Missionnaires d'Afrique
Spiritualité
Odilo Cougil Gil M.Afr.


À la racine de notre spiritualité

C’est en fixant le regard sur notre fondateur que nous pouvons repérer les lignes maîtresses de notre spiritualité missionnaire. Il nous faut tout d’abord découvrir le point fort de sa vie, ce qui l’anime dans son contact avec le Christ et dans ses rencontres avec les hommes. Essayons d’approfondir ce qui rend son cœur si plein du désir du Christ et si désireux d’aider les peuples d’Afrique, ceux du monde musulman et ceux de l’Afrique noire, afin de mieux nous engager dans le travail de la mission.


Voir explication de cette fresque de 1924

Lavigerie veut que tous ses missionnaires soient de saints, des apôtres. Dans les premières constitutions il écrit : « La fin de l’Institut est de procurer la gloire de Dieu, d’abord par la sanctification personnelle de ses membres et ensuite par les travaux de la vie apostolique et par toutes les œuvres de zèle et de la charité qui ont pour objet le salut des indigènes de l’Afrique ». Pour le cardinal Lavigerie, la sainteté personnelle est à la base de la mission. Deux notes la caractérisent : l’esprit de foi et le zèle (l’engagement) apostolique.

I. L’esprit de foi
La foi de Lavigerie
Il n’est pas facile de séparer chez Lavigerie un aspect de sa vie des autres. En lui tout ne fait qu’un. Sa foi ne fait pas exception. Homme dynamique et plein de projets, animé d’un zèle infatigable, il n’abandonne pourtant jamais le temps réservé à la prière, à la méditation, à la lecture de la bible (et de l’histoire) et à ses dévotions personnelles.

Sa vie durant, sa foi lui permet de lire les événements et de discerner la volonté de Dieu. « Je n’enlève rien au mérite des hommes et à la valeur de leurs efforts, en vous rappelant que c’est Dieu qui veille au salut des sociétés, et en vous disant que sa main miséricordieuse s’est étendue sur nous cette année » (Lettres Pastorales, 20-11-1871, p. 2-3).

Les causes secondes l’aident à découvrir l’intervention de Dieu dans tout ce qu’il entreprend en faveur des autres. Ainsi quand le gouvernement français lui offre la garde du sanctuaire Sainte-Anne à Jérusalem, il dit : « Refuser une telle faveur lorsque la Providence toute seule semblait directement l’offrir sans qu’aucune démarche humaine ait été faite, sans qu’aucun motif humain poussât à l’accepter ce serait un manque de foi » (La vie intérieure du Cardinal Lavigerie, Jean Perraudin, p. 6). L’exploration et les découvertes de l’intérieur de l’Afrique, qu’il suit avec tant d’intérêt, sont aussi pour lui des signes de Dieu : « Les Missions de l’Afrique Équatoriale sont nées du mouvement providentiel qui dirige, depuis le commencement de ce siècle, vers le continent africain, les efforts du monde civilisé » (Œuvres Choisies t. II, p. 20). Il y voit, en effet, l’action de Dieu qui se réalise et qui prolonge sa volonté de servir l’humanité. À cette invitation, Lavigerie répond avec courage et décision.

La foi de Lavigerie est une foi qui se fait contemplative. Actif comme il est, on penserait que la contemplation n’est pas son affaire. Bien au contraire ! Sa foi l’élève à la rencontre de son Dieu et lui fait découvrir le sens de son œuvre. L’immensité du désert le ravit : « L’air y est plus vif, le ciel plus pur, le soleil plus ardent, la terre plus vigoureuse. Tout y est diaphane. Il semble que l’on s’élève plus facilement jusqu’à l’auteur de toutes choses » (Lettres Pastorales 8-2-1891, p. 4). Nous pouvons aisément comprendre pourquoi il écrit : « Aimez-les (les Africains) comme une mère aime ses fils… J’ai tout aimé dans notre Afrique : son passé, son avenir, ses montagnes, son ciel pur, son soleil, les grandes lignes de ses déserts, les flots d’azur qui la baignent. » (Instructions aux Missionnaires, p. 210).

La foi de Lavigerie est inséparable des sacrements. Les souvenirs de son baptême, de sa première communion, de sa confirmation et de son ordination sacerdotale sont pour lui des occasions privilégiées de raffermir sa foi : « J’aurais voulu les transporter (les fonts baptismaux) en Afrique et les placer dans l’église même où sera ma tombe, afin de dormir mon dernier sommeil auprès d’eux. Où puis-je mieux placer mon espérance que dans la régénération que j’y ai reçue et dans la miséricorde de Celui qui m’a lavé dans son sang, pendant que son ministre me lavait dans l’eau sainte ? » (Mgr Baunard, Le Cardinal Lavigerie, tome I, p. 3). Il a des sentiments semblables à propos des autres sacrements. Le chanoine Payan d’Augery écrit : « Il recourait à l’huile sainte à cause de sa foi ardente, et nous, ses amis, nous croyons qu’il a obtenu des miracles de guérison » (Perraudin, p. 9). C’est dans la foi qu’il vit ses dévotions, spécialement celle qu’il professait à la Sainte Vierge et à saint Joseph, mais aussi son dévouement au pape et à l’Église.

Lavigerie sait recourir aux moyens qui peuvent mieux l’aider à maintenir un tel esprit de foi. Par-dessus tout il y a la Parole de Dieu. En effet, il n’omet jamais la lecture de la bible et l’étude de l’histoire de l’Église, surtout celle de l’Afrique du Nord. Ses lettres pastorales sont pleines de citations de la bible et de la tradition, surtout nord-africaine.

Il a une foi éclairée. Il maintient un rythme suivi de lecture et de formation dans les domaines de la théologie, de l’histoire et des autres matières touchant à sa mission de prêtre et de pasteur.

La foi qu’il demande à ses missionnaires
Comme pour lui-même, Lavigerie demande sans cesse à ses missionnaires un profond esprit de foi et une ascèse véritable, vertus indispensables à la mission. Les Instructions aux Missionnaires sont parsemées de nombreux appels directs à l’esprit de foi. Son insistance constante à « être des apôtres, seulement des apôtres », jamais des robinsons trouve sa base et son explication dans ce besoin d’esprit de foi qui doit animer le missionnaire.

Lavigerie écrit rarement les conférences ou les conseils qu’il donne oralement aux confrères. Nous trouvons cependant quelques notes, lors de la retraite de 1876, où il parle à plusieurs reprises de l’esprit de foi : « l’esprit de foi et la charité », « l’esprit de foi et l’obéissance ». Mais ce sont surtout ses nombreuses lettres et ses Instructions aux Missionnaires qui sont pleines d’appels à l’esprit de foi et au don de soi comme seuls moyens pour rester fidèle à la mission reçue.

En mars 1878, il insiste auprès des missionnaires de l’Afrique équatoriale : « L’esprit de foi est nécessaire, seul il vous fera triompher ». Il est con­tre tout laisser-aller. Il a peur que « les vues naturelles prédominent au détriment des vues de la foi » (I.M. p. 66). Il affirme clairement que « pour une si grande œuvre, il faut soi-même avoir assez de foi surnaturelle pour compter sur l’intervention directe de Dieu et oser lui demander des miracles. De la foi, beaucoup de foi, c’est tout ce qu’il vous faut pour les obtenir. Soignez vos malades avec foi, parlez-leur avec l’autorité de la foi » (I.M. p. 69). En 1879, il écrit aux mêmes missionnaires : « Les missionnaires doivent faire appel à leurs sentiments de foi, de confiance en Dieu » (I.M. 91) et au P. Deniaud : « Réveillez vigoureusement l’esprit de foi et de piété qui paraît s’être endormi dans vos âmes » (I.M. p. 121). Et en 1880, il écrit au P. Livinhac et aux missionnaires : « Si vous aviez le malheur de perdre l’esprit de foi, si vous vous laissiez aller à ne plus agir que comme des explorateurs ou des voyageurs ordinaires, vous vous perdriez certainement » (I.M. 138).

II. L’engagement

Développer l’esprit de rencontre
Le cœur de Lavigerie est rempli du Christ. Il médite longuement les nombreuses rencontres de Jésus avec les gens de son temps ; il contemple comment Jésus comprend les personnes et combien il les aime. C’est pour cela qu’il est venu (Lc 4, 16-18 ; Mt 11, 4-6). Jésus va vers les gens qui vivent en marge de la société : les pauvres, les pêcheurs, les publicains, les rituellement impurs, les lépreux, les intouchables… Lavigerie comprend que, pour Jésus, ce qui touchait le pauvre le touche personnellement, le blesse. Jésus est prêt à souffrir et à mourir pour eux : « Ce que vous avez fait à l’un de ces petits, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25, 40-ss).

Humaniser les rencontres
Dans sa vie, Lavigerie adopte cette même attitude de Jésus. Il privilégie ce qu’il appelle « la vocation supérieure : l’humanité ». C’est pourquoi il peut dire : « Je suis un homme, et rien de ce qui touche l’homme ne m’est étranger. Je suis homme, l’injustice envers d’autres hommes révolte mon cœur. Je suis homme, l’oppression indigne ma nature. Je suis homme, les cruautés contre un si grand nombre de mes semblables ne m’inspirent que de l’horreur » (conférence à l’église du Gesù, à Rome).

Il rencontre des orphelins abandonnés et affamés, et il crée des orphelinats. Il voit combien l’Afrique est isolée et exploitée. Il fonde deux instituts missionnaires pour aider l’Afrique à se libérer et à se mettre debout. Il voit des esclaves dans leur état inhumain et dégradant, et, malgré son âge et l’état précaire de sa santé, il se lance avec enthousiasme dans une campagne antiesclavagiste contre « cette plaie hideuse ». Il parcourt toute l’Europe pour réveiller les consciences : « Nous avons commencé, cette année même, avec des proportions nouvelles, l’œuvre immense, capitale, que la Providence nous indiquait, celle de la transformation de l’intérieur de l’Afrique et de la destruction du plus épouvantable de ses fléaux : l’esclavage… À moins d’être en Afrique et de se trouver en contact avec les esclaves, il est impossible de se faire une exacte idée des crimes, des cruautés, des infamies de tout genre qu’entraînent l’esclavage et le commerce auquel il donne lieu. Je parle de ce qui se fait en ce moment où j’écris ces lignes, de ce que j’ai vu de mes yeux ou entendu de la bouche même des tristes victimes, et nullement, comme on pourrait le croire, de faits du passé ».

En regardant Lavigerie agir et en l’entendant parler, nous devinons un cœur plein d’humanité à l’exemple du Christ, désireux d’être du côté des pauvres et des exploités. Son action pour les pauvres s’enracine dans un cœur plein de bonté, qui, s’appuyant sur le Christ, vient à leur secours. C’est de ce cœur voué à tout ce qui est humain et chrétien que Lavigerie développe les autres points forts de la spiritualité qu’il nous a léguée : la foi profonde et engagée, la miséricorde toujours à l’œuvre, le souci d’être de bons pasteurs, le dévouement plus qu’ordinaire, le zèle apostolique, l’esprit de corps, etc.

Missionnaires d’Afrique
En tant que Missionnaires d’Afrique, nous sommes les héritiers de cette vocation et cet esprit. De nos jours, il y a encore des orphelins abandonnés et affamés, des orphelins à cause du sida et de la guerre. En beaucoup de pays règne l’exploitation économique, sociale et humaine. C’est à notre tour de répéter avec Lavigerie : « Je suis un homme, et rien de ce qui touche l’homme ne m’est étranger. Je suis homme, l’injustice envers d’autres hommes révolte mon cœur. Je suis homme, l’oppression indigne ma nature. Je suis homme, les cruautés contre un si grand nombre de mes semblables ne m’inspirent que de l’horreur. » Et d’un cœur uni à celui du Christ et animés comme lui par l’amour des gens, c’est à nous aujourd’hui de nous engager dans ces nouvelles tâches : action contre la vente d’armes, contre les esclavages modernes du travail des enfants ou de la prostitution ; action contre l’exploitation économique et contre la spoliation des matières premières en Afrique ; action en faveur des antirétroviraux ; action dans bien d’autres tâches que notre humanité et notre imagination apostolique nous aideront à discerner.

Mais par-dessus tout, ce dont nous avons besoin c’est d’un cœur spirituel, un cœur plein de l’Esprit de Dieu, caractérisé par une humanité débordante d’amour pour Jésus et pour les peuples d’Afrique.

Odilo Cougil Gil

 

Tiré du Petit Echo N° 992 2008/6

 


 

Missionaries of Africa
Spirituality
Odilo Cougil Gil M.Afr.


At the root
of our spirituality


We can spot the leading ideas of our missionary spirituality by focusing our attention on our Founder. We firstly have to discover his life’s strong point, energising him in his contact with Christ and people. Let us try to delve into whatever made his heart so full with a desire for Christ and so eager to help the peoples of Africa, both in the Muslim context and in equatorial Africa, so we can become more involved in the work of Mission.


See explanation of this fresco of 1924

Lavigerie wanted his missionaries to be saints, apostles. In the first Constitutions, he writes, ‘The aim of the Institute is to obtain the glory of God, firstly by the personal sanctification of its members and then by all the tasks of apostolic life and by all the works of zeal and charity that have as their objective the salvation of the inhabitants of Africa.’ For Cardinal Lavigerie, personal sanctity is at the basis of mission. Two keynotes characterise it: a spirit of faith and apostolic zeal (commitment).

I. The spirit of faith

The faith of Lavigerie
It is not easy to separate one aspect of Lavigerie’s life from the others. In him, everything forms a single unit. His faith is no exception. He was a dynamo and full of plans, driven by untiring zeal, but he never forsook time set aside for prayer, meditation, Bible reading (and history) as well as his personal devotions. Throughout his life, his faith enabled him to interpret events and discern the will of God. ‘I take nothing away from human merit and the value of human striving in reminding you that God watches over the well-being of societies and in telling you that his merciful hand has been extended over us this year.’ (Lettres Pastorales 20-11-1871, p. 2-3).

Secondary causes helped him to discover God’s intervention in everything he undertook in favour of others. Thus, when the French Government offered him custody of the shrine of St Anne’s at Jerusalem, he said, ‘Refusing such a favour when Providence itself seems to be offering it directly, whereas no human factor was involved in it, with no human motive to compel its acceptance would be lacking in faith.’ (Entretiens sur la vie intérieure du Cardinal Lavigerie, Jean Perraudin, Rome, 1958, p. 6). The exploration and discovery of the African hinterland that he pursued with such keen interest were also signs of God for him. ‘The Missions of Equatorial Africa arose from the movement of Providence, which since the beginning of this century directs the drive of the civilised world towards the African continent.’ (Œuvres Choisies t. II, p. 20). Indeed, he sees the work of God being achieved and continuing his desire to serve humanity. Lavigerie responded to this invitation with courage and determination.

Lavigerie’s faith was contemplative. As a man of action, we would suppose that contemplation was not familiar to him. Quite the contrary! His faith elevated him to meeting with his God and enabled him to discover the meaning of his work. The immensity of the desert delighted him. ‘The air is more bracing there, the sky more pure, the sun more ablaze, the earth more fertile. Everything is so translucent. It seems that one is more easily uplifted to the author of all things.’ (Lettres Pastorales 8-2-1891, p.4). We can easily understand why he wrote, ‘Love them, (Africans) like a mother her children… I have loved everything about our Africa, its past, its future, its mountains, its pure sky, its sunshine, the strong lines of its deserts, the azure tides that bathe its shores.’ (Instructions aux Missionnaires, 210).

Lavigerie’s faith is inseparable from the Sacraments. Memories of his Baptism, First Communion, Confirmation and priestly Ordination are quality opportunities for him to reaffirm his faith. ‘I would have liked to transport it (his baptismal font) to Africa and place it in the same church where my tomb will be so that I may sleep my last sleep beside it. In what better place can I put my hope than in the regeneration I received and in the mercy of the One who washed me in his blood, while his minister bathed me in holy water?’ (Le Cardinal Lavigerie, Mgr Baunard, Paris, 1896, p. 1-3). There are similar feelings concerning the other Sacraments. Canon Payan d’Augery wrote, ‘He had recourse to Holy Oil because of his ardent faith and we, his friends, believed he received miracles of healing.’ (Quoted by Perraudin, p. 9). He carried out his pious exercises in faith, particularly those he had towards the Virgin Mary and St Joseph, but also in his devotion to the Pope and the Church.

Lavigerie knows how to have recourse to the means that can best help him to maintain such a spirit of faith. Above all there is the Word of God. In fact, he never omits Bible reading and the study of Church history, especially the history of North Africa. His pastoral letters are full of Biblical quotations and tradition, particularly North African. It is an enlightened faith. He maintained a measured pace in reading and instruction in the areas of theology, history and other subjects touching on his mission of priest and pastor.

The faith he requires of his missionaries.
Just as from himself, Lavigerie ceaselessly exacts a deep spirit of faith and genuine self-denial from his missionaries, as these are indispensable virtues for mission. His Instructions to Missionaries (Instructions aux Missionnaires) are interspersed with frequent direct appeals to a spirit of faith. His constant insistence to ‘be apostles and nothing but apostles’, never Robinson Crusoe types, finds its basis and explanation in this need for a spirit of faith that should inhabit the missionary.

Lavigerie rarely wrote out talks and counsels he addressed by word of mouth to confreres. Nevertheless, we find some notes, during an 1876 retreat, in which he speaks on several occasions of the spirit of faith: ‘the spirit of faith and charity’; ‘the spirit of faith and obedience.’ However, it is above all his many letters and Instructions to Missionaries that are full of appeals to the spirit of faith and the gift of self as the sole means to remain faithful to the mission received. In March 1878, he appealed to his missionaries in Equatorial Africa: ‘The spirit of faith is necessary; it alone can bring you success.’ He opposed any sloppiness. He feared ‘natural vision will predominate to the detriment of the vision of faith.’ (Instructions aux Missionnaires, p. 66). He clearly asserted that ‘for such a great task, one must have enough supernatural faith to count on the direct intervention of God and be bold enough to ask for miracles. Faith, lots of faith, is all you need to obtain them. Treat your sick with faith, speak to them with the authority of faith.’ (I.M., p. 69). In 1879, he wrote to those same missionaries, ‘Missionaries must appeal to their sentiments of faith and confidence in God.’ (I .M. p. 91). To Fr. Deniaud, he writes, ‘Give a rude awakening to the spirit of faith and piety that seems to have fallen asleep in your souls.’ (I. M., p.121). In 1880, he wrote to Fr Livinhac and to the missionaries, ‘If you have the misfortune to lose the spirit of faith, if you allow yourselves to slip into acting just like explorers or ordinary travellers, you will surely perish.’ (I. M., p. 138).

II. Commitment

Develop a spirit of encounter
The heart of Lavigerie was filled with Christ. He meditated at length on the many occasions Jesus met with the people of his time; he considered thoughtfully how Jesus understood people and how much he loved them. That is why he came: (Luke 4: 16-18; Matt 11: 4-6). Jesus went towards the people who lived on the edge of society: the poor, sinners, tax-collectors, the ritually impure, lepers, untouchables. Lavigerie understood that for Jesus, whatever affected the poor affected him personally and it hurt him. Jesus was ready to suffer and die for them: ‘In so far as you did this to one of the least of these brothers of mine, you did it to me’ (Matt 25: 40ff.)

Humanising the encounters
Lavigerie adopted the same attitude as Jesus. He prioritised what he called, ‘the higher vocation, humanity.’ He could therefore say, ‘I am a human being and I am no stranger to anything affecting humanity. I am a human being and injustice towards other people makes me heartsick. I am a human being and oppression offends my nature. I am a human being and cruelty towards such a great number of my fellow human beings inspires me with nothing but horror.’ (Speech at the church of the Gesù, Rome).

He came across abandoned and starving orphans and he opened orphanages. He see how much Africa is isolated and exploited. He founded two missionary institutes to help Africa to free itself and stand erect. He sees slaves in their inhuman and degrading state. In spite of his age and fragile health, he launched enthusiastically into an antislavery campaign against ‘this hideous sore.’ He covered the whole of Europe to stir consciences. ‘This year alone we have begun, in new proportions, the immense task, a paramount issue, that Providence pointed out to us, namely, the transformation of the African hinterland and the abolition of slavery, its most appalling scourge. Without having been to Africa and in contact with slaves, it is impossible to have any precise idea of the crimes, the cruelty and the infamy of every kind to which slavery and the trade associated with it leads. I am speaking of what is happening here and now as I write these lines, of what I have seen with my own eyes and heard from the very lips of these poor victims, and not in any way, as could be believed, from events of history.’

Looking at Lavigerie act and hearing him speak, we can detect a heart full of humanity after the example of Christ, desirous of being on the side of the poor and exploited. His activities on behalf of the poor is rooted in a heart full of goodness, which, relying on Christ, comes to their help. From his heart dedicated to all that is human and Christian, Lavigerie developed other strong points of spirituality that he bequeathed to us. These are a deep committed faith, unfailing mercy in act, concern to be good pastors, a more than ordinary dedication, apostolic zeal, esprit de corps, etc.

Missionaries of Africa

As Missionaries of Africa, we are heirs of this vocation and its spirit. In our day, there are still abandoned and starving orphans, orphans caused by AIDS and war. In may countries, economic, social and human exploitation prevail. It is our turn to say with Lavigerie, ‘I am a human being and I am no stranger to anything affecting humanity...’ With hearts united to Christ and inspired as he was by love of people, it is up to us today to commit to these new tasks: action against the sale of arms, against modern forms of slavery, such as child labour and prostitution; action against economic exploitation and the plundering of raw materials from Africa; action in favour of anti-retroviral drugs; action concerning many other tasks that our humanity and apostolic imagination will help us to discern.

However, above all else, what we need is a spiritual heart, a heart full of the Spirit of God, characterised by a humanity overflowing with love for Jesus and the people of Africa.

Odilo Cougil Gil

From Petit Echo n°992 2008/6