Le mini-concile de Zomba
par
Sylvain Yaméogo M.Afr.

 

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Sylvain Yameogo50 confrères participent à une rencontre
En septembre dernier, pour la première fois dans la Province d’Afrique australe (Malawi, Mozambique et Afrique du Sud), tous les confrères se sont rencontrés. C’est un événement sans précédent ! Le « mini-concile » se tint à Zomba, au Malawi, du 24 au 28 septembre 2008. 50 confrères étaient au rendez-vous : 46 de la Province dont 8 stagiaires ; Richard Baawobr, premier assistant du Supérieur général ; 2 représentants de la Province de Zambie, Christopher Chileshe, Assistant provincial et Francis Kangwa, animateur vocationnel ; et Felix Phiri, du PISAI, invité pour animer une session sur la rencontre (spécialement avec les musulmans).

Statue de Claude Boucher M.Afr. au Grand Séminaire St Pierre, pêcheur tirant son filet rempli de poisson

Dans la chapelle du Grand Séminaire St Pierre de ZombaNous avons débuté par une célébration eucharistique, présidée par le Provincial Louis Blondel. La messe est un acte prophétique qui nous donne le sens d’un tel événement. Comme « province », nous formons une communauté identifiée avec ce que Paul appelle dans la lettre aux Corinthiens « le Corps du Christ ». Si Paul parle de « corps », c’est qu’il veut insister sur l’être et le devenir, sur la cohésion et l’identité, sur les liens de complémentarité. Le Provincial l’a bien souligné dans son homélie. Il a invité chaque confrère à sortir de lui-même et de ses retranchements sécuritaires pour aller rencontrer l’autre et faire connaissance avec lui, sa communauté et leurs projets. Il nous a demandé de partager nos joies et nos peines, nos réussites et nos défis. Seán O’Leary, le facilitateur de la première journée, a insisté en di­sant que cette réunion avait pour but de nous détendre et de nous permettre de mieux nous connaître. Allions-nous parler de rencontre avec les autres sans d’abord rencontrer nos confrères ?

AssemblyNos échanges se sont poursuivis par la présentation des projets pastoraux de nos différentes communautés. Nous avons passé en revue le travail traditionnel en paroisse, la pastorale des jeunes des milieux marginalisés, la formation initiale dans la Société (de la première à la quatrième étape), les activités des centres culturels et des centres sociaux, les aumôneries dans les écoles et les prisons, les projets de construction de maisons, le travail dans les médias, etc. Les confrères de chacun des trois pays ont brossé un tableau de la situation politique, là où nous vivons. Chaque exposé tenait compte de différents aspects de la vie, du socioculturel au politico-religieux. Tout un arc-en-ciel d’activités et de points de vue !
Nous pouvons dire que nous avons fait une « approche contextuelle » de l’évangélisation car ces exposés touchant à l’économie, à la politique, à la culture, à la religion, nous ont permis de mieux cerner les principes de notre mission apostolique. Les confrères ont déclaré avoir été éclairés et encouragés par ces échanges.

Mais nous n’avons pas oublié la détente. Pour mieux digérer les richesses de la première journée, dès le deuxième jour nous sommes partis en excursion. Nous pouvions aller, au choix, visiter la paroisse et le centre culturel de Mua, ou un parc botanique situé au sommet d’une colline. Nous avons bien profité de ce jour pour « relaxer » et nous préparer à continuer nos réunions.

La rencontre (surtout avec les musulmans)
Deux conférenciers vinrent animer notre réunion, notre confrère Felix Phiri et le Cheik Yahya Tambuli. M. Willy Kasanga, l’Abbé Saindi de Radio Maria and M. Tobias Jere du Centre for Social Concern était aussi présents. Tous nous ont parlé de leurs expériences dans le dialogue entre chrétiens et musulmans, en vue de « bâtir la paix ».

Félix PhiliPour Felix Phiri, si l’on veut arriver à rencontrer l’autre, il faut d’abord se connaître soi-même. C’est le point de départ. La mission commence à la maison. Notre dialogue est basé sur nos attitudes personnelles face à la vie, face aux autres. Mon premier partenaire dans le dialogue, c’est moi-même. Pour devenir un bon agent de rencontre, il me faut d’abord travailler à me convertir, moi. « Our standpoint determines our view point ! ». C’est seulement quand je sais où je me situe que je peux avoir un point de vue sur les au­tres. Notre être détermine nos besoins et nos désirs. Le dialogue est une nécessité de toute vie en société. Il assure la cohésion sociale en même temps qu’il nous ouvre à la mondialisation. Le moteur du dialogue doit être la charité. Elle nous permet d’aller vers l’autre pour en faire « notre prochain ».

Dans la deuxième partie de son exposé, Felix a présenté quelques éléments spécifiques de l’islam. Un échange en petits groupes nous a permis de nous rendre compte de ce qui se passe dans nos vies missionnaires et de réveiller le désir de nous engager « à rencontrer ». Puisque nous cohabitons avec les musulmans, il y aura forcément rencontre. Nous sentons donc le besoin de développer nos attitudes personnelles pour mieux dialoguer.

Louis BlondelUne future Province réunira la SAP et la Zambie
Nous avons ensuite discuté de l’unification des deux Provinces d’Afrique australe et de Zambie en une seule, ce qui ne saurait tarder. Nous avons appris avec plaisir que la rédaction des statuts est presque terminée. La nouvelle Province gardera probablement le nom de Province d’Afrique australe (en anglais Southern Africa Province, SAP). Elle sera composée de cinq secteurs : un pour le Mozambique, le Malawi et l’Afrique du Sud, et deux secteurs pour la Zambie. Mais des défis de taille se présentent. Sur un territoire aussi grand, quels seront le rôle et les attributions du Provincial ? Où va-t-il résider ? Par un vote consultatif, nous avons émis notre avis sur quatre possibilités : Johannesburg, Lilongwe, Lusaka ou une ville choisie par le futur Provincial. Même si ce n’était qu’une consultation, les confrères y ont participé avec enthousiasme. La majorité des confrères ont finalement suggéré que le futur Provincial choisisse lui-même son lieu de résidence. Ceci dit, nous n’avons pas entendu le point de vue des confrères de Zambie, ce qui laisse encore une fois la décision entre les mains de Rome.

Richard BaawobrRichard Baawobr Richard Baawobr nous a donné quelques informations, entre autres à propos du futur de la maison généralice. Il semble que les choses aient été mises au ralenti de façon à revoir certaines possibilités avec attention et à en tirer le meilleur parti possible. Comme la sagesse des anciens nous l’a appris : « Patience is a golden path », « La patience est un chemin d’or ». La sagesse nous prouve encore une fois qu’elle a raison.

 

Malawi . Mozambique . South Africa . Stagiaires

Balaka : Nouvelle Maison de Formation 1ère Etape

Le dernier jour de la rencontre, un dimanche, fut un jour d’action de grâces pour la Province d’Afrique australe. Richard Baawobr a présidé l’eucharistie et la cérémonie de bénédiction de notre Centre de formation de première étape (philo) à Balaka. Malheureusement les étudiants étaient absents. Mais on a pu insister sur le fait que tous les confrères-en-communauté ont un rôle à jouer dans la formation, en collaboration avec les formateurs-en-commuanuté. Nos communautés donnent aux candidats le goût de la vie missionnaire et de l’engagement.

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Eucharistie dans la chapelle du consortium et plaque à l'entrée du consortium

Le « mini-concile » de Zomba a marqué un tournant historique et nous a donné un sentiment de proximité, de fraternité, d’unité, de convivialité et de charité. Nous sommes plus « vivants ». Nous savons mieux qui nous sommes comme missionnaires. Que Dieu bénisse la Province SAP !

Entrée de notre chapelle Statue de Claude Boucher  M.Afr : Christ qui envoie en mission. Our house . Blessing of our house by Richard Baawobe 1st Assistant Genera . Blessing of our house by Richard Baawobe 1st Assistant General

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1. Peter Van Houlten (Sup Secteur Malawi), Jan de Groef (.South Africa) Louis Blondel Provincial, Fernando Perez (Mozambique), et Christopher Chileshe (Assistant Provincial Zambie)
2. Balaka : Matthieu Froment (constructeur), Julian Kasya (responsable) James Calder et Reynen Eckehard

Photos Richard Baawobr et Reynen Eckehard