Missionnaires d'Afrique
Rencontre et Dialogue
Gérard Chabanon M.AfrNous foulons
une terre sacréeLe dialogue interreligieux est devenu une dimension constituante de la mission de lÉglise aujourdhui. Cest pour tous les missionnaires une excellente occasion de se souvenir que là où nous allons, nous foulons une terre sacrée. Ceci a des conséquences sur notre manière dêtre ou de faire la mission.
Il me paraît essentiel de préparer les jeunes générations de missionnaires à la rencontre interreligieuse. Nous devons leur donner une formation à la fois théorique, intellectuelle mais aussi par des expériences et des contacts concrets. Ils doivent être convaincus que nous partons en mission, humblement en marche vers une vérité qui nous dépasse. Plus que jamais, cest limage du pèlerin qui reflète bien notre vocation missionnaire. Comme les pèlerins nous nous mettons en route, confiants que nous marchons vers Dieu, sachant aussi que le chemin sera long, fatiguant et bourré dobstacles. Mais nous ne sommes pas seuls. Dautres vont nous rejoindre pour une étape ou deux ou même pour toujours. Dautres auront un trajet parallèle, avec parfois des points de rencontre, puis repartiront comme les Mages par un autre chemin.
Suggestions pratiques pour le dialogue interreligieux
Entrer en contact. Beaucoup dentre nous vivent dans un environnement pluraliste où se retrouvent des personnes de traditions religieuses diverses. Se saluer, demander des nouvelles de la famille est le début dune relation. Les religieuses peuvent aller partout même là où les femmes restent seules. Cest une opportunité à ne pas rater. Une visite gratuite, désintéressée est un premier pas vers des rencontres plus sérieuses. Les hôpitaux sont des lieux de rencontre : sarrêter pour saluer un malade, prendre de ses nouvelles. La deuxième fois, soyez certains quil vous demandera de prier pour lui et sa famille.
Visiter les lieux de culte. Un déplacement physique vers lautre, là où il prie, là où il se recueille, crée un lien important. Participer aux fêtes religieuses marque un intérêt pour les célébrations de lautre.
Participer à des rencontres interreligieuses organisées par les autorités civiles. Travailler ensemble sur des projets concrets.
Faire participer les laïcs. Cela permet davoir une activité vraiment ecclésiale. Souvent ils sont eux-mêmes, en première ligne, dans leur vie quotidienne : lieux dhabitation, travail, etc.
Les mariages mixtes : une attention spéciale me paraît nécessaire. Les difficultés ne manquent pas pour ces couples et leurs familles respectives. Les aider, les accompagner est une priorité pastorale.
Activités communes. Suivant nos missions, il existe de nombreuses possibilités pour organiser des activités qui permettent un brassage religieux. Cela est facile avec les enfants et les jeunes. Cest possible avec des adultes pour des activités sur lenvironnement, sur la vie du quartier. Ne faisons pas tout seul ce que nous pouvons faire ensemble.
Prier ensemble. Jean-Paul II nous a montré le chemin. On peut prier ensemble, avoir un partage de prière ou prier chacun à sa façon, mais au même endroit et au même moment. Après les attentats meurtriers du 11 septembre 2001, spontanément ou presque, des personnes se sont retrouvées pour prier ensemble. Il existe des prières adaptées auxquelles tous peuvent adhérer facilement, comme la prière de saint François. À ces occasions, des symboles comme les bougies, lencens, parlent à beaucoup. Le silence aussi est important.
Avoir ou créer des points de repères. Pour établir une véritable culture de dialogue dans notre environnement, il est important de mettre en place des structures flexibles et légères et avoir des points de repères comme des dates fixes, des anniversaires dévénements que lon célèbre ensemble. Un peu à limage de la Semaine pour lunité des chrétiens.
La présence de ceux que nous aurons rencontrés au cours de notre pèlerinage élargira lespace de notre tente et de nos horizons. Avec eux nous aurons dévoilé un coin du visage de Dieu. Puis nous repartirons, confirmés dans notre foi, vers une autre étape.
Gérard Chabanon
Texte tiré dune conférence donnée aux religieux et religieuses de
Rome en 2010.
Tiré du Petit Echo 1023 2011/07
Missionaries of Africa
Ecounter & Dialogue
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Gérard Chabanon M.Afr
We stand on holy ground
Interreligious dialogue has become a constituent feature of the Churchs mission today. This feature continues to develop. For all missionaries, it is an excellent opportunity to recall that where we are going is to stand on holy ground.
This has outcomes on our way of being or doing mission. It seems to me essential to prepare our young generations of missionaries for interreligious dialogue. We ought to give them an education in it that is theoretical and intellectual, but also experiential and through practical contacts. They should be convinced that we are setting out on mission, humbly progressing towards a truth that surpasses us. More than ever, we have before us the image of the pilgrim that best denotes our missionary vocation. Just like pilgrims, we set out on the road, trusting that we advance towards God, knowing also that the way will be long, tiring and full of obstacles. However, we are not alone. Others will join us for one or two stages or even for good. Others will have a parallel journey, with occasional convergences, and then will separate again like the Magi, by a different way.
Practical suggestions for interreligious dialogue
The first of these is to enter into contact. Many of us live in a pluralist environment where there are people who practice various religious traditions. Saying hello, asking after the family, is a start in good relations. Sisters can even go where women remain segregated. It is an opportunity not to be missed. An unarranged, disinterested visit is a first step towards more in-depth relations. Hospitals are meeting-places, stopping to say hello to a patient, taking an interest in their condition. You can be sure that the second time round, he will ask you to pray for him and his family.
Visit places of worship. It creates an important link to go physically towards another, to the place where he prays. Taking part in religious festivals indicates an interest in the celebrations of others.
Take part in interreligious meetings organised by the civil authorities; for example, at Marseille Espérance. Work together on practical projects.
Encourage laypeople to take part. This enables a truly Church-based activity. Often enough, they are in the front line with their daily lives, their homes and work, etc.
Special attention should be paid to mixed marriages, it seems to me. There is no end to difficulties for these couples and their respective families. Helping them and accompanying them is a pastoral priority.
Joint activities: in line with our missions, there are many possibilities for organising activities that enable religious mixing. It is easy with children and youth. It is possible with adults within activities related to the environment, on the life of the neighborhood. Let us not do alone what we can do together. Dialogue through actions is essential, as it requires sitting down together, to think out and plan activities.
Pray together. John Paul II showed us the way. We can pray together, share a prayer, or pray each one in his own way, but in the same place at the same time. After the murderous attacks of the 9th September 2001, people came together to pray. There are adapted prayers to which all can subscribe, such as the Prayer of St. Francis of Assisi. On these occasions, symbols such as candles and incense are very eloquent for many. Silence is also important. On this topic, it is good to note the increasing activity of MID: Monastic Interreligious Dialogue, which initially brought Catholic and Buddhist monks together. Today, these MID meetings have extended to Muslim Sufi and to Hinduism.
Hold or create points of reference. In order to establish a genuine culture of dialogue in our environment, it is important to set up flexible and light structures and have points of reference, such as fixed dates, anniversaries of events that can be celebrated together. It is bit like the perspective of the Week of Prayer for Christian Unity.
The presence of those we will have met in the course of our pilgrimage will enlarge the space of our tent and our horizons. With them, we will have uncovered a corner of the tableau of Gods face. We will then set off again, confirmed in our faith, towards another stage.
Gérard Chabanon
Text from a conference given to Men and Women Religious at Rome in 2010.From the Petit Echo 1023 2011/07