Missionnaires d'Afrique
Spiritualité

Richard Dandenault M.Afr.

Récollection
Pour le Mois de Novembre dans la ligne des Actes Capitulaire.


Texte suggéré pour Novembre 2010

le semeur

Matthieu 13,,,

Le premier texte du Chapitre apparaissant dans les Actes Capitulaires : " Notre vision commune : un esprit missionnaire apostolique "' proposait une démarche de foi pour accueillir aujourd'hui les grands points de l'héritage missionnaire du Cardinal Lavigerie, dans la mission de l'Église, Peuple de Dieu. La parabole des talents apportait un éclairage évangélique sur l'attitude du serviteur appelé à être crédible dans l'utilisation des talents reçus. C'était l'objet de la récollection d'octobre en fonction de la FOI. Qu'en est-il de l'ESPÉRANCE ?

Les deux DOCUMENTS suivants du Chapitre ( JPIC et rencontre et Dialogue, Notre mission hors d'Afrique) placés dans l'espérance de l'Église.

1. Un texte inspirant du Cardinal Walter Kasper (célébration du centenaire du premier concile du Vatican, 12 novembre 1969)
''En dépassant le triomphalisme, Vatican II touche aussi à la façon de comprendre la vérité dans l'Église en appelant une interprétation plus profonde de la notion d'infaillibilité si mal comprise. Plus qu'aucune autre, cette idée relève du passé de Vatican I, lequel n'est pas dépassé. Si on la comprend bien, elle signifie la confiance croyante que, par l'Esprit du Christ, l'Église demeure dans la vérité évangélique en dépit d'erreurs sur certains points. Il faut donc comprendre l'infaillibilité de façon dynamique, et non pas statique : l'Église poursuit le combat eschatologique contre les forces de l'erreur et du mensonge, avec la conviction que la vérité ne sera jamais perdue et finira par s'imposer. Du fait de cette conviction, elle peut justement voir dans sa bataille en faveur de la connaissance de la vérité un signe d'ESPOIR pour la société humaine. Par son exemple, elle peut témoigner qu'il n'est jamais absurde, mais qu'il est toujours nécessaire de continuer à chercher et à progresser dans la certitude que la vérité se maintiendra. Le chemin que l'Église a poursuivi de Vatican I à Vatican II n'est-il pas une preuve de cette ESPÉRANCE ?''
(cité par Hans Küng dans Mémoires II, une vérité contestée, Novalis, Cerf, p. 215)

2. Texte inédit du Chapitre 2010, qui devait être proposé à l'ensemble des membres pour être discuté et amalgamé dans le texte sur ''notre vision commune, un esprit missionnaire apostolique'', mais qui n'a pas été retenu par le comité de rédaction, (faute de temps .. ??). Un texte qui éclaire notre ESPÉRANCE.

'' Notre vision de la mission est, à juste titre, avant tout la vision de la mission de Dieu. Ensuite toutefois Sa mission devient notre mission, et cela n'est pas sans risques. Notre idéal peut devenir pour nous, non pas un défi, mais une richesse qui peut nous faire oublier notre pauvreté foncière.

La vision ressemble à un plan de vol d'une fusée interplanétaire où tout est, en principe, prévu. Mais aucun projet scientifique, en fait aucun projet humain, n'est sans risque. C'est pourquoi tout projet humain sérieux a une bonne marge d'erreur, (à plus forte raison notre projet missionnaire).

Notre mission est un DON de Dieu, mais en même temps une entreprise humaine, et il faut le savoir. Il ne faut, cependant, jamais oublier que nous avons en réserve une valeur ajoutée hors pair : la certitude que notre mission reste la mission de Dieu qui est capable ''d'écrire sur des lignes courbes''. Une fois que Pierre eût dit ''Seigneur, tu sais tout : tu sais que je t'aime'', Jésus lui dit : ''Suis-moi'' (Jean 21, 17-19).

3. La Parole de Dieu : Les grandes paraboles du Semeur, de l'Ivraie et le Filet et les Poissons. (Matt. 13)
Le Semeur : (Matt. 13, 3-9; 18-24) : c'est la division des terrains : les bonnes et les mauvaises terres : fécondité / stérilité. La semence est bonne, même si le terrain est ou n'est pas prêt à la recevoir. Le Royaume est dans le geste du Semeur. Il est dans l'espérance.

L'Ivraie : (Matt. 13, 24-31) : c'est la semence qui est bonne ou mauvaise. Le Royaume est cerné par la mal. Il n'y a pas d'Église de purs. Il y a mélange de bien et de mal, et c'est là même que s'affirmera le Royaume.
Le filet, les poissons : (Matt. 13, 47-51) : il y a dualité encore : des bons et des mauvais poissons dans le même filet. Le thème de la division à la fin des temps invite à prendre une décision pour le moment, sans nous effrayer du mélange des bons et des mauvais.

Message des paraboles et réflexions :
1- Le Royaume est une réalité contrastée, contestée dont les résultats sont ambivalents. Celui qui attend un résultat triomphant, homogène, se trompe. Les Paraboles enlèvent toute illusion de fausse attente du Royaume. Dieu ne détruit pas le mal. Le Royaume est l'acceptation de cette ombre mystérieuse qu'est le péché, la résistance, l'indifférence, l'erreur, les replis sur soi.

2- En revanche, le Royaume, en entrant dans le mystère du mal, est une réalité irrésistible. Qui croit à cette victoire, est déjà dans le Royaume. Les fruits sont extraordinaires : 100, 60, 30 pour 1. Jésus sait tirer le bien du mal, c'est le mystère de la Passion. Pourquoi le sens des paraboles n'est-il accessible qu'à ceux qui se DÉCIDENT pour le Royaume ? ''Voir sans voir, entendre sans entendre''. Parce que personne n'est prêt à accepter ''l'HUMILITÉ DU ROYAUME, la faiblesse de Jésus face au mal. Le Dieu humilié et perdant brûle nos désirs repliés et nous permet d'accueillir le Royaume. L'Abbé Pierre parle de trois certitudes ; ''Malgré tout, l'Amour est éternel; malgré tout, nous sommes aimés; malgré tout, nous sommes libres'' (Testament).

3- ''Être témoin du Royaume'' : expression qui revient assez souvent dans nos textes capitulaires. La règle ici semble être la suivante : DONNER SA VIE POUR LE SEIGNEUR. C'est alors seulement qu'on reçoit le don de comprendre le Royaume dans ce qu'il est et dans ce qu'il n'est pas, à commencer par ce que l'on est soi-même et de que l'on devient. C'est alors que le vrai jugement sur le Royaume part du don que je fais de ma personne = faire la volonté de Dieu et mettre en pratique sa Parole.

Notes tirées du cardinal Martini : '' Que devons-nous faire? Méditations pastorales sur l'Évangile de Matthieu''.


 


 

Missionaries of Africa
Spirituality

Richard Dandenault M.Afr.

Recollection
For November 2010 according to the orientations of the 2010 Chapter

Suggested Texts for November 2010

The sower

Matthew 13,,,

The first DOCUMENT to appear in the Capitular Acts is 'Our Common Vision: An Apostolic Missionary Spirit.' It proposes a faith-inspired approach in welcoming the major points of the missionary legacy of Cardinal Lavigerie, in the mission of the Church, the People of God, today. The parable of the talents threw a Gospel-based light on the attitude of the servant called to credibility in the use of the talents received.

The aim of the October Recollection was relative to FAITH. What can we now say about HOPE?
The two following DOCUMENTS (JPIC-Encounter and Dialogue, Our Mission Outside Africa) are situated in the hope of the Church.

1. An inspiring text from Cardinal Walter Kasper (Centenary Celebration of the First Vatican Council, 12th November 1969)

'In surmounting triumphalism, Vatican II also touches on how to understand truth in the Church by appealing to a deeper interpretation of the so badly understood notion of infallibility. More than any other, this idea arises from the past of Vatican I, which itself is not superseded. Well understood, it signifies the confident belief that by the Spirit of Christ, the Church remains in the truth of the Gospel despite errors on certain issues. Infallibility should therefore be understood in a dynamic and not static way. The Church wages eschatological combat against the forces of error and lies, with the conviction that the truth will never lose and will triumph in the end. From this conviction, it can justifiably see in its battle to foster knowledge of the truth a sign of HOPE for human society. By its example, it can bear witness that it is never absurd, but that it is always necessary to continue to seek and make progress in the certitude that truth will prevail. Does not the path the Church follows from Vatican I to Vatican II demonstrate proof of this HOPE?'
(Quoted by Hans Küng in 'Mémoires II, une vérité contestée', Novalis, Cerf, p. 215) 'Disputed Truth: Memoirs v. 2: Memoirs Volume 2' - Continuum Publishing Corporation; Reprint edition (15 Oct 2009)

2. Here is an unpublished text from the 2010 Chapter that was due to be proposed to all the members for discussion and merged into the 'Our Common Vision: An Apostolic Missionary Spirit' text. However, it was omitted by the editorial committee (lack of time?) It throws light on our HOPE.

'Our vision and mission is quite rightly and above all the vision and mission of God. Afterwards, however, his mission becomes our mission and not without risks. Our idea can become for us not a challenge but a richness that can lead us to forget our underlying poverty.

The vision resembles the flight path of an interplanetary missile where in theory everything has been planned and plotted. However, no scientific project, indeed no human project, is without risk. For this reason, any worthwhile human project has an ample margin of error (all the more so for our missionary project).

Our mission is God's GIFT, but at the same time a human undertaking and we need to take this into account. Nevertheless, we must never forget that we have in reserve an added unparalleled advantage: the certainty that our mission remains God's mission and he is capable of 'writing in crooked lines'. Once Peter said, 'Lord, you know everything, you know I love you', Jesus said to him, 'Follow me' (John 21: 17-19).

3. The Word of God: the major Parables of the Sower, the Darnel and the Dragnet. (Math. 13)
The Sower: (Mathew 13:3-9; 18-24): this is the separation of the soil: good and bad soil: productivity/sterility. The seed is good, even if the soil is not ready to receive it. The Kingdom is in the action of the Sower. He lives in hope.
The Darnel: (Mathew 13: 24-31): the seed is good or bad. The Kingdom is surrounded by evil. There is no Church of innocents. There is an intermingling of good and evil, and it is precisely there where the Kingdom will establish itself.
The Dragnet, the fish: (Mathew 13: 47-51): Once again, there is duality: good and bad fish in the same net. The theme of separation at the end of time calls for taking a prompt decision, without being repulsed by the intermingling of good and evil.

The message of the Parables and reflections:

1- The Kingdom is a contrasted and disputed reality, whose outcome is ambiguous. Whoever expects a triumphant, uniform result will be disappointed. The Parables remove any illusion of mistaken expectation from the Kingdom. God does not destroy evil. The Kingdom is the acceptance of this mysterious shadow called sin, resistance, indifference, error and withdrawal into self.

2- By contrast, by entering into the mystery of evil, the Kingdom is an irresistible reality. Whoever believes in this victory is already in the Kingdom. The fruits are extraordinary: 100, 60, 30 times over. Jesus knows how to draw good from evil: it is the mystery of the Passion. Why is the meaning of the Parables only accessible to those who DECIDE for the Kingdom? 'See without seeing, hear without hearing'. This is because no one is prepared to accept 'THE HUMILITY OF THE KINGDOM', the powerlessness of Jesus in the face of evil. A humiliated and loser God reduces our self-centred desires to ashes and enables us to receive the Kingdom. Abbé Pierre spoke of three certainties: 'In spite of everything, Love is eternal; in spite of everything, we are loved; in spite of everything, we are free.' (Spiritual Testament).

3- 'Bearing testimony to the Kingdom: this is an expression that frequently recurs in our Chapter texts. The rule here seems to be the following: 'GIVE ONE'S LIFE TO THE LORD'. Only in this way can we receive the gift of understanding the Kingdom in what it is and what it is not, beginning with who we are ourselves and what we are becoming. Only then can a true assessment of the Kingdom be made from the gift I make of myself, that is, to do the will of God and put his Word into practice.

Notes drawn from Cardinal Martini: 'Que devons-nous faire? Méditations pastorales sur l'Évangile de Matthieu'.