C'est pour cela que nous pouvons et nous devons nous mettre du côté de la raison, de la liberté et de l'amour - du côté de Dieu qui nous aime tellement qu'il a souffert pour nous, afin que de sa mort puisse surgir une vie nouvelle, définitive, guérie.

Le récit vétérotestamentaire de la création, que nous avons entendu, indique clairement cet ordre des réalités. Cependant il nous fait faire encore un pas en avant. Il a structuré le processus de la création dans le cadre d'une semaine qui va vers le samedi, y trouvant son achèvement. Pour Israël, le samedi était le jour où tous pouvaient participer au repos de Dieu, où homme et animal, maître et esclave, grands et petits étaient unis dans la liberté de Dieu. Ainsi le samedi était une expression de l'alliance entre Dieu et l'homme et la création. De cette façon, la communion entre Dieu et l'homme n'apparaît pas comme quelque chose de rajouté, instauré par la suite dans un monde dont la création était déjà terminée. L'alliance, la communion entre Dieu et l'homme, est prévue au plus profond de la création. Oui, l'alliance est la raison intrinsèque de la création comme la création est le présupposé extérieur de l'alliance. Dieu a fait le monde pour qu'il y ait un lieu où il puisse communiquer son amour et d'où la réponse d'amour lui retourne. Devant Dieu, le cœur de l'homme qui lui répond est plus grand et plus important que l'immense cosmos matériel tout entier qui, certainement, nous laisse entrevoir quelque chose de la grandeur de Dieu.

A Pâques et à la suite de l'expérience pascale des chrétiens, nous devons cependant faire encore un autre pas. Le samedi est le septième jour de la semaine. Après six jours, où l'homme participe, en un certain sens, au travail de la création de Dieu, le samedi est le jour du repos. Mais dans l'Eglise naissante, quelque chose d'inouï s'est produit : à la place du samedi, du septième jour, vient le premier jour. Comme jour de l'assemblée liturgique, il est le jour de la rencontre avec Dieu par Jésus Christ qui, le premier jour, le dimanche, a rencontré les siens en tant que Ressuscité, après que ceux-ci eurent trouvé le tombeau vide. La structure de la semaine est maintenant renversée. Elle n'est plus dirigée vers le septième jour, pour y participer au repos de Dieu. Elle commence par le premier jour comme jour de la rencontre avec le Ressuscité. Cette rencontre se renouvelle sans cesse dans la célébration de l'Eucharistie, où le Seigneur vient de nouveau au milieu des siens et se donne à eux, se laisse, pour ainsi dire, toucher par eux, se met à table avec eux. Ce changement est un fait extraordinaire, si on considère que le samedi, le septième jour comme jour de la rencontre avec Dieu, est profondément enraciné dans l'Ancien Testament. Si nous nous rappelons que le parcours depuis le travail jusqu'au jour du repos correspond aussi à une logique naturelle, le caractère dramatique de ce tournant devient encore plus évident. Ce processus révolutionnaire, qui s'est vérifié tout de suite au début du développement de l'Eglise, n'est explicable que par le fait qu'en ce jour quelque chose d'inouï était arrivé. Le premier jour de la semaine était le troisième jour après la mort de Jésus. C'était le jour où il s'était montré aux siens comme le Ressuscité. Cette rencontre, en effet, avait en soi quelque chose de bouleversant. Le monde était changé. Celui qui était mort vivait d'une vie qui n'était plus menacée d'aucune mort. Une nouvelle forme de vie, une nouvelle dimension de la création, avait été inaugurée. Le premier jour, selon le récit de laGenèse, est le jour où commence la création. À présent il était devenu d'une façon nouvelle le jour de la création, il était devenu le jour de la nouvelle création. Nous célébrons le premier jour. Ainsi nous célébrons Dieu, le Créateur, et sa création. Oui, je crois en Dieu, Créateur du ciel et de la terre. Et nous célébrons le Dieu qui s'est fait homme, a souffert, est mort et a été enseveli et est ressuscité. Nous célébrons la victoire définitive du Créateur et de sa création. Nous célébrons ce jour comme origine et, en même temps, comme but de notre vie. Nous le célébrons parce qu'à présent, grâce au Ressuscité, il s'avère de façon définitive que la raison est plus forte que l'irrationnalité, la vérité plus forte que le mensonge, l'amour plus fort que la mort. Nous célébrons le premier jour parce que nous savons que la ligne obscure qui traverse la création ne demeure pas pour toujours. Nous le célébrons, parce que nous savons que maintenant ce qui est dit à la fin du récit de la création est valable définitivement : « Dieu vit tout ce qu'il avait fait : c'était très bon » (Gn 1, 31). Amen.

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Message du Pâques de Benoît XVI

Texte intégral

ROME, Dimanche 24 avril 2011 (ZENIT.org) - Nous publions ci-dessous le texte intégral du Message de Pâques que Benoît XVI a adressé au monde, ce dimanche de la Résurrection, après la célébration de la messe du jour, en présence de plusieurs dizaines de milliers de fidèles rassemblés place Saint-Pierre et dans la rue de la Conciliazione.

In resurrectione tua, Christe, coeli et terra laetentur ! Dans ta résurrection, ô Christ, le ciel et la terre se réjouissent » (Liturgie des Heures)

Chers frères et sœurs de Rome et du monde entier !

Le matin de Pâques nous a rapporté l'annonce ancienne et toujours nouvelle : le Christ est ressuscité ! L'écho de cet évènement, parti de Jérusalem il y a 20 siècles, continue de résonner dans l'Eglise qui garde vivante dans son cœur la foi vibrante de Marie, la Mère de Jésus, la foi de Madeleine et des autres femmes qui, les premières, virent le tombeau vide, la foi de Pierre et des autres Apôtres.

Jusqu'à ce jour - même à notre époque de communications ultra-technologiques -, la foi des chrétiens se base sur cette annonce, sur le témoignage de ces sœurs et de ces frères qui ont vu d'abord le rocher renversé et le tombeau vide, puis les mystérieux messagers qui attestaient que Jésus, le Crucifié, était ressuscité ; ensuite lui-même, le Maître et Seigneur, vivant et tangible, qui était apparu à Marie de Magdala, aux deux disciples d'Emmaüs, enfin à tous les onze, réunis au Cénacle (cf. Mc 16, 9-14).

La résurrection du Christ n'est pas le fruit d'une spéculation, d'une expérience mystique : elle est un évènement, qui dépasse certainement l'histoire, mais qui se produit à un moment précis de l'histoire et laisse en elle une empreinte indélébile. La lumière qui a ébloui les gardes postés pour surveiller le tombeau de Jésus a traversé le temps et l'espace. C'est une lumière différente, divine, qui a déchiré les ténèbres de la mort et qui a introduit dans le monde la splendeur de Dieu, la splendeur de la Vérité et du Bien.

Comme les rayons du soleil, au printemps, font pousser et éclore les bourgeons sur les branches des arbres, de même, l'irradiation qui émane de la résurrection du Christ donne force et sens à toute espérance humaine, à toute attente, désir, projet. C'est pourquoi, le cosmos tout entier se réjouit aujourd'hui, participant au printemps de l'humanité, qui se fait l'interprète de l'hymne de louange muet de la création. L'alleluia pascal, qui résonne dans l'Eglise pérégrinante dans le monde, exprime l'allégresse silencieuse de l'univers, et surtout l'aspiration ardente de toute âme humaine sincèrement ouverte à Dieu, bien plus, reconnaissante pour sa bonté, sa beauté et sa vérité infinies.

« Dans ta résurrection, ô Christ, le ciel et la terre se réjouissent ». À cette invitation à la louange qui s'élève aujourd'hui du cœur de l'Eglise, les « cieux » répondent pleinement : les foules des anges, des saints et des bienheureux s'unissent unanimes à notre exultation. Au ciel, tout est paix et joie. Mais il n'en est malheureusement pas ainsi sur la terre ! Ici, en ce monde, l'alleluia pascal contraste encore avec les gémissements et les cris qui proviennent de nombreuses situations douloureuses : misère, faim, maladies, guerres, violences. Pourtant, c'est précisément pour cela que le Christ est mort et ressuscité ! Il est mort aussi à cause de nos péchés d'aujourd'hui, et il est ressuscité aussi pour la rédemption de notre histoire d'aujourd'hui. Mon message veut donc rejoindre tout le monde et, comme annonce prophétique, en particulier les peuples et les communautés qui souffrent un temps de passion, pour que le Christ ressuscité leur ouvre le chemin de la liberté, de la justice et de la paix.

Puisse se réjouir la terre qui, tout d'abord, a été inondée par la lumière du Ressuscité ! Que l'éclat du Christ atteigne aussi les peuples du Moyen-Orient, afin que la lumière de la paix et de la dignité humaine l'emporte sur les ténèbres de la division, de la haine et des violences. Qu'en Libye la diplomatie et le dialogue prennent la place des armes et que soit favorisé, dans la situation actuelle de conflit, l'accès des secours humanitaires à tous ceux qui souffrent des conséquences des affrontements. Que dans les pays de l'Afrique du Nord et du Moyen-Orient, tous les citoyens - et en particulier les jeunes - mettent tout en œuvre pour promouvoir le bien commun et pour construire une société où la pauvreté soit vaincue et où tout choix politique soit inspiré du respect pour la personne humaine. Aux nombreux exilés et aux réfugiés qui proviennent de différents pays africains et qui ont été contraints de laisser leurs affections les plus chères, que se manifeste la solidarité de tous ; que les hommes de bonne volonté soient éclairés pour ouvrir leur cœur à l'accueil, afin que de façon solidaire et concertée il soit possible de répondre aux nécessités pressantes de tant de frères ; qu'à tous ceux qui se dépensent en de généreux efforts et offrent des témoignages exemplaires en ce sens parviennent nos encouragements et notre appréciation.

Puisse se recomposer la cohabitation civile entre les populations de la Côte d'Ivoire, où il est urgent d'entreprendre un chemin de réconciliation et de pardon pour soigner les profondes blessures provoquées par les récentes violences. Puissent trouver consolation et espérance la terre du Japon, alors qu'elle affronte les dramatiques conséquences du récent tremblement de terre, ainsi que les pays qui au cours des mois passés ont été éprouvés par des calamités naturelles qui ont semé douleur et angoisse.

Que se réjouissent le ciel et la terre pour le témoignage de tous ceux qui souffrent l'opposition, ou même la persécution pour leur foi dans le Seigneur Jésus. Que l'annonce de sa résurrection victorieuse leur donne courage et confiance.

Chers frères et sœurs ! Le Christ ressuscité marche devant nous vers les cieux nouveaux et la terre nouvelle (cf. Ap 21, 1), où finalement nous vivrons tous comme une unique famille, enfants du même Père. Il est avec nous jusqu'à la fin des temps. Marchons derrière lui, dans ce monde blessé, en chantant l'alleluia. Dans notre cœur, il y a joie et douleur, sur notre visage sourires et larmes. C'est là notre réalité terrestre. Mais le Christ est ressuscité, il est vivant et il marche avec nous. C'est pourquoi nous chantons et nous marchons, fidèles à notre engagement en ce monde, le regard tourné vers le ciel.

Bonnes Pâques à tous !

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Pope's Holy Saturday Homily

"The Church ... Brings Man Into Contact With God"

VATICAN CITY, APRIL 23, 2011 (Zenit.org).- Here is a Vatican translation of Benedict XVI's homily at the Easter Vigil, held tonight in St. Peter's Basilica.

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Dear Brothers and Sisters,

The liturgical celebration of the Easter Vigil makes use of two eloquent signs. First there is the fire that becomes light. As the procession makes its way through the church, shrouded in the darkness of the night, the light of the Paschal Candle becomes a wave of lights, and it speaks to us of Christ as the true morning star that never sets – the Risen Lord in whom light has conquered darkness. The second sign is water. On the one hand, it recalls the waters of the Red Sea, decline and death, the mystery of the Cross. But now it is presented to us as spring water, a life-giving element amid the dryness. Thus it becomes the image of the sacrament of baptism, through which we become sharers in the death and resurrection of Jesus Christ.

Yet these great signs of creation, light and water, are not the only constituent elements of the liturgy of the Easter Vigil. Another essential feature is the ample encounter with the words of sacred Scripture that it provides. Before the liturgical reform there were twelve Old Testament readings and two from the New Testament. The New Testament readings have been retained. The number of Old Testament readings has been fixed at seven, but depending upon the local situation, they may be reduced to three. The Church wishes to offer us a panoramic view of whole trajectory of salvation history, starting with creation, passing through the election and the liberation of Israel to the testimony of the prophets by which this entire history is directed ever more clearly towards Jesus Christ. In the liturgical tradition all these readings were called prophecies. Even when they are not directly foretelling future events, they have a prophetic character, they show us the inner foundation and orientation of history. They cause creation and history to become transparent to what is essential. In this way they take us by the hand and lead us towards Christ, they show us the true Light.

At the Easter Vigil, the journey along the paths of sacred Scripture begins with the account of creation. This is the liturgy’s way of telling us that the creation story is itself a prophecy. It is not information about the external processes by which the cosmos and man himself came into being. The Fathers of the Church were well aware of this. They did not interpret the story as an account of the process of the origins of things, but rather as a pointer towards the essential, towards the true beginning and end of our being. Now, one might ask: is it really important to speak also of creation during the Easter Vigil? Could we not begin with the events in which God calls man, forms a people for himself and creates his history with men upon the earth? The answer has to be: no. To omit the creation would be to misunderstand the very history of God with men, to diminish it, to lose sight of its true order of greatness. The sweep of history established by God reaches back to the origins, back to creation. Our profession of faith begins with the words: "We believe in God, the Father Almighty, Creator of heaven and earth". If we omit the beginning of the Credo, the whole history of salvation becomes too limited and too small. The Church is not some kind of association that concerns itself with man’s religious needs but is limited to that objective. No, she brings man into contact with God and thus with the source of all things.

Therefore we relate to God as Creator, and so we have a responsibility for creation. Our responsibility extends as far as creation because it comes from the Creator. Only because God created everything can he give us life and direct our lives. Life in the Church’s faith involves more than a set of feelings and sentiments and perhaps moral obligations. It embraces man in his entirety, from his origins to his eternal destiny. Only because creation belongs to God can we place ourselves completely in his hands. And only because he is the Creator can he give us life for ever. Joy over creation, thanksgiving for creation and responsibility for it all belong together.

The central message of the creation account can be defined more precisely still. In the opening words of his Gospel, Saint John sums up the essential meaning of that account in this single statement: "In the beginning was the Word". In effect, the creation account that we listened to earlier is characterized by the regularly recurring phrase: "And God said ..." The world is a product of the Word, of the Logos, as Saint John expresses it, using a key term from the Greek language. "Logos" means "reason", "sense", "word". It is not reason pure and simple, but creative Reason, that speaks and communicates itself. It is Reason that both is and creates sense. The creation account tells us, then, that the world is a product of creative Reason. Hence it tells us that, far from there being an absence of reason and freedom at the origin of all things, the source of everything is creative Reason, love, and freedom. Here we are faced with the ultimate alternative that is at stake in the dispute between faith and unbelief: are irrationality, lack of freedom and pure chance the origin of everything, or are reason, freedom and love at the origin of being? Does the primacy belong to unreason or to reason? This is what everything hinges upon in the final analysis.

As believers we answer, with the creation account and with John, that in the beginning is reason. In the beginning is freedom. Hence it is good to be a human person. It is not the case that in the expanding universe, at a late stage, in some tiny corner of the cosmos, there evolved randomly some species of living being capable of reasoning and of trying to find rationality within creation, or to bring rationality into it. If man were merely a random product of evolution in some place on the margins of the universe, then his life would make no sense or might even be a chance of nature. But no, Reason is there at the beginning: creative, divine Reason. And because it is Reason, it also created freedom; and because freedom can be abused, there also exist forces harmful to creation. Hence a thick black line, so to speak, has been drawn across the structure of the universe and across the nature of man. But despite this contradiction, creation itself remains good, life remains good, because at the beginning is good Reason, God’s creative love. Hence the world can be saved. Hence we can and must place ourselves on the side of reason, freedom and love – on the side of God who loves us so much that he suffered for us, that from his death there might emerge a new, definitive and healed life.

The Old Testament account of creation that we listened to clearly indicates this order of realities. But it leads us a further step forward. It has structured the process of creation within the framework of a week leading up to the Sabbath, in which it finds its completion. For Israel, the Sabbath was the day on which all could participate in God’s rest, in which man and animal, master and slave, great and small were united in God’s freedom. Thus the Sabbath was an expression of the Covenant between God and man and creation. In this way, communion between God and man does not appear as something extra, something added later to a world already fully created. The Covenant, communion between God and man, is inbuilt at the deepest level of creation. Yes, the Covenant is the inner ground of creation, just as creation is the external presupposition of the Covenant. God made the world so that there could be a space where he might communicate his love, and from which the response of love might come back to him. From God’s perspective, the heart of the man who responds to him is greater and more important than the whole immense material cosmos, for all that the latter allows us to glimpse something of God’s grandeur.

Easter and the paschal experience of Christians, however, now require us to take a further step. The Sabbath is the seventh day of the week. After six days in which man in some sense participates in God’s work of creation, the Sabbath is the day of rest. But something quite unprecedented happened in the nascent Church: the place of the Sabbath, the seventh day, was taken by the first day. As the day of the liturgical assembly, it is the day for encounter with God through Jesus Christ who as the Risen Lord encountered his followers on the first day, Sunday, after they had found the tomb empty. The structure of the week is overturned. No longer does it point towards the seventh day, as the time to participate in God’s rest. It sets out from the first day as the day of encounter with the Risen Lord. This encounter happens afresh at every celebration of the Eucharist, when the Lord enters anew into the midst of his disciples and gives himself to them, allows himself, so to speak, to be touched by them, sits down at table with them. This change is utterly extraordinary, considering that the Sabbath, the seventh day seen as the day of encounter with God, is so profoundly rooted in the Old Testament. If we also bear in mind how much the movement from work towards the rest-day corresponds to a natural rhythm, the dramatic nature of this change is even more striking. This revolutionary development that occurred at the very the beginning of the Church’s history can be explained only by the fact that something utterly new happened that day. The first day of the week was the third day after Jesus’ death. It was the day when he showed himself to his disciples as the Risen Lord. In truth, this encounter had something unsettling about it. The world had changed. This man who had died was now living with a life that was no longer threatened by any death. A new form of life had been inaugurated, a new dimension of creation. The first day, according to the Genesis account, is the day on which creation begins. Now it was the day of creation in a new way, it had become the day of the new creation.

We celebrate the first day. And in so doing we celebrate God the Creator and his creation. Yes, we believe in God, the Creator of heaven and earth. And we celebrate the God who was made man, who suffered, died, was buried and rose again. We celebrate the definitive victory of the Creator and of his creation. We celebrate this day as the origin and the goal of our existence. We celebrate it because now, thanks to the risen Lord, it is definitively established that reason is stronger than unreason, truth stronger than lies, love stronger than death. We celebrate the first day because we know that the black line drawn across creation does not last forever. We celebrate it because we know that those words from the end of the creation account have now been definitively fulfilled: "God saw everything that he had made, and behold, it was very good" (Gen 1:31). Amen.

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Benedict XVI's "Urbi et Orbi" Message

"In Our Hearts There Is Joy and Sorrow, on Our Faces There Are Smiles and Tears"

VATICAN CITY, APRIL 24, 2010 (Zenit.org).- Here is a Vatican translation of Benedict XVI's Easter message delivered today at midday before he imparted his blessing "urbi et orbi" (to the city of Rome and the world).

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"In resurrectione tua, Christe, coeli et terra laetentur! In your resurrection, O Christ, let heaven and earth rejoice!" (Liturgy of the Hours).

Dear Brothers and Sisters in Rome and across the world,

Easter morning brings us news that is ancient yet ever new: Christ is risen! The echo of this event, which issued forth from Jerusalem twenty centuries ago, continues to resound in the Church, deep in whose heart lives the vibrant faith of Mary, Mother of Jesus, the faith of Mary Magdalene and the other women who first discovered the empty tomb, and the faith of Peter and the other Apostles.

Right down to our own time – even in these days of advanced communications technology – the faith of Christians is based on that same news, on the testimony of those sisters and brothers who saw firstly the stone that had been rolled away from the empty tomb and then the mysterious messengers who testified that Jesus, the Crucified, was risen. And then Jesus himself, the Lord and Master, living and tangible, appeared to Mary Magdalene, to the two disciples on the road to Emmaus, and finally to all eleven, gathered in the Upper Room (cf. Mk 16:9-14).

The resurrection of Christ is not the fruit of speculation or mystical experience: it is an event which, while it surpasses history, nevertheless happens at a precise moment in history and leaves an indelible mark upon it. The light which dazzled the guards keeping watch over Jesus’ tomb has traversed time and space. It is a different kind of light, a divine light, that has rent asunder the darkness of death and has brought to the world the splendour of God, the splendour of Truth and Goodness.

Just as the sun’s rays in springtime cause the buds on the branches of the trees to sprout and open up, so the radiance that streams forth from Christ’s resurrection gives strength and meaning to every human hope, to every expectation, wish and plan. Hence the entire cosmos is rejoicing today, caught up in the springtime of humanity, which gives voice to creation’s silent hymn of praise. The Easter Alleluia, resounding in the Church as she makes her pilgrim way through the world, expresses the silent exultation of the universe and above all the longing of every human soul that is sincerely open to God, giving thanks to him for his infinite goodness, beauty and truth.

"In your resurrection, O Christ, let heaven and earth rejoice." To this summons to praise, which arises today from the heart of the Church, the "heavens" respond fully: the hosts of angels, saints and blessed souls join with one voice in our exultant song. In heaven all is peace and gladness. But alas, it is not so on earth! Here, in this world of ours, the Easter alleluia still contrasts with the cries and laments that arise from so many painful situations: deprivation, hunger, disease, war, violence. Yet it was for this that Christ died and rose again! He died on account of sin, including ours today, he rose for the redemption of history, including our own. So my message today is intended for everyone, and, as a prophetic proclamation, it is intended especially for peoples and communities who are undergoing a time of suffering, that the Risen Christ may open up for them the path of freedom, justice and peace.

May the Land which was the first to be flooded by the light of the Risen One rejoice. May the splendour of Christ reach the peoples of the Middle East, so that the light of peace and of human dignity may overcome the darkness of division, hate and violence. In the current conflict in Libya, may diplomacy and dialogue take the place of arms and may those who suffer as a result of the conflict be given access to humanitarian aid. In the countries of northern Africa and the Middle East, may all citizens, especially young people, work to promote the common good and to build a society where poverty is defeated and every political choice is inspired by respect for the human person.

May help come from all sides to those fleeing conflict and to refugees from various African countries who have been obliged to leave all that is dear to them; may people of good will open their hearts to welcome them, so that the pressing needs of so many brothers and sisters will be met with a concerted response in a spirit of solidarity; and may our words of comfort and appreciation reach all those who make such generous efforts and offer an exemplary witness in this regard.

May peaceful coexistence be restored among the peoples of Ivory Coast, where there is an urgent need to tread the path of reconciliation and pardon, in order to heal the deep wounds caused by the recent violence. May Japan find consolation and hope as it faces the dramatic consequences of the recent earthquake, along with other countries that in recent months have been tested by natural disasters which have sown pain and anguish.

May heaven and earth rejoice at the witness of those who suffer opposition and even persecution for their faith in Jesus Christ. May the proclamation of his victorious resurrection deepen their courage and trust.

Dear brothers and sisters! The risen Christ is journeying ahead of us towards the new heavens and the new earth (cf. Rev 21:1), in which we shall all finally live as one family, as sons of the same Father. He is with us until the end of time. Let us walk behind him, in this wounded world, singing Alleluia. In our hearts there is joy and sorrow, on our faces there are smiles and tears. Such is our earthly reality. But Christ is risen, he is alive and he walks with us. For this reason we sing and we walk, faithfully carrying out our task in this world with our gaze fixed on heaven.

Happy Easter to all of you!