Missionnaires d'Afrique

Yves Pauwels M.Afr. Mali

À 70 ans et +, je rends la monnaie !

Je suis content, heureux dans mon poste d’assistant économe de la Province d’Afrique Occidentale, secteur Mali. J’ai été très heureux chez les Dogons, à Pel, à Bandiagara, à Mopti, tout comme à Thy-le-Château. Je le suis tout autant ici, à Bamako. Vu mon âge, les sorties devenaient plus difficiles et les réunions fatigantes à cause de la dureté d’oreille. Le Provincial a trouvé une poste à ma taille: économe à Bamako. J’y rencontre beaucoup de confrères, des anciens paroissiens du pays dogon, de nombreux étudiants dont certains m’appellent “papa”.

Je rends service à la Province et aux confrères. C’est normal, toute ma vie j’ai bénéficié de l’aide de charmants confrères qui se sont occupés de l’accueil, des comptes, des billets d’avions, des soins de santé. C’est à mon tour maintenant de rendre la monnaie et je le fais avec joie. Jusqu’au jour où cela deviendra trop difficile. Alors, avec l’aide de mon supérieur, je dirai : au suivant ! Ce n’est pas plus compliqué que cela. Il y a un temps pour tout !

Une phrase de notre confrère Georges Janssen de Bisthoven m’a toujours aidé dans les changements de nomination: « Ce n’est pas ce que tu fais qui est important, mais l’amour que tu y mets. » Voilà pour l’essentiel.

Il est vrai que notre Société des Missionnaires d’Afrique a changé beaucoup - tous les anciens le diront - dans sa théologie, dans ses objectifs (évangélisation, oui, mais autrement), dans ses moyens (véhicules climatisés, ordinateurs, portables, voyages intercontinentaux, rencontres et stages à l’autre bout du monde), etc. Mais je suis heureux de trouver parmi mes confrères des Africains qui sont mordus et zélés pour la Mission et qui porteront le flambeau de l’idéal missionnaire à la génération suivante.

Ce que je vis intérieurement très fort, je l’ai exprimé dans le poème: « Mes deux épouses ».
(NDLR : Yves a écrit plusieurs poèmes. Nous avons choisi le suivant.)

Mes deux Épouses

Ma première épouse est toujours à mes côtés
C’est la Parole de Dieu
Dans le secret de mon cœur,
Elle me parle de Dieu,
De ses projets et de ses mystères.


Elle me met en garde
Contre les ruses de Satan
Qui trompe l’homme
Et fait tomber l’innocent.
Elle me donne la tendresse du Père,
Me fait brûler d’amour
Pour lui et toute la terre !

La deuxième épouse
Elle, elle est plus turbulente,
C’est l’Église locale dite famille de Dieu
Elle me parle de catéchèse, de chapelles et d’enfants,
Elle aussi me donne beaucoup d’amitié !

Les deux épouses s’entendent à merveille
Mais la première me reproche
Que je la délaisse trop souvent
Que la deuxième prend tout mon temps !

Je ne pourrais vivre
Sans l’une ni l’autre
Car elles se complètent admirablement.

Je peux vous les partager,
Pour votre bonheur
Et celui du monde entier !

Retraite à Samaya, 11 août 2008

Yves Pauwels


Tiré du Petit Echo N° 1003 2009/7

 


 

Missionaries of Africa

Yves Pauwels
M.Afr. Mali


At 70 and over, I am repaying in kind!


I am content, happy in my task as Assistant Treasurer of the Province of Afrique Occidental, Mali Sector. I was very happy among the Dogon, at Pel, Bandiagara, Mopti, just as at Thy-le-Château. Due to my age, outings became more difficult and meetings tiring due to hard of hearing. The Provincial found a tailor-made solution for me as Treasurer at Bamako. I meet many confreres there, former parishioners from Dogon country and many students, some of whom call me ‘papa.’

I am doing a service for the Province and for confreres. It is normal to do so, since all my life I have benefited from the help of charming confreres who looked after the reception, the accounts, the airline tickets and health care. It is now my turn to repay in kind and I do so cheerfully, until the day it becomes too difficult. Then, with the help of my Superior, I shall say, next! It is not more complicated than that. There is a time for everything.

A phrase from our confrere Georges Janssen de Bisthoven has always helped me in changes of appointment. He said, ‘It is not what you do that is important, but the love you put into it.’ There you have it in a nutshell.

It is true that our Society of Missionaries of Africa has changed a lot – all the elders say so – in its theology, in its objectives (evangelisation, yes, but not as we knew it), in its means (air-conditioned vehicles, computers, mobile phones, intercontinental journeys, meetings and courses at the other end of the world), etc. Nevertheless, I am pleased to find among my confreres Africans who are smitten and full of eagerness for Mission. They will carry the torch of the missionary ideal to the next generation.

I experience very strongly from inside I have expressed in the poem, ‘My two spouses.’
(Yves has composed several poems. We have chosen the following. [Ed.])

My two Spouses

My first spouse is always by my side;
It is the Word of God.
In the secret of my heart,
It speaks to me of God,
Of his plans and mysteries.

It puts me on guard
Against the ruses of Satan,
Who deceives people,
Causing the innocent to fall.
It gives me the tenderness of the Father,
Making me burn up with love
For him and the whole earth!

The second spouse
Is much more turbulent;
She is the local Church, called Family of God;
She speaks to me of catechesis, chapels and children;
She also gives me great friendship!

Both spouses understand one another marvellously well;
But the first reproaches me,
Saying I neglect her too often,
That the second is taking up all my time!

I could not live without one and the other,
For they complete one another admirably.
I can share them with you,
For your happiness, and
That of the whole world!

On retreat at Samaya, 11 August 2008

Yves Pauwels

From Petit Echo n° 1003 2009/7