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CONSEIL PONTIFICAL POUR LA PROMOTION DE L'UNITÉ DES CHRÉTIENS " Semaine de Prière pour l'Unité Chrétienne " 18-25 janvier 2010.
Textes pour … De tout cela, c’est
vous qui êtes les témoins (Lc 24, 48)
Conjointement préparés
et publiés par A tous ceux qui
organisent Rechercher l'unité durant toute l'année Traditionnellement, la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens est célébrée du 18 au 25 janvier. Ces dates furent proposées en 1908 par Paul Wattson de manière à couvrir la période entre la fête de saint Pierre et celle de saint Paul. Ce choix a donc une signification symbolique. Dans l'hémisphère Sud, où le mois de janvier est une période de vacances d'été, on préfère adopter une autre date, par exemple aux environs de la Pentecôte (ce qui fut suggéré par le mouvement Foi et Constitution en 1926) qui représente aussi une autre date symbolique pour l’unité de l’Eglise. En gardant cette flexibilité à l’esprit, nous vous encourageons à considérer ces textes comme une invitation à trouver d'autres occasions, au cours de l'année, pour exprimer le degré de communion que les Eglises ont déjà atteint et pour prier ensemble en vue de parvenir à la pleine unité voulue par le Christ. Adapter les textes Ces textes sont proposés étant bien entendu que, chaque fois que cela sera possible, on essayera de les adapter aux réalités des différents lieux et pays. Ce faisant, on devra tenir compte des pratiques liturgiques et dévotionnelles locales ainsi que du contexte socio-culturel. Une telle adaptation devrait normalement être le fruit d’une collaboration œcuménique. Dans plusieurs pays, des structures œcuméniques sont déjà en place et elles permettent ce genre de collaboration. Nous espérons que la nécessité d'adapter la Semaine de prière à la réalité locale puisse encourager la création de ces mêmes structures là où elles n'existent pas encore. Utiliser les textes de la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens
Texte biblique Luc 24 1Le premier jour de la semaine, de grand matin, elles vinrent à la tombe en portant les aromates qu’elles avaient préparés. 2Elles trouvèrent la pierre roulée de devant le tombeau. 3Etant entrées, elles ne trouvèrent pas le corps du Seigneur Jésus. 4Or, comme elles en étaient déconcertées, voici que deux hommes se présentèrent à elles en vêtements éblouissants. 5Saisies de crainte, elles baissaient le visage vers la terre quand ils leur dirent : « Pourquoi cherchez-vous le vivant parmi les morts ? 6Il n’est pas ici, mais il est ressuscité. Rappelez-vous comment il vous a parlé quand il était encore en Galilée ; 7il disait : " Il faut que le Fils de l’homme soit livré aux mains des hommes pécheurs, qu’il soit crucifie et que le troisième jour il ressuscite" ». 8Alors, elles se rappelèrent ses paroles ; 9elles revinrent du tombeau et rapportèrent tout cela aux Onze et à tous les autres. 10C’étaient Marie de Magdalena et Jeanne et Marie de Jacques ; leurs autres compagnes le disaient aussi aux apôtres. 11Aux yeux de ceux-ci ces paroles semblèrent un délire et ils ne croyaient pas ces femmes. 12Pierre cependant partit et courut au tombeau ; en se penchant, il ne vit que les bandelettes, et il s’en alla de son côté en s’étonnant de ce qui était arrivé. 13Et voici que, ce même jour, deux d’entre eux se rendaient à un village du non d’Emmaüs, à deux heures de marche de Jérusalem. 14Ils parlaient entre eux de tous ces événements. 15Or, comme ils parlaient et discutaient ensemble, Jésus lui-même les rejoignit et fit route avec eux ; 16mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître. 17Il leur dit : « Quels sont ces propos que vous échangez en marchant ? » Alors ils s’arrêtèrent, l’air sombre. 18L’un d’eux nomme Cléopas, lui répondit : « Tu es bien le seul à séjourner à Jérusalem qui n’ait pas appris ce qui s’y est passé ces jours-ci ! 19– Quoi donc ? » leur dit-il. Ils lui répondirent : « Ce qui concerne Jésus de Nazareth, qui fut un prophète puissant en action et en parole devant Dieu et devant tout le peuple : 20Comment nos grands prêtres et nos chefs l’ont livré pour être condamné a mort et l’ont crucifié ; 21et nous, nous espérions qu’il était celui qui allait délivrer Israël. Mais, en plus de tout cela, voici le troisième jour que ces faits se sont passés. 22Toutefois, quelques femmes qui sont des nôtres nous ont bouleversés : s’étant rendues de grand matin au tombeau 23et n’ayant pas trouvé son corps, elles sont venues dire qu’elles ont même eu la vision d’anges qui le déclarent vivant. 24Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau et ce qu’ils ont trouvé était conforme a ce que les femmes avaient dit ; mais lui, ils ne l’ont pas vu ». 25Et lui leur dit : « Esprits sans intelligence, cœurs lents a croire tout ce qu’ont déclaré les prophètes ! 26Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? » 27Et, commençant par Moïse et par tous les prophètes, il leur expliqua tous les prophètes, il leur expliqua dans toutes les Ecritures ce qui le concernait. 28Ils approchèrent du village où ils se rendaient, et lui fit mine d’aller plus loin. 29Ils le pressèrent en disant : « Reste avec nous car le soir vient et la journée déjà est avancée ». Et il entra pour rester avec eux. 30Or, quand il se fut mis à table avec eux, il prit le pain, prononça la bénédiction, le rompit et le leur donna. 31Alors leurs yeux s’ouvrirent et ils le reconnurent, puis il leur devint invisible. 32Et ils se dirent l’un a l’autre : « Notre cœur ne brûlait-il pas en nous tandis qu’il nous parlait en chemin et nous ouvrait les Ecritures » ? 33A l’instant même, ils partirent et retournèrent à Jérusalem ; ils trouvèrent réunis les Onze et leurs compagnons, 34qui leur dirent : « C’est bien vrai ! Le Seigneur est ressuscité, et il est apparu à Simon ». 35Et eux, racontèrent ce qui s’était passé sur la route et comment ils l’avaient reconnu à la fraction du pain. 36Comme ils parlaient ainsi, Jésus fut présent au milieu d’eux et il leur dit : « La paix soit avec vous ». 37Effrayés et remplis de crainte, ils pensaient voir un esprit. 38Et il leur dit : « Quel est ce trouble et pourquoi ces objections s’élèvent-elles dans vos cœurs ? 39Regardez mes mains et mes pieds : C’est bien moi. Touchez-moi, regardez ; un esprit n’a ni chair, ni os, comme vous voyez que j’en ai ». 40A ces mots, il leur montra ses mains et ses pieds. 41Comme, sous l’effet de la joie, ils restaient encore incrédules et comme ils s’étonnaient, il leur dit : « Avez-vous ici de quoi manger » ? 42Ils lui offrirent un morceau de poisson grillé ; il le prit et mangea sous leurs yeux. 44Puis il leur dit : « Voici les paroles que je vous ai adressées quand j’étais encore avec vous : il faut que s’accomplisse tout ce qui a été écrit de moi dans la Loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes ». 45Alors il leur ouvrit l’intelligence pour comprendre les Ecritures, 46et il leur dit : « C’est comme il a été écrit : le Christ souffrira et ressuscitera des morts le troisième jour, 47et on prêchera en son nom la conversion et le pardon des péchés à toutes les nations, à commencer par Jérusalem. 48C’est vous qui en êtes les témoins. 49Et moi, je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis. Pour vous, demeurez dans la ville jusqu'à ce que vous soyez, d’en haut, revêtus de puissance ». 50Puis il les emmena jusque vers Béthanie et, levant les mains, il les bénit. 51Or, comme il les bénissait, il se sépara d’eux et fut emporté au ciel. 52Eux, après s’être prosternés devant lui, retournèrent a Jérusalem pleins de joie, 53et ils étaient sans cesse dans le Temple à bénir Dieu. Traduction œcuménique de la Bible (TOB)
Au cours du siècle dernier, la réconciliation des chrétiens a pris des formes très diverses. L’œcuménisme spirituel a manifesté l’importance de la prière pour l’unité chrétienne. La recherche théologique a mobilisé beaucoup d’énergies et a permis de découvrir de nombreux accords doctrinaux. La coopération pratique des Eglises dans le champ social a suscité des initiatives fécondes. Aux côtés de ces réalisations importantes, la question de la mission a occupé une place particulière. On considère même en général que la Conférence missionnaire qui eut lieu à Edimbourg en 1910 marque les débuts du mouvement œcuménique moderne. Mission et unité Il ne va pas de soi pour tous d’associer la démarche missionnaire et le souci de l’unité des chrétiens. Et pourtant l’engagement missionnaire de l’Eglise et son engagement œcuménique ne vont-ils pas de pair ? En raison de notre baptême, nous formons déjà un seul corps et nous sommes appelés à vivre en communion. Dieu a fait de nous des frères et sœurs en Jésus Christ. N’est-ce pas le témoignage fondamental que nous sommes appelés à rendre ? Historiquement, c’est souvent pour des raisons pratiques que la question de l’unité des chrétiens s’est d’abord posée aux missionnaires. Il s’agissait parfois simplement d’éviter une concurrence inutile, alors que les besoins humains et matériels étaient immenses. On se répartissait alors les territoires à évangéliser. Parfois on cherchait à dépasser des démarches juxtaposées ou parallèles pour privilégier quelques chantiers communs. Des missionnaires issus d’Eglises différentes pouvaient par exemple conjuguer leurs efforts pour réaliser de nouvelles traductions de la Bible et cette coopération au service de la Parole de Dieu ne pouvait manquer de susciter une réflexion sur la division des chrétiens. Sans nier les rivalités entre missionnaires envoyés par différentes Eglises, il faut reconnaître que ceux qui furent aux avant-postes de la mission ont peut-être été les premiers à prendre la mesure de la tragédie que représentait la division des chrétiens. Si en Europe, on avait pu s’habituer aux séparations ecclésiales, le scandale de la désunion apparaissait de manière flagrante aux missionnaires chargés d’annoncer l’évangile auprès de populations qui, jusque là, ne connaissaient rien du Christ. Certes les ruptures ecclésiales qui avaient marqué l’histoire du christianisme n’étaient pas sans fondement théologique. Mais elles étaient aussi marquées par le contexte (historique, politique, intellectuel…) qui leur avait donné naissance. Dès lors, pouvait-on se permettre d’exporter ces divisions auprès des peuples qui découvraient le Christ ? Dans la fraîcheur des commencements, les nouvelles Eglises locales ne pouvaient manquer d’être saisies par le décalage entre le message d’amour dont elles voulaient vivre, et la séparation effective des disciples du Christ. Comment faire comprendre la réconciliation offerte en Jésus Christ si les baptisés eux-mêmes pouvaient s’ignorer ou se combattre ? Comment des groupes chrétiens vivant dans l’hostilité mutuelle auraient-ils pu – de manière crédible – prêcher un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême ? Les questionnements œcuméniques ne pouvaient donc manquer chez les participants de la Conférence d’Edimbourg en 1910. La Conférence missionnaire d’Edimbourg en 1910 C’est durant l’été 1910 que se réunirent dans la capitale écossaise les délégués officiels de sociétés missionnaires protestantes issues des différentes branches du protestantisme, et de l’anglicanisme, auxquels s’était joint un invité orthodoxe. N’ayant aucune vocation décisionnelle, la Conférence n’avait d’autre but que d’aider les missionnaires à se forger un esprit commun et à coordonner leurs entreprises. Seules étaient présentes les sociétés missionnaires qui œuvraient à la prédication de l’évangile sur de nouveaux territoires, là où le Christ n’avait jusque là pas été annoncé. On n’avait donc pas invité les sociétés qui travaillaient en Amérique latine ou au Proche Orient où étaient déjà implantées depuis longtemps l’Eglise catholique ou les Eglises d’Orient. En 1910, le paysage ecclésial en Ecosse commençait à se diversifier et l’Eglise catholique et l’Eglise épiscopalienne jouissaient à nouveau d’une place plus importante. C’est en raison de sa vitalité intellectuelle et culturelle qu’Edimbourg fut choisie comme lieu de ce rassemblement. La renommée de ses théologiens et de ses responsables d’Eglises avait également favorisé ce choix. Par ailleurs, les Eglises protestantes écossaises étaient particulièrement actives dans la mission, et elles étaient réputées pour l’attention portée aux cultures locales. Les Eglises chrétiennes en Ecosse aujourd’hui Pour faire mémoire de ce jalon important dans l’histoire du mouvement œcuménique, il a semblé naturel aux promoteurs de la Semaine de prière pour l’unité chrétienne – la Commission Foi et Constitution du Conseil Œcuménique des Eglises et le Conseil Pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens – de confier la préparation de cette Semaine 2010 aux Eglises chrétiennes d’Ecosse, alors qu’elles se préparent activement à célébrer l’anniversaire de la Conférence de 1910 autour du thème : « Témoigner du Christ aujourd’hui ». En écho, ces Eglises ont proposé comme thème de la Semaine de l’unité : « … de tout cela, c’est vous qui êtes les témoins » (Lc 24, 48). Le thème biblique : de tout cela, c’est vous qui êtes les témoins Les acteurs du mouvement œcuménique ont souvent médité le dernier discours de Jésus avant sa mort. Cet ultime testament souligne l’importance de l’unité des disciples du Christ pour la mission : « Que tous soient un… afin que le monde croie » (Jn 17, 21). De manière originale, les Eglises d’Ecosse ont choisi de nous faire entendre cette année le dernier discours du Christ ressuscité avant son Ascension, qui s’achève par ces mots : « Le Christ souffrira et ressuscitera des morts le troisième jour, et on prêchera en son nom la conversion et le pardon des péchés à toutes les nations, à commencer par Jérusalem. De tout cela, c’est vous qui êtes les témoins » (Lc 24, 46-48). Ce sont donc les ultimes paroles du Christ que nous méditerons. C’est même l’ensemble du chapitre 24 de l’évangile de Luc que nous sommes invités à parcourir au long de la Semaine de prière pour l’unité chrétienne 2010. Que ce soient les femmes paniquées au tombeau, les deux disciples découragés sur la route d’Emmaüs, ou encore les onze apôtres saisis par la crainte et le doute, tous ceux qui font ensemble la rencontre du Christ ressuscité sont envoyés en mission : « de tout cela, c’est vous qui êtes les témoins ». Cette mission ecclésiale confiée par le Christ, nul ne peut se l’approprier. C’est la communauté de ceux et celles qui ont été réconciliés avec Dieu et en Dieu qui peut témoigner en vérité de la puissance du salut offert en Jésus Christ. On devine que la manière de témoigner de Marie Madeleine, de Pierre ou des deux disciples d’Emmaüs ne sera pas identique. Et pourtant, c’est bien la victoire de Jésus sur la mort que tous mettront au cœur de leur témoignage. Dans ce qu’elle a d’unique pour chacun d’eux, la rencontre personnelle avec le Ressuscité a radicalement changé leur vie et une même évidence s’impose à eux : de tout cela, il nous faut être témoins. Leur récit aura des accents différents, parfois même des dissensions pourront naître entre eux sur ce que requiert la fidélité au Christ, et pourtant tous œuvreront à l’annonce de la Bonne Nouvelle. Les huit jours Au cours de la Semaine de prière pour l’unité chrétienne 2010, nous allons méditer jour après jour le chapitre 24 de l’évangile de Luc en nous arrêtant aux questions qui y sont posées : questions de Jésus à ses disciples, question des apôtres au Christ. Chacune de ces interrogations permet en effet de souligner une manière spécifique de témoigner du Ressuscité. Pour chacune d’elles, nous sommes invités à réfléchir à notre situation de divisions ecclésiales, et aux remèdes que, concrètement, nous pouvons y apporter. Témoins, nous le sommes déjà, et devons l’être toujours mieux. Comment ? - en célébrant Celui qui nous fait le don de la vie et de la résurrection (1er jour) ; - en sachant partager à d’autres l’histoire de notre foi (2e jour) ; - en prenant conscience que Dieu est à l’œuvre dans nos vies (3e jour) ; - en rendant grâce pour l’héritage de la foi reçue (4e jour) ; - en confessant le Christ vainqueur de toute souffrance (5e jour) ; - en cherchant à être toujours plus fidèles à la Parole de Dieu (6e jour) ; - en grandissant dans la foi, l’espérance et la charité (7e jour) ; - en offrant l’hospitalité, et en sachant l’accueillir quand elle nous est offerte (8e jour). Dans chacun de ces huit aspects, notre témoignage ne serait-il pas davantage fidèle à l’évangile du Christ si nous le rendions ensemble ? Edimbourg 2010 En juin 2010 sera célébré à Edimbourg le centième anniversaire de la Conférence missionnaire qui s’était déroulée dans cette ville un siècle plus tôt (www.edinburgh2010.org). Les organisateurs ont souhaité que ce rassemblement soit un temps d’action de grâces pour tous les progrès que Dieu a permis dans la mission. Ils ont également réservé une place importante à la prière pour confier au Christ le témoignage que les Eglises auront à rendre ensemble au cours du 21e siècle. Ce rassemblement devrait également permettre à ceux qui œuvrent depuis longtemps dans le champ missionnaire et aux représentants de courants plus récents de croiser leurs perspectives. Il donnera aussi l’occasion à des membres de différentes traditions ecclésiales d’échanger sur leurs pratiques missionnaires. Le monde a beaucoup changé depuis 1910 et la mission doit être réfléchie à nouveaux frais. Sécularisation et déchristianisation, nouveaux moyens de communication, relations interconfessionnelles, dialogue interreligieux … les questions à discuter seront nombreuses. Si tous s’accordent sur la nécessité pour les disciples du Christ de lui rendre témoignage, il est difficile de dégager une compréhension commune de ce que doit être aujourd’hui la mission. A l’intérieur des Eglises, les débats ne manquent pas. Ne gagneraient-ils pas à être davantage menés ensemble par toutes les Eglises ? 1910… 2010 : un même sentiment d’urgence habite le cœur des chrétiens : l’évangile n’est pas un luxe dans notre humanité blessée par les divisions ; l’évangile ne peut être annoncé par des voix discordantes. Avec le Christ, ceux que la haine habitait peuvent trouver un chemin de réconciliation. Avec le Christ, ceux que tout séparait peuvent trouver la joie de vivre en frères. … de tout cela, c’est vous qui êtes les témoins. Préparation de la Semaine de prière Le projet initial grâce auquel ce livret a pu être réalisé a été préparé par un groupe œcuménique d’Ecosse constitué par l’association « Action of Churches Together in Scotland » (ACTS) à l’invitation de la Conférence des Evêques catholiques. Nous tenons à remercier très sincèrement toutes les personnes ayant contribué à ce projet : M. Andrew Barr (Eglise épiscopale écossaise) Major Alan Dixon (Armée du Salut) Rév. Carol Ford (Eglise d’Ecosse) Rév. Willie McFadden (Eglise catholique) Rév. Lindsay Sanderson (ACTS, Eglise réformée unie) Les textes présentés dans cet opuscule ont été mis au point de manière définitive lors de la rencontre du groupe préparatoire international nommé par la Commission Foi et Constitution du Conseil œcuménique des Eglises et le Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens. Le groupe s’est réuni auprès du Scotus College, Grand séminaire d’Ecosse, à Glasgow. Nous sommes particulièrement reconnaissants au Rév. McFadden, Recteur du séminaire, aux séminaristes et à l’ensemble du personnel pour leur chaleureux accueil, la disponibilité et la prière avec laquelle ils ont accompagné notre travail. Enfin, nos remerciements vont tout spécialement au Rév. Lindsay Sanderson pour sa participation avec le Rév. McFadden aux sessions de révision du projet, les temps de prière commune et d’échange organisés avec des représentants de diverses communautés chrétiennes d’Ecosse et la préparation globale de la rencontre. Célébration œcuménique Introduction à la célébration œcuménique «… De tout cela, c’est vous qui êtes les témoins » (Lc 24, 48) Le thème de la prière pour l’unité des chrétiens en cette année 2010 est « …de tout cela, c’est vous qui êtes les témoins ». Il est tiré du chapitre 24 de l’Evangile de Luc, élément principal de la célébration. Ce thème a été choisi par les chrétiens d’Ecosse pour la célébration du centenaire de la Conférence d’Edimbourg. En 1910 les membres de l’assemblée d’Edimbourg entendaient témoigner prophétiquement que la division des chrétiens non seulement affaiblit l’efficacité missionnaire, mais la nature même de l’Eglise corps du Christ et de sa mission. En cette année 2010 les chrétiens d’Ecosse proposent aux assemblées œcuméniques de proclamer ce chapitre de Luc dans sa totalité. Ce sera donner toutes les chances à la prédication, à l’action de grâce, à l’intercession et à la célébration de notre envoi comme témoin de l’Evangile, de bien mettre en valeur la résurrection du Christ comme source de la communion ecclésiale, de l’envoi en mission, du lien fondamental entre mission et unité et, par conséquent, de l’engagement toujours à renouveler pour l’unité des chrétiens. C’est précisément cette exigence réciproque de l’évangélisation et de l’œcuménisme que ces pionniers du mouvement œcuménique au XXe siècle, soulignèrent à Edimbourg avec tant de foi, de force et de clairvoyance. Déroulement Le déroulement de la célébration est volontairement simple. Ce choix veut faciliter son adaptation aux situations locales et permettre aux chrétiens de toutes appartenances de se rassembler sans difficulté en une prière commune dans le respect de leur diversité. Il est possible de donner plus d’ampleur à telle ou telle partie. La simplicité de structure – rassemblement (I), proclamation de la Parole de Dieu (II), prière d’action de grâce liée aux intercessions (III) et envoi (IV) – , permet aussi aux assemblées attachées à des formes plus libres de culte et à la spontanéité de la prière de se l’approprier. I) Rassemblement et ouverture Chant de rassemblement. Pendant ce chant la Bible, ou le livre des évangiles, est apportée devant l’assemblée selon les traditions locales, au lutrin, à l’ambon, sur la table ou l’autel … Dans ses paroles d’accueil le président de l’assemblée souhaite la bienvenue aux communautés présentes et à leurs responsables. Il invite à rendre gloire à Dieu pour la résurrection de Jésus son Fils, à prier pour l’unité des chrétiens et à demander le don de l’Esprit Saint pour un renouveau de la mission et de l’unité chrétienne dans l’esprit de l’appel d’Edimbourg en 1910 (cf. introduction générale du thème de la prière de 2010 et passage ci-dessus). La prière d’ouverture peut aussi être choisie parmi celles de l’anthologie en annexe. II) La proclamation de Luc 24 Le Chant d’acclamation à l’Evangile. Quelques exemples au choix : hymne au Christ ressuscité, Gloria, alléluia développé, un autre chant ou une antienne psalmique à tonalité pascale ou évoquant l’envoi des témoins de la résurrection. La lecture continue est la forme recommandée de cette proclamation de Luc 24. L’assemblée se rassoit après le chant précédant l’Evangile. Plusieurs modes de proclamation se présentent : proclamation par un seul lecteur ou à plusieurs lecteurs : le narrateur, la voix du Christ, des anges, des disciples d’Emmaüs, des disciples de Jérusalem. - Au verset 34 on peut introduire ce dialogue entre le lecteur et l’assemblée : - Lecteur : « C’est bien vrai ! Le Seigneur est ressuscité et il est apparu à Simon. » - Assemblée : « C’est bien vrai ! Le Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité. Alléluia ! » - Une louange peut aussi être chantée entre les trois sections du chapitre : le message pascal reçu au tombeau (v. 1-12), l’apparition aux disciples d’Emmaüs (v. 13-35), l’apparition aux Onze (v. 36-53). D’autres expressions de la louange et de la joie pascale sont possibles, par exemple l’applaudissement après chaque apparition du ressuscité, à l’exemple de la vigile pascale chaldéenne. - Avec des enfants ou des jeunes, particulièrement, on peut avoir recours au mime ou à d’autres formes de théâtralisation. - On peut avoir recours à l’iconographie : images, vidéo, … Avant la prédication et à sa suite chant, musique et temps de silence sont à répartir. III) Les prières d’action de grâce et d’intercession Elles s’inspirent du contenu des jours de la semaine de prière. Elles invoquent le Nom du Seigneur et le célèbrent dans sa générosité et son hospitalité envers nous révélée en Jésus Christ. Elles constituent une prière de demande et de consécration à Dieu des témoins de l’Evangile qu’une seule foi et qu’un seul baptême unissent et du témoignage commun de l’Eglise espérée indivise. IV) L’envoi Une prière des chrétiens d’Ecosse est proposée comme prière d’engagement. Elle exprime notre volonté de consacrer à Dieu le présent et l’avenir tant du mouvement œcuménique que de l’évangélisation. En cette année 2010, à l’heure d’un nouvel « engagement d’Edimbourg », entendons au cœur de nos assemblées de prière l’appel plus que jamais actuel à évangéliser dans l’unité : « Que nous soyons un, afin que le monde croie » et que se renforce notre réponse à la demande du Christ d’être en communion les témoins de sa résurrection. Pour prolonger la prière ou prier en d’autres circonstances Le schéma de ce culte pourra servir à une célébration commune à l’occasion de la Fête de Pâques 2010 et les prochaines années de date commune de la Fête (4 avril 2010, 24 avril 2011, 20 avril 2014, 16 avril 2017). Plusieurs éléments peuvent être utilisés dans le cadre d’une célébration liturgique propre à une communauté. Célébration I) Rassemblement et ouverture Chant de rassemblement Dialogue d’ouverture P. « Il y a un seul
corps et un seul Esprit, de même que votre vocation vous a appelés à une
seule espérance… » Paroles d’accueil Prière d’ouverture P. Ô Christ ressuscité,
II) Célébration de la Parole de Dieu Chant d’acclamation à l’Evangile Lecture continue de l’ensemble du chapitre 24 de l’Evangile de Luc Prédication Chant Echange de la paix P. Jésus a dit à ses
apôtres : « Je vous donne la paix, je vous laisse ma paix. » Ne regarde
pas nos péchés, mais la foi de ton église. Pour que ta volonté s’accomplisse,
donne lui cette paix et conduis la vers l’unité parfaite, toi qui vis
et règnes avec le Père et le Saint Esprit, pour les siècles des siècles.
Ou P. La paix du Seigneur
soit toujours avec vous. Ou P. Le Christ est ressuscité. Symbole de Nicée-Constantinople (sans le filioque) Collecte et Chant III) Intercessions Dieu créateur et sauveur, nous te louons pour toutes nos communautés qui veulent confesser ensemble, par leurs paroles et leurs actes, leur foi au Christ ressuscité en qui nous recevons la vie nouvelle. Puissions-nous progresser dans nos engagements œcuméniques pour être plus unis dans l’action de grâce pour la Création comme dans nos actions concertées au service de la vie. Kyrie eleison (ou autre refrain) Dieu qui a manifesté ta présence dans notre histoire, nous te rendons grâce de nous avoir accompagnés et donné ton Fils pour révéler ton amour et partager ta gloire. Guide les pas de tous les témoins de l’Evangile vers l’unité parfaite dans une écoute attentive et patiente des cultures et des personnes avec leur histoire. Kyrie eleison Dieu qui ne nous abandonne jamais, nous te rendons grâce pour l’expérience du Christ ressuscité des deux disciples d’Emmaüs. Fais nous ressentir la présence du Christ cheminant avec nous, réchauffe notre cœur et éclaire notre intelligence, afin que nous soyons des témoins de ta présence agissante dans la puissance de sa résurrection. Kyrie eleison Dieu de qui vient tout don parfait, nous te rendons grâce car tu ne cesses depuis les origines de susciter de génération en génération cette nuée de témoins qui nous ont transmis la foi des apôtres (saint Ninian, saint Colomban, - chaque assemblée peut évoquer ici les évangélisateurs et les martyrs de sa région). Donne-nous d’être fidèles à cet héritage de foi et inventifs pour ouvrir ensemble les voies nouvelles de l’Evangile. Kyrie eleison Dieu de compassion, nous te rendons grâce parce que tu a réconcilié le monde par la croix de ton Fils. Fais croître en nous la foi, qu’elle soit pour nos Eglises et pour chacun et chacune notre force pour être, dans le Christ et à son exemple, toujours plus solidaires des personnes dans leur vie comme dans leur souffrance et leur mort. Kyrie eleison Dieu en qui nous mettons notre Espérance, nous te louons pour la promesse de Jésus : « Et moi, je suis avec vous pour toujours, jusqu’à la fin du monde. » Vois les doutes qui assaillent nos cœurs sur le chemin de l’unité chrétienne. A l’exemple des pionniers de l’œcuménisme de la conférence d’Edimbourg en 1910, donne-nous le courage de dénoncer ensemble nos craintes actuelles et la clairvoyance pour retrouver en cette année 2010 la confiance sur le chemin de l’accomplissement de ta volonté. Notre Père IV) Envoi Prière d’engagement P. Prions ensemble : (Liturgie inaugurale de ACTS-Action Ensemble des Eglises en Ecosse, 1990) Bénédiction finale P. « La grâce de Jésus
Christ notre Seigneur, ou P. Que le Seigneur qui
a vaincu les ténèbres par sa lumière, ou une autre bénédiction Paroles d’envoi P. Aujourd’hui le Christ
ressuscité nous proclame : « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous
envoie. » Chant d’action de grâce ou d’envoi
Textes bibliques,
méditations
Commentaire Notre marche vers l’unité des chrétiens est fermement enracinée dans notre foi commune en la résurrection de Jésus Christ ; nous célébrons non seulement la vie que Dieu nous a donnée mais aussi la vie nouvelle qu’il nous offre par la victoire une fois pour toutes de Jésus sur la mort. En nous rassemblant en cette Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, nous témoignons de notre foi commune en manifestant notre souci pour toute vie humaine. La vie est le don que Dieu nous a fait et plus nous la soutenons et la célébrons, plus nous témoignons de Celui qui, dans son amour bienveillant, nous a donné la vie. La lecture du livre de la Genèse nous rappelle la puissance et l’énergie créatrices de Dieu. C’est cette puissance et cette énergie que saint Paul découvre quand il fait l’expérience de la résurrection de Jésus. Il exhorte les habitants de Corinthe à placer toute leur confiance dans le Seigneur ressuscité et dans la vie nouvelle qu’il nous offre. Le psaume poursuit sur le même thème en proclamant la gloire de la création divine. Le passage de l’évangile de ce jour nous exhorte à rechercher la vie nouvelle face à la culture mortifère que souvent le monde nous propose. Il nous encourage à avoir confiance en la puissance de Jésus et, par là-même, à faire l’expérience de la vie et de la guérison. Aujourd’hui, nous rendons grâce à Dieu pour tout ce qui témoigne de son amour pour nous : pour l’ensemble de la création, pour nos frères et sœurs du monde entier, pour la communion dans l’amour, pour le pardon et la guérison, et pour la vie éternelle. Prière Seigneur, toi qui es notre créateur, nous te louons pour tous ceux qui témoignent de leur foi par leurs paroles et leurs actions. En vivant pleinement notre vie, nous sentons ta présence aimante dans les nombreuses expériences que tu nous donnes de connaître. Fais que nous soyons unis dans notre témoignage commun quand nous célébrons la vie, toi que nous bénissons, toi qui es l’auteur de toute vie. Questions pour la réflexion 1. Dans quelle mesure
votre propre témoignage et celui de votre Eglise célèbrent-ils la vie
? * * *
Commentaire Partager nos expériences personnelles est une manière puissante de témoigner de notre foi en Dieu. Nous écouter mutuellement avec respect et attention nous permet de rencontrer Dieu en la personne même avec laquelle nous avons cet échange. La lecture de Jérémie nous offre un témoignage marquant de l’appel de Dieu au prophète. Il doit partager ce qu’il a reçu pour qu’ainsi les hommes entendent la Parole de Dieu et fondent sur elle leur existence. Les disciples de l’Eglise primitive reçurent également cet appel à proclamer la Parole de Dieu, comme en témoigne la lecture des Actes des apôtres. Le Psaume nous invite à élever vers Dieu un chant de louange et d’action de grâce. L’Evangile de ce jour nous présente une image de Jésus éclairant notre cécité et dissipant nos déceptions. Il nous aide à situer nos expériences dans le déploiement du plan unique de Dieu. Pendant cette Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, nous écoutons d’autres chrétiens parler de leur foi afin de rencontrer Dieu de toutes les multiples manières dont il se révèle à nous. Nous sommes également conscients que notre partage avec les autres peut se faire grâce à la réalité virtuelle de la technologie. Les moyens modernes de communication peuvent nous aider à partager plus largement notre expérience, et à créer ainsi une communauté qui se révèle plus large et plus étendue que la réalité purement physique. Une écoute attentive nous fait grandir dans la foi et dans l’amour. Malgré la diversité de notre témoignage personnel et collectif, nous découvrons que nous sommes liés les uns aux autres dans une même histoire, celle de l’amour de Dieu qui nous a été révélé en Jésus Christ. Prière Seigneur de l’histoire, nous te remercions pour tous ceux qui nous ont parlé de leur foi et ont témoigné ainsi de ta présence dans leur vie. Nous te louons pour la richesse de notre vécu en tant qu’individus et en tant qu’Eglises. Dans ces récits, nous percevons le déploiement d’une seule et même histoire, celle de Jésus Christ. Donne-nous le courage et la force de parler de notre foi à ceux que nous rencontrons afin que tous connaissent le message de ta Parole. Questions pour la réflexion 1. Parlez-vous de l’Evangile
ou bien discutez-vous tout simplement de choses et d’autres ? * * *
Commentaire Grandir dans la foi est une démarche complexe. Beaucoup de personnes ont aujourd’hui une vie bien remplie et doivent faire face à de nombreuses obligations et responsabilités. Il est facile de ne pas nous apercevoir de l’amour de Dieu qui se révèle à nous dans notre vie quotidienne et dans nos différentes expériences. Si nous nous laissons solliciter de toutes parts et submerger par nos activités, nous risquons de ne pas voir ce qui en réalité est sous nos yeux. Comme les deux disciples de l’Evangile, alors que nous n’avons qu’un point de vue partiel sur la vérité, nous pensons parfois connaître la réalité et tentons d’expliquer notre vision des choses aux autres. Dans le monde d’aujourd’hui, nous sommes invités à percevoir la présence de Dieu dans tous les événements surprenants ou improbables de notre vie. La lecture de l’Ancien Testament de ce jour nous fait entendre comment Dieu appelle et invite Samuel à témoigner. Mais Samuel doit avant tout entendre sa Parole. Cela présuppose disponibilité et volonté de se mettre à l’écoute de Dieu. Avec la lecture des Actes, nous retrouvons ce désir d’écoute de la Parole de Dieu chez Philippe et l’eunuque éthiopien. Ils témoignent de leur foi en répondant à ce qui leur est demandé à ce moment précis. Ils écoutent attentivement et répondent en conséquence. Le psaume du Bon Berger reflète la confiance tranquille de celui qui a conscience de la tendre sollicitude de Dieu rassemblant son troupeau et conduisant ses brebis sur de frais herbages. Pendant cette Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, nous essayons de prendre conscience que Dieu est présent dans tous les événements et expériences du quotidien. Nous rencontrons des personnes qui nous sont familières et d’autres qui nous sont étrangères. Au cours de ces échanges, nous apprenons quelque chose de l’expérience spirituelle des autres et notre vision de la réalité de Dieu s’en trouve renouvelée. Cette conscience de la présence de Dieu nous encourage à œuvrer en faveur de l’unité des chrétiens. Prière Seigneur, toi le Bon Berger, tu viens à notre rencontre et tu nous accompagnes chaque jour de notre vie. Accorde-nous la grâce d’être conscients de tout ce que tu fais pour nous. Nous te demandons de nous aider à être ouverts à tout ce que tu nous offres et de nous rassembler en un seul troupeau. Questions pour la réflexion 1. Quand avez-vous pris
conscience de la présence de Dieu dans votre vie ? * * *
Commentaire Nous avons tous une énorme dette de gratitude envers ceux et celles dont la foi nous a donné une base pour nos vies chrétiennes aujourd’hui. Nombreux sont les hommes et les femmes qui, par leurs prières, leur témoignage et leurs célébrations, ont su transmettre la foi aux générations suivantes. En Écosse, nous avons bénéficié d’un merveilleux héritage chrétien. Il y a eu saint Ninian au IVe siècle, saint Colomban au VIe siècle, et les nombreux saints celtiques dont la foi était enracinée dans l’amour de Dieu et dans l’admiration de sa Création. La foi des Écossais doit également être vue dans le rôle très important joué dans la diffusion de la Réforme au XVIe siècle et dans la façon dont cet esprit a été solidement maintenu depuis. Les lectures de ce jour affirment l’importance du soutien de la communauté de foi pour assurer la diffusion de la Parole de Dieu. Le passage du Deutéronome nous offre la belle prière de nos frères et sœurs juifs qui louaient Dieu quotidiennement avec ces paroles. Le psaume nous propose de témoigner de notre héritage de croyants dans la louange, afin que notre foi soit manifesté dans la glorification et l’action de grâce. L’extrait des Actes révèle une communauté unie dans la foi et la charité. Le passage de l’Evangile nous présente Jésus de Nazareth comme le centre de l’héritage de notre foi. En nous unissant à nos frères et sœurs chrétiens dans la prière pour l’unité pendant cette semaine, nous accueillons la riche variété et la diversité de notre héritage chrétien. Et nous prions pour que la conscience de notre héritage commun nous unisse plus étroitement en progressant dans la foi. Prière Dieu notre Seigneur, nous te rendons grâce pour toutes les personnes et les communautés qui nous ont transmis le message de la Bonne Nouvelle et nous ont ainsi donné une base solide pour notre foi aujourd’hui. Nous prions pour que nous aussi rendions témoignage ensemble de notre foi, afin d’en encourager d’autres à te connaître et à placer leur confiance dans la vérité du salut offert en Jésus Christ pour la vie du monde. Questions pour la réflexion 1. Qui sont ceux qui
vous ont inspirés dans votre foi ? * * *
Commentaire Au cours des dernières années, deux événements survenus en Écosse ont fait que ce petit pays est devenu soudainement le centre de l’attention des médias du monde entier. L’attentat aérien au-dessus de Lockerbie et le massacre des enfants dans l’école de Dunblane ont apporté la notoriété à une nation qui se souviendra toujours de ces atroces pertes de vies humaines. Les deux événements ont causé des souffrances et des afflictions impensables à un grand nombre de personnes, et leurs conséquences ont été ressenties bien au-delà des limites physiques de ces deux localités. Des innocents ont trouvé la mort dans des circonstances effroyables. La réalité de la souffrance est quelque chose dont parle avec force le prophète Esaïe dans le passage d’aujourd’hui où il nous rappelle que Dieu ne se résigne jamais à voir l’humanité souffrante. En retour, le psaume proclame la nécessaire confiance que garde le croyant envers son Sauveur. L’Epître aux Romains proclame la certitude que l’amour est toujours le plus fort, et que la peine et la souffrance ne prévaudront jamais car avant d’offrir au monde la résurrection, le Christ est entré dans une agonie atroce et dans la sombre cavité du tombeau pour être totalement avec nous jusque dans nos pires déchéances. A la suite du Seigneur, les chrétiens en quête de la pleine unité manifestent leur solidarité envers ceux d’entre eux qui sont confrontés dans l’existence à des situations tragiques de souffrances, en confessant que l’amour est plus fort que la mort. Et que c’est de l’humiliation extrême du tombeau que la résurrection est venue comme un nouveau soleil pour l’humanité ; comme une clameur annonciatrice de vie, de pardon et d’immortalité. Prière Dieu notre Père, qui voit avec compassion nos situations de misère, de souffrances, de péché et de mort, nous te demandons le pardon, la guérison, la consolation et le soutien dans l’épreuve. Nous te rendons grâce pour ceux qui parviennent à percevoir ta lumière dans leur affliction. Que ton Esprit divin nous apprenne l’immensité de ta compassion pour nous rendre solidaires des sœurs et frères dans la peine. Et que comblés de ses bénédictions, nous puissions dans l’unité proclamer et partager avec le monde la victoire de ton Fils vivant à jamais. Questions pour la réflexion 1. Comment pouvez-vous
montrer de l’empathie envers ceux qui souffrent et qui sont dans la peine
? * * *
Commentaire Les chrétiens ont le privilège de découvrir la Parole de Dieu à travers la lecture des Saintes Ecritures et la célébration des sacrements. Par une écoute fidèle de la proclamation des Ecritures et la lecture fervente des différents livres de la Bible, ils ouvrent leur cœur et leur esprit afin d’accueillir la Parole même de Dieu. Jésus a promis à ses disciples qu’il enverrait l’Esprit-Saint pour qu’ils comprennent la Parole de Dieu et pour les guider vers la vérité tout entière. D’un point de vue historique, les chrétiens se sont divisés aussi bien au sujet de la lecture que de la compréhension de la Parole de Dieu. Ils ont plus souvent utilisé la Bible pour souligner leur désaccord que pour chercher à se réconcilier. Heureusement, grâce aux Saintes Ecritures les chrétiens se sont récemment rapprochés les uns des autres dans leur quête de l’unité. L’étude commune de la Bible est devenue pour eux un des principaux moyens de grandir ensemble dans la foi. En tant que chrétiens, le cheminement que nous célébrons durant cette Semaine de prière pour l’unité des chrétiens est fermement ancré dans notre écoute commune de la Parole de Dieu, dans notre effort pour la comprendre et la vivre ensemble. Le prophète Esaïe nous rappelle que lorsqu’elle est proclamée avec puissance, la Parole de Dieu est vraiment efficace. Elle ne revient pas vers Dieu sans résultat mais rend effectif le but pour lequel Dieu l’a envoyée. Nous retrouvons ce même message dans les paroles adressées à Timothée, quand il est invité à croire à l’efficacité des Ecritures qui sont, pour les fidèles, un instrument pour faire le bien. Le psaume loue les paroles et les prescriptions du Seigneur et l’implore de nous aider dans notre discernement afin que nous chérissions la Loi sacrée. Pendant cette Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, nous prions pour que tous les chrétiens puissent pénétrer plus profondément le mystère de la merveilleuse révélation divine telle qu’elle nous apparaît dans les Saintes Ecritures. Nous supplions l’Esprit-Saint de nous aider à mieux comprendre la Parole de Dieu et à nous orienter dans notre marche commune dans la foi, jusqu’à ce que nous soyons tous à nouveau rassemblés autour de l’unique table du Seigneur. Prière Dieu, nous te louons et te remercions pour ta Parole qui nous sauve et que les Saintes Ecritures nous offrent. Nous te remercions aussi pour les frères et les sœurs avec lesquels nous partageons ta Parole et découvrons l’abondance de ton amour. Nous prions pour que nous soit donnée la lumière de l’Esprit-Saint afin que ta Parole nous guide et oriente nos pas dans notre quête d’une plus grande unité. Questions pour la réflexion 1. Quels sont les passages
de l’Ecriture qui, pour vous, sont les plus significatifs ? * * *
Commentaire Dans leur parcours de vie et de foi, tous les chrétiens traversent des moments de doute. Quand ils n’arrivent pas à reconnaître la présence du Christ ressuscité, se retrouver entre eux peut parfois renforcer ces doutes plutôt que les atténuer. Les chrétiens sont mis au défi de continuer à croire que, même s’ils ne voient ni ne sentent la présence de Dieu, Dieu avec eux. Les vertus de la foi, de l’espérance et de la confiance leur donnent de témoigner qu’avec la foi, ils peuvent aller bien au-delà de leurs propres capacités. Le personnage de Job nous offre l’exemple de quelqu’un qui a dû affronter de dures tribulations et épreuves et qui va même jusqu’à avoir une discussion serrée avec Dieu. Malgré tout, dans la foi et l’espérance il était convaincu que Dieu demeurerait avec lui. Nous retrouvons cette confiance et cette conviction dans les actions de Pierre et Jean au cours du récit de l’infirme qui est rapporté dans les Actes. Leur foi dans le nom de Jésus leur permet de rendre un puissant témoignage devant toutes les personnes présentes. Le psaume d’aujourd’hui est une prière reflétant notre profonde aspiration à l’amour inébranlable de Dieu. Notre rencontre durant cette Semaine de prière pour l’unité des chrétiens offre à nos communautés la possibilité de grandir ensemble dans la foi, l’espérance et l’amour. Nous témoignons de l’amour inébranlable de Dieu pour tous les êtres humains et de sa fidélité envers l’Eglise une que nous sommes appelés à être. Plus nous témoignerons ensemble, plus fort sera notre message. Prière Dieu d’espérance, fais-nous découvrir le projet que tu as pour ton Eglise et fais que nous surmontions nos doutes. Renforce notre foi en ta présence afin que tous ceux qui professent leur foi en toi puissent te célébrer ensemble en esprit et en vérité. Nous prions spécialement pour tous ceux qui doutent en ce moment ou dont la vie est obscurcie par le danger ou la peur. Sois avec eux et donne-leur ta présence qui est consolation. Questions pour la réflexion 1. Comment affrontez-vous
vos propres peurs et vos propres doutes ? * * *
Commentaire Aujourd’hui, grâce aux moyens de communication électronique, nous sommes tous un peu voisins les uns des autres sur cette planète petite et surpeuplée. Comme à l’époque de Luc, nombreuses sont les personnes et les communautés qui ont dû abandonner leurs maisons, contraintes à l’errance et à trouver refuge en terre étrangère. Nos communautés ont découvert de nouvelles religions et cultures étrangères grâce à l’arrivée de fidèles des grandes religions mondiales. Pendant la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, nous reconnaissons dans notre cheminement commun vers l’unité l’hospitalité et la fraternité des chrétiens de toutes les Eglises. Le Christ nous appelle aussi à accueillir l’étranger et à nous laisser accueillir par lui qui est désormais notre voisin. Il est clair que si nous ne pouvons voir le Christ en l’autre, alors nous ne pouvons le voir en aucune manière. L’histoire qui nous est racontée dans la Genèse décrit comment Abraham reçoit Dieu en ouvrant sa maison et en offrant l’hospitalité à des étrangers. Le Dieu de toute la création soutient aussi le prisonnier, l’aveugle et l’étranger. Le psaume d’aujourd’hui est une louange à Dieu pour sa fidélité éternelle et pour tout ce qu’il a fait pour nous. La lettre aux Romains nous rappelle que le Royaume de Dieu se réalise à travers la justice, la paix et la joie dans l’Esprit-Saint. Le Christ ressuscité rassemble ses disciples, mange avec eux et ils le reconnaissent. Il leur rappelle ce que les Ecritures disaient de lui et leur explique ce qu’ils n’avaient pas compris jusque-là. Alors il les libère de leurs doutes et de leurs craintes et les envoie pour témoigner de tout cela. En créant cet espace de rencontre avec lui, il leur donne de recevoir sa paix, qui implique la justice pour les opprimés, la sollicitude envers ceux qui ont faim, et l’encouragement mutuel qui sont les dons du monde nouveau de la résurrection. De tout temps, c’est aussi bien dans le service aux autres que dans le soutien qu’ils ont reçu d’autres personnes dans la foi que les chrétiens ont trouvé le Seigneur ressuscité. Comme eux, nous pouvons rencontrer le Christ quand nous offrons en partage notre vie et nos talents. Prière Dieu d’amour, tu nous a montré ton hospitalité en Christ. Nous reconnaissons que c’est en partageant nos dons avec les autres que nous te rencontrons. Donne-nous la grâce d’être unis quand nous cheminons ensemble et de te reconnaître en chacun de nous. En accueillant l’étranger en ton nom, fais que nous témoignions de ton hospitalité et de ta justice. Questions pour la réflexion 1. Dans quelle mesure
le pays où vous vivez se montre-t-il accueillant envers les étrangers
? Prières supplémentaires d’Ecosse Saint-Esprit de liberté tandis que les pauvres
attendent
Ô Christ ressuscité,
Prière/Méditation de témoignage Cette méditation utilise des symboles et des gestes pour aider à la compréhension de tous lors d’assemblées de prière réunissant des personnes de langues différentes et/ou pour favoriser la participation de ceux ayant des difficultés d’apprentissage. On peut l’utiliser dans son entier ou bien la diviser en différentes sections qui pourront être insérées à divers moments de la célébration. Symboles : Grande pierre, livre d’histoire avec images/photographies, globe terrestre, crédo ou autre profession de foi, croix/crucifix, Bible, grand point d’interrogation dessiné sur une affiche, un pain. Les symboles sont apportés en même temps que sont lus les passages de la méditation qui y correspondent, et sont placés à un endroit bien en vue de tous – cela pourra être sur une table/un autel situé(e) au centre de l’assemblée ou devant elle. Les symboles peuvent aussi être projetés sur un écran/mur avec un logiciel adéquat, p.ex. Power Point. ACTION 1
Voix 1
Voix 2
Voix 1
Voix 2
Voix 1 et 2
TOUS
ACTION 2
Voix 1
Voix 2
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TOUS
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TOUS
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TOUS
Bénédiction Que le Dieu tout-puissant
repose entre tes épaules Le contexte œcuménique de l’Ecosse De 1910 à 2010 Le mouvement œcuménique moderne est né lors de la Conférence d’Edimbourg en 1910. Pourquoi précisément à Edimbourg ? L’Ecosse, d’un point de vue intellectuel et culturel, avait une forte tradition internationale remontant aux missions celtiques. Cette ouverture au monde fut encouragée par les grands théologiens et responsables d’Eglise écossais. A cela vint s’associer au XIXe siècle un souci missionnaire important du protestantisme écossais qui, en plus de l’aspect évangélisateur, visait à une réforme de l’expansion économique de l’Empire britannique. Cet engagement dans la mission incita les Eglises à apporter directement leur soutien à une Conférence missionnaire mondiale, plutôt que d’en laisser le soin aux organismes missionnaires. Enfin, l’Eglise et la société écossaises traversaient une époque de rapides changements qui encouragèrent les Eglises à une plus grande ouverture. En 2000, John Pobee (Ghana) s’est rendu en Ecosse où il a incité les responsables chrétiens à célébrer le centième anniversaire de 1910. Les années suivantes, un cercle de plus en plus vaste de penseurs et d’acteurs de la mission ont reconnu l’immense potentiel de 2010 ; une collaboration dans l’action était donc nécessaire. En 2005, une rencontre internationale s’est tenue à Edimbourg qui a permis d’identifier des thèmes clefs pour la mission au XXIe siècle. Parmi ceux-ci : les fondements de la mission ; la mission dans un contexte interreligieux ; la mission et ses liens avec la postmodernité et le pouvoir ; les formes d’engagement missionnaire ; la formation théologique ; les communautés chrétiennes contemporaines ; la mission et l’unité et la spiritualité de la mission. Les manifestations se tiendront du 2 au 6 juin 2010 à Edimbourg, lieu de convergence choisi pour la célébration de cet anniversaire. La coordination d’Edimbourg 2010 est assurée à travers le site internet www.edinburgh2010.org. Les années intermédiaires De 1940 à aujourd’hui, la situation œcuménique de l’Ecosse s’est développée autour de trois fils directeurs distincts. La recherche théologique Il suffit d’évoquer le rapport anglican/presbytérien de 1956 (habituellement appelé Rapport des évêques), les 30 années environ de Conversations multilatérales (1967-1994) dans lesquelles six Eglises d’Ecosse se sont engagées, ou encore l’Initiative des Eglises écossaises pour l’unité des chrétiens (SCIFU – 1996-2003) pour s’apercevoir qu’un grand nombre de thèmes doctrinaux ont été abordés. Cela nous a conduit à une meilleure compréhension de nos différentes traditions et à la découverte croissante qu’entre nos Eglises existe un vaste accord théologique. Le fait que ceci n’ait pas conduit à un processus d’union auquel tous pourraient adhérer, ne dépend pas tant d’un quelconque antagonisme entre les Eglises mais de la prise de conscience que l’unité va au-delà de la création d’un grand projet. Il nous faut pour cela reconnaître que l’unité est possible dans la différence. La collaboration concrète Au plan national, les années 1950 ont vu la naissance de deux organisations qui ont été une puissante source de dynamisme et de projets. Au début des années 1960, cet élan s’est concrétisé par la création de la Scottish Churches House (Maison des Eglises écossaises) à Dunblane – un centre de conférences et de retraites, « un lieu géré conjointement par les Eglises, où elles commenceraient à apprendre à grandir ensemble au service de l’Ecosse ». En 1962 a été créé le Scottish Churches Council (Conseil des Eglises écossaises), constitué en majorité d’Eglises non catholiques et d’un certain nombre de groupes et d’organisations œcuméniques. Un grand nombre d’activités ont alors été lancées au plan national – par exemple les cours de Carême, l’action auprès des jeunes, le travail missionnaire dans la société – ce qui a entraîné un peu partout en Ecosse l’apparition rapide de conseils d’Eglises locaux qui ont entrepris de collaborer dans la prière et l’action communes. En 1986, un cours de Carême organisé dans tout le Royaume-Uni a été le catalyseur qui a fait naître de nouveaux « instruments d’unité » parmi lesquels figurait pour la première fois l’Eglise catholique. C’est ainsi qu’Action for Churches Together in Scotland (Engagement commun des Eglises en Ecosse) (en anglais ACTS) a été créé en 1990. La voix prophétique Le troisième fil directeur est celui que les Eglises ont le plus de difficulté à intégrer dans leur vie. Pourtant, sans lui, l’œcuménisme perdrait son caractère incisif. Tandis que les Eglises se rapprochaient les unes des autres, l’œcuménisme eut une dimension prophétique. Dans le travail de Christian Aid se reflétaient l’expression concrète de la compassion pour les affamés de ce monde, mais aussi les paroles prophétiques de protestation en faveur de la justice dans le monde. La Communauté d’Iona, toujours fortement engagée dans l’œcuménisme, n’a pourtant pas hésité à défier ouvertement les Eglises et le monde au sujet de leur désunion et de l’injustice. Certains moments ont été ressentis comme prophétiques, par exemple en 1982 où, lors de sa visite en Ecosse, le Pape Jean-Paul II déclarait : « Faisons ensemble ce pèlerinage, main dans la main ». Ces dernières années, l’œcuménisme a élargi son champ d’action au contexte interreligieux et au témoignage chrétien dans une société toujours plus sécularisée et multiculturelle. L’expérience œcuménique en Ecosse nous a montré que pour répondre à ce défi, ces trois fils directeurs doivent être maintenus ensemble. Nous ne pouvons faire un choix parmi eux car ce n’est que lorsqu’ils interagissent entre eux que nous pouvons alors parler de théologie, de collaboration et de la voix prophétique qui est au cœur du projet œcuménique. Les tartans sont l’un des trésors de l’Écosse. La coutume veut que chaque modèle corresponde à un « clan » ou à une famille particulière mais les tartans bénéficient d’une tradition vivante, et de nombreux modèles continuent à être dessinés pour différents objectifs et organisations. Ils possèdent une couleur de base sur laquelle sont appliquées des rayures horizontales et verticales. Notre couleur de base est donc ici le texte ci-dessus qui offre un tour d’horizon général de la situation œcuménique en Ecosse. Dans les paragraphes qui suivent, nous présentons un certain nombre de rayures horizontales et verticales qui permettront de se faire une idée certes non-exhaustive de la façon dont les Eglises s’engagent les unes envers les autres et plus généralement avec la société. Rayures horizontales : la recherche de l’unité entre les Eglises Commission doctrinale mixte de l’Eglise d’Ecosse et de l’Eglise catholique Ce dialogue bilatéral s’est avéré riche en bénédictions. Le plus récent document qu’il a publié, « Baptême : catholique et réformé », offre une synthèse des progrès réalisés dans la compréhension du baptême commun mais il invite également à poursuivre la réflexion sur les implications pour la mission de l’Eglise aujourd’hui. La commission mixte est un exemple positif de dialogue théologique œcuménique et elle montre à la fois des personnes et des institutions vraiment prêtes à s’écouter mutuellement. Cette commission mixte étudie à l’heure actuelle la question de la guérison des mémoires ainsi que la doctrine de la sanctification. La rayure EMU Après l’arrêt de l’Initiative des Eglises écossaises pour l’Union, trois confessions se sont engagées à rechercher des méthodes leur permettant de travailler, de servir et de témoigner ensemble. Ainsi ont débuté les conversations de l’EMU. Deux fois par an, des représentants de l’Église Episcopale Ecossaise, de l’Eglise Méthodiste et de l’Eglise Réformée Unie se rencontrent pour trouver des manières de réaliser ensemble au plan national et local les actions qu’il n’est pas nécessaire d’entreprendre séparément. Ils se réjouissent lorsque des responsables s’interrogent et trouvent des moyens qui font grandir la coopération, par exemple dans le domaine de l’éduction et de la formation. L’EMU constitue un réseau de relations récent et dynamique possédant un fort potentiel. Développer les relations avec des minorités ethniques chrétiennes En 2007 les Eglises d’Ecosse ont célébré le Bicentenaire de l’abolition de l’esclavage. Cet événement a servi de catalyseur dans le développement de relations plus étroites entre les Eglises traditionnelles et les minorités ethniques chrétiennes aujourd’hui en nombre croissant en Ecosse. Le Scottish Churches Racial Justice Group (Groupe des Eglises écossaises pour la justice raciale) compte à présent des représentants d’Eglises d’Afrique et de Communautés chrétiennes d’Asie. Les minorités ethniques chrétiennes ont elles-mêmes formé un organisme visant à développer les relations entre elles, avec les Eglises traditionnelles et avec ACTS. Rayures verticales : Les Eglises s’engagent dans la société écossaise Les Eglises et le Parlement Le Bureau parlementaire des Eglises écossaises (en anglais SCPO) est le fruit de l’engagement des Eglises dans le processus qui a conduit à la création du Parlement écossais. Ayant compris qu’elles pouvaient travailler ensemble sur ce sujet, les Eglises ont constitué le SCPO pour pouvoir s’engager le plus efficacement possible avec le Parlement et le Gouvernement écossais – non pas pour établir une ligne de parti mais pour assurer qu’un échange a lieu et que la voix des Eglises est entendue. Il est clair que nous gagnons en efficacité lorsque nous pouvons parler d’une seule voix de notre vision du bien commun en Ecosse mais là où nos voix diffèrent, nous sommes honnêtes et nous nous exprimons ouvertement. Les Eglises et la « Conversation nationale » Des leaders/représentants de douze Eglises d’Ecosse ont accepté l’invitation du Gouvernement écossais à participer à une « conversation nationale » sur les choix à faire pour l’avenir de l’Ecosse. Le groupe a publié la déclaration suivante : « Nous reconnaissons que l’Eglise est en marche, comme l’est notre nation ; tous, nous ferons tout notre possible pour arriver au stade que nous sentons devoir atteindre. Cependant nous désirons que notre vie commune en Ecosse, en tant qu’Eglise mais aussi en tant que nation et communautés, ait lieu dans le respect de certaines valeurs chrétiennes. Nous aspirons à :
Pour nous, ces valeurs sont enracinées en Jésus Christ et ont clairement marqué l’Ecosse tout au long de son histoire ; là où ces valeurs sont vécues et pratiquées, nous remarquons qu’elles trouvent une résonance chez les fidèles d’autres religions et les personnes sans religion. Pasteurs de rue La mission des Pasteurs de rue est une initiative qui existe maintenant dans toute l’Ecosse. Des équipes de Pasteurs de rue des Eglises locales, bénévoles et spécialement formés à effet, sont disponibles jusqu’à tard dans la nuit dans les centres-villes pour conseiller et offrir un soutien concret à tous ceux qui passent. « Nous voulons aller à la rencontre des gens, parler avec eux et nous engager vis-à-vis d’eux à travers une écoute, un soutien et une aide concrète. Cela peut signifier accompagner une jeune-fille seule jusqu’à un arrêt de taxi de nuit, rassurer quelqu’un qui se sent menacé ou écouter ceux qui ont besoin de savoir que quelqu’un s’intéresse à eux » déclare James Duce de la City Church d’Aberdeen, première ville écossaise à lancer le programme des Pasteurs de rue. Semaine de prière pour l’unité des chrétiens Thèmes 1968 – 2010 C’est en 1968 que
débuta officiellement la collaboration entre la Commission Foi 1968 Pour la
louange de sa gloire (Ep 1, 14) 1969 Appelés
à la liberté (Ga 5, 13) 1970 Nous sommes
les coopérateurs de Dieu (1 Co 3, 9) 1971 ... et la
communion du Saint-Esprit (2 Co 13, 13) 1972 Je vous
donne un commandement nouveau (Jn 13, 34) 1973 Seigneur,
apprends-nous à prier (Lc 11, 1) 1974 Que tous
confessent : Jésus Christ est Seigneur (Ph 2, 1-13) 1975 La volonté
du Père : tout réunir sous un seul Chef, le Christ (Ep 1, 3-10) 1976 Appelés
à devenir ce que nous sommes (1 Jn 3, 2) 1977 L'espérance
ne déçoit pas (Rm 5, 1-5) 1978 Vous n'êtes
plus des étrangers (Ep 2, 13-22) 1979 Soyez au
service les uns des autres pour la gloire de Dieu (1 P 4, 7.11) 1980 Que ton
Règne vienne (Mt 6, 10) 1981 Un seul
Esprit - des dons divers - Un seul corps (1 Co 12, 3b-13) 1982 Que tous
trouvent leur demeure en toi, Seigneur (Ps 84) 1983 Jésus Christ
- Vie du monde (1 Jn 1, 1-4) 1984 Appelés
à l'unité par la Croix de notre Seigneur (1 Co 2, 2 et Col 1, 20) 1985 De la mort
à la Vie avec le Christ (Ep 2, 4.7) 1986 Vous serez
mes témoins (Ac 1, 6.8) 1987 Unis dans
le Christ, une nouvelle création (2 Co 5, 17-6,4a) 1988 L'Amour
de Dieu bannit la crainte (1 Jn 4, 18) 1989 Bâtir la
communauté : un seul corps en Christ (Rm 12, 5-6a) 1990 Que tous
soient un... afin que le monde croie (Jn 17) 1991 Nations,
louez toutes le Seigneur (Ps 117 et Rm 15, 5-13) 1992 Je suis
avec vous... allez donc (Mt 28, 16-20) 1993 Porter le
fruit de l'Esprit pour l'unité des chrétiens (Ga 5, 22-23) 1994 La maison
de Dieu : appelés à n'avoir « qu'un cœur et qu’une âme » (Ac 4, 32) 1995 Koinônia
: communion en Dieu et entre nous (Jn 15, 1-7) 1996 Voici, je
me tiens à la porte et je frappe (Ap 3, 14-22) 1997 Au nom du
Christ... laissez-vous réconcilier avec Dieu (2 Co 5, 20) 1998 L’Esprit
aussi vient en aide à notre faiblesse (Rm 8, 14-27) 1999 Ils seront
ses peuples et lui sera le Dieu qui est avec eux (Ap 21, 3) 2000 Béni soit
Dieu... qui nous a bénis en Christ (Ep 1, 3-14) 2001 Je suis
le chemin et la vérité et la vie (Jn 14, 1-6) 2002 Car chez
toi est la fontaine de la vie (Ps 36 [35], 10) 2003 Ce trésor,
nous le portons dans des vases d’argile (2 Co 4, 7) 2004 Je vous
donne ma paix (Jn 14, 27) 2005 Le Christ,
unique fondement de l’Eglise (1 Co 3, 1-23) 2006 Là où deux
ou trois se trouvent réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux (Mt 18,
20) 2007 Il fait
entendre les sourds et parler les muets (Mc 7, 37) 2008 Priez sans
cesse (1 Th 5,17) 2009 Ils seront
unis dans ta main (Ez 37, 17) 2010De tout cela,
c’est vous qui êtes les témoins (Lc 24, 48) Quelques dates
importantes dans l’histoire environ 1740 En Ecosse, naissance d'un mouvement pentecôtiste avec des liens en Amérique du Nord, dont le message pour le renouveau de la foi appelle à prier pour toutes les Eglises et avec elles. 1820 Le Révérend James Haldane Stewart publie : Conseils pour l'union générale des chrétiens, en vue d'une effusion de l'Esprit (Hints for the outpouring of the Spirit). 1840 Le Révérend Ignatius Spencer, un converti au catholicisme romain, suggère une ‘ Union de prière pour l'unité ’. 1867 La première assemblée des évêques anglicans à Lambeth insiste sur la prière pour l'unité, dans l'introduction à ses résolutions. 1894 Le Pape Léon XIII encourage la pratique de l'Octave de la Prière pour l'unité dans le contexte de la Pentecôte. 1908 Célébration de « l'Octave pour l'unité de l’Eglise » à l'initiative du Révérend Père Paul Wattson. 1926 Le Mouvement « Foi et Constitution » commence la publication de ‘Suggestions pour une Octave de prière pour l'unité des chrétiens’. 1935 En France, l'abbé Paul Couturier se fait l'avocat de la « Semaine universelle de prière pour l'unité des chrétiens sur la base d'une prière conçue pour l'unité que veut le Christ, par les moyens qu'Il veut ». 1958 Le Centre « Unité chrétienne » de Lyon (France) commence à préparer le thème pour la Semaine de prière en collaboration avec la Commission « Foi et Constitution » du Conseil œcuménique des Eglises. 1964 A Jérusalem, le Pape Paul VI et le Patriarche Athénagoras Ier récitent ensemble la prière du Christ « que tous soient un » (Jn 17). 1964 Le Décret sur l’œcuménisme du Concile Vatican II souligne que la prière est l'âme du mouvement œcuménique, et encourage la pratique de la Semaine de Prière. 1966 La Commission « Foi et Constitution » et le Secrétariat pour l'unité des chrétiens (aujourd’hui Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens) de l'Eglise catholique décident de préparer ensemble le texte pour la Semaine de Prière de chaque année. 1968 Pour la première fois, la Semaine de prière est célébrée sur la base des textes élaborés en collaboration par « Foi et Constitution » et le Secrétariat pour l'unité des chrétiens (aujourd’hui Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens). 1975 Première célébration de la Semaine de prière à partir de textes préparés sur la base d’un projet proposé par un groupe œcuménique local. Ce nouveau mode d’élaboration des textes est inauguré par un groupe œcuménique d’Australie. 1988 Les textes de la Semaine de prière sont utilisés pour la célébration inaugurale de la Fédération chrétienne de Malaisie rassemblant les principaux groupes chrétiens de ce pays. 1994 Le groupe international ayant préparé les textes pour 1996 comptait entre autre des représentants de la YMCA et de la YWCA. 2004 Accord entre Foi et Constitution (Conseil œcuménique des Eglises) et le Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens (Eglise catholique) pour que le livret de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens soit officiellement conjointement publié et présenté sous un même format. 2008 Célébration du centenaire de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens (l’Octave pour l’unité de l’Eglise, son prédécesseur, fut célébrée pour la première fois en 1908). Source Vatican |
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